Je n’ai jamais aimé ma femme, même si je le lui ai dit une centaine de fois. Ce n’était pas de sa faute – nous vivions pourtant heureux.

Je nai jamais aimé ma femme, même si je le lui ai dit une centaine de fois. Ce nest en rien sa faute notre vie ensemble était paisible. Elle ne sest jamais disputée avec moi, ne ma jamais reproché quoi que ce soit elle était douce et attentionnée. La seule chose qui manquait dans notre couple, c’était lamour. Ustensiles de cuisine et de table.

Chaque soir, je mendormais et chaque matin, je me réveillais avec la même idée : partir enfin, la quitter, chercher la femme que je pourrais réellement aimer.

Mais, y arriverais-je vraiment ? Aux côtés de Maëlys, je me sentais à laise. Outre son incroyable talent pour tenir la maison, ma femme possédait une beauté rare. Tous mes amis menviaient encore aujourdhui et ne comprenaient pas comment javais eu autant de chance. Moi-même, je nai jamais vraiment su pourquoi une telle femme mavait aimé.

Je nétais quun homme ordinaire, sans rien de particulier, semblable à tant dautres. Et pourtant elle maimait Cest étrange.

Sa tendresse et sa fidélité me hantaient. Mais surtout, cétait la beauté de Maëlys qui mobsédait. Je savais quau moment où je franchirais la porte, rompant tout lien, un nouveau prétendant occuperait vite sa place. Plus riche, plus séduisant, plus accompli.

Rien que dimaginer un autre homme la serrer contre lui, je devenais fou. Maëlys était à moi, même si je navais aucun sentiment pour elle. Ça na dailleurs jamais été le cas. Je lai épousée simplement pour lorgueil dêtre aux côtés dune si belle femme.

Mais on ne peut pas vivre toute une existence sans amour, non ? Je croyais pouvoir y arriver, cétait une erreur. Cuisine et salle à manger.

« Il faut que je lui dise tout demain », me suis-je juré, avant de réussir à trouver le sommeil.

Le matin, au petit-déjeuner, jai pris mon courage à deux mains pour lui parler franchement :

Maëlys, assieds-toi. Il faut quon discute.

Je técoute, mon amour.

Imagine juste : on se sépare et on sinstalle chacun à lautre bout de Paris.

Maëlys a ri :

Drôle didée Cest un jeu ?

Laisse-moi finir. Cest important, pour nous deux.

Bon, jimagine. Cadeaux pour lépouse.

Dis-moi sincèrement, si je quitte la maison, tu retrouveras vite quelquun, pas vrai ?

Quentin, quest-ce qui ne va pas ? Pourquoi voudrais-tu partir ?

Parce que je ne taime pas et que je ne tai jamais aimée.

Quoi ? Tu plaisantes ? Je ne comprends pas

Jaimerais te quitter, mais je ny arrive pas, car lidée de te savoir avec un autre me fait trop mal.

Maëlys est restée silencieuse quelques minutes, puis elle ma répondu :

Je ne trouverai jamais mieux que toi, alors tu peux partir sans crainte, il ny aura que toi pour moi.

Tu promets ?

Mais oui, bien sûr, m’a t-elle assuré. Accessoires féminins.

Attends, mais où irais-je ?

Tu nas nulle part où aller ?

Non, on a toujours vécu ensemble. Peut-être quon devrait finir nos jours tous les deux, dis-je tristement.

Ne tinquiète pas pour ça. Quand notre divorce sera prononcé, on vendra lappartement et on prendra chacun un petit studio.

Vraiment ? Je ne mattendais pas à tant de bienveillance. Pourquoi fais-tu ça pour moi ?

Parce que je taime. Et quand on ressent cela, on ne peut forcer personne à rester auprès de soi.

Quelques mois plus tard, notre divorce était acté. Mais, à peine quelques semaines après, jai appris que Maëlys navait pas tenu sa promesse : elle avait déjà rencontré un autre homme. Et il sest avéré quelle navait jamais eu lintention de diviser lappartement, hérité de sa grand-mère.

Me voilà donc seul, complètement démuni. Après ça, comment faire confiance de nouveau aux femmes ? Je nen ai pas la moindre idée

Ce que jen retiens ? Parfois, on croit contrôler la situation, mais le cœur des autres et le sien reste un mystère.

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Je n’ai jamais aimé ma femme, même si je le lui ai dit une centaine de fois. Ce n’était pas de sa faute – nous vivions pourtant heureux.
J’ai cru que la retraite était le but ultime… jusqu’à ce que je découvre qu’elle n’était que le débu…