Valentine partait travailler lorsqu’elle s’est soudain rendu compte qu’elle avait oublié son portable à la maison. Elle décida de faire demi-tour, entra dans l’ascenseur et…

Valérie se précipitait pour aller travailler quand soudain, elle réalisa quelle avait laissé son téléphone à la maison. Évidemment, impossible de survivre la journée sans consulter trois fois la météo, deux fois ses messages et vérifier pourquoi lhoroscope tremble du Scorpion. Elle fit donc demi-tour, entra dans lascenseur qui, bien sûr, choisit cet instant crucial pour tomber en panne au huitième étage, parce quen France, les ascenseurs ont un flair diabolique pour les moments inopportuns.

Prisonnière derrière les portes grinçantes, Valérie espérait raisonnablement quun voisin ou un technicien vienne la sauver. Mais tout à coup, elle entendit la voix familière de son époux, Grégoire, qui discutait dans le couloir avec une autre femme.

Ma chérie, susurrait tendrement Grégoire, comme sil jouait dans un mauvais feuilleton. Jattends chaque instant de te retrouver

Ce soir, cest le grand soir, répondait la femme, qui sappelait, ça ne sinvente pas, Marguerite. Passe après vingt-deux heures, je tattendrai.

Ton mari est encore de garde de nuit ?

Pour toute la semaine ! répondit Marguerite dun ton doucereux. Il part à vingt-et-une heures trente, il rentre à la même heure du matin… Par contre, il risque de repasser rapidement, alors dépêche-toi.

Et cet ascenseur qui prend toute la nuit ! commençait à sénerver Grégoire.

Ils ont discuté devant la porte quelques longues minutes, avant de comprendre que, surprise !, lascenseur était bloqué (ah, la perspicacité masculine au réveil). Ils ont fini par partir à pied, Marguerite clopinant sur ses talons, Grégoire maugréant contre la SNCF des ascenseurs.

Entre deux éclats de voix, Grégoire remerciait Marguerite pour ces moments fabuleux passés ensemble, ces instants suspendus entre deux pannes mécaniques.

Au début, Valérie croyait avoir rêvé : qui allait ainsi sattarder à papoter devant lascenseur, à 8h du matin ? Mais lorsquelle entendit linflexion toute particulière de Marguerite prononcer “Grégoire”, puis son propre prénom, la lumière se fit : son mari la trompait… avec la voisine du huitième, la fameuse Marguerite du quarante.

Valérie nen crut pas ses oreilles ! “Ah bon, cest comme ça !” pensa-t-elle. “Voilà où tu fais ton jogging du soir, hein ? Respirer lair frais du palier, évidemment Tinquiète, mon coco, tu vas ten souvenir longtemps de ta promenade.”

Les techniciens arrivèrent enfin pour libérer Valérie. Elle ressortit du piège dacier la tête pleine didées savoureuses

Le soir même, Grégoire annonça, en prenant un air innocent :
Ma Valou, je sors prendre lair, juste une petite heure.

Tu as vu le temps ? Il pleut des cordes ! sexclama Valérie, la voix chargée dune ironie discrète.

La pluie ? Je prends un parapluie ! Jai besoin de marcher, question de santé. Sur le balcon, on ne fait pas ses dix mille pas, tu sais bien.

Cest toi qui vois, mais je te conseille de rester, vraiment. Pas ton jour aujourdhui, Grégoire.

Je ne crois pas à tes intuitions ! Allez, à dans une heure ou un peu plus.

Grégoire revint trempé au bout de trente minutes. Son air misérable trahissait une catastrophe.

On ma arrêté dans la rue ! bredouilla-t-il. Tout pris ! Mes chaussures, mon manteau, même mon parapluie ! Tu ouvres, jai froid !

Tes affaires sont devant le vide-ordures, informa Valérie, imperturbable. Passe le bonjour à Marguerite.

Quelle Marguerite ?

Celle du huitième. Bonne soirée !

Valérie referma la porte. Elle alla allumer la télé, sourire aux lèvres.

Heureusement que les enfants sont grands et partis de la maison. Ils ont échappé à cette farce familiale, pensa-t-elle.

Grégoire courut récupérer sa valise, shabilla à la va-vite dans la cage descalier puis, la dignité au vestiaire, fila en taxi chez sa mère.

Cest là quil se rendit compte que son téléphone était chez la voisine. Il tenta de revenir quémander celui de Valérie et… tomba dans le même traquenard que sa femme : ascenseur bloqué, nouveau tour de magie EDF.

À la remise en marche du courant, Grégoire sortit de la cage dascenseur blême, sans pouvoir rentrer chez lui pas les clés, elles sont à Valérie !

En descendant les escaliers, par précaution, Grégoire tomba, devinez sur qui ? Marguerite, valise en main, prête elle aussi à lever lancre.

Tas mon téléphone ? demanda Grégoire, la voix blanche.

Oui, et tes affaires aussi répondit Marguerite, aussi rassurée quun escargot devant une fleur de sel.

Ils descendirent ensemble, mais chacun prit un taxi pour une direction différente. Ah, Paris la nuit, pleine de surprises et de cœurs brisés, même lascenseur était complice !

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Valentine partait travailler lorsqu’elle s’est soudain rendu compte qu’elle avait oublié son portable à la maison. Elle décida de faire demi-tour, entra dans l’ascenseur et…
Mes parents m’ont réprimandé et m’ont demandé de voler de la nourriture dans les cafés parisiens pour la ramener à la maison, insistant sur le fait que je dois nourrir la famille et ne pas être un idiot naïf.