J’ai tout investi dans son rêve, et pourtant je me retrouve étranger à sa fête de la vie…

Javais tout misé sur son rêve, pour finalement devenir un figurant inutile lors de la fête de sa vie

Parfois, nous bâtissons des châteaux pour ceux qui nhésiteront pas à nous chasser dès la livraison des clés. Cest lhistoire de Benoît une révélation brutale sur la chimie risquée de lamour et des affaires. Quand lun aime, et que lautre calcule, on avale un mélange explosif.

Scène 1 : Laboutissement dun labyrinthe
Dans le XVIe arrondissement de Paris, vitrines rutilantes, effluves de peinture fraîche. Benoît, la trentaine, vêtu dune salopette tachée, polit avec précaution la porte vitrée dune nouvelle boutique. Un demi-sourire exténué et fier éclaire son visage. Il nétait pas quun simple artisan. Il était celui qui avait vidé ses comptes en euros pour transformer ce mirage en réalité.

Sapprochent alors Aurélie gracieuse silhouette, en soie précieuse et sa mère, le genre de femme dont le regard fait fondre la Seine en plein hiver.

Scène 2 : Un bonheur à la française
Benoît se tourne vers sa compagne, les yeux étincelants :
**« Voilà, tout est prêt, ma belle. Chaque détail comme tu las rêvé. Demain, on ouvre enfin ! »**

Scène 3 : Une douche glacée
La mère dAurélie savance, jaugeant Benoît du bout des lèvres, lair contrariée.
**« On ? Ne sois pas ridicule… »** crache-t-elle. **« Tu nes quun entrepreneur. Prends tes outils et sors avant que les vrais invités arrivent. »**

Scène 4 : La trahison
Benoît fige. Il guette Aurélie, espérant un sursaut, un mot pour le défendre.
**« Elle parle sérieusement ? Aurélie, jy ai laissé toutes mes économies ! Pour notre avenir ! »**

Les paupières dAurélie se baissent quand elle le fixe enfin, cest avec des yeux froids, devenus anonymes :
**« Soyons réalistes, Benoît. Tu ne corresponds pas à limage de la marque. Maman a raison, il est temps de tourner la page. »**

Scène 5 : Le point de non-retour
Lunivers de Benoît sécroule en silence, puis se fige dans un calme glacial. Lentement, serrant la mâchoire, il sort de sa poche une petite télécommande sophistiquée.

**« Vous oubliez à qui vous devez la domotique et lélectricité de ce lieu, »** murmure-t-il, le pouce posé sur le bouton rouge.

FIN : Épilogue étrange

La mère dAurélie fronce les sourcils : « Et donc, tu vas couper la lumière ? Un technicien viendra tout remettre en ordre en moins dune heure ! »

Benoît plonge ses yeux dans les siens :
**« Je nai pas juste installé le système. Je lai breveté. Cet endroit est un bâtiment intelligent ; tout le code source est propriété de mon entreprise. Et comme aucun contrat na transféré les droits »**

Il appuie sèchement sur le bouton.

Un bruit métallique retentit. Les volets blindés tombent comme des rideaux de théâtre, ensevelissant la lumière et la boutique sous une chape dacier. Les serrures magnétiques sactivent en cliquetis étouffés la boutique se mue en bunker dacier.

**« Mais tu es fou ! »** hurle Aurélie, sacharnant sur la poignée. **« On doit recevoir les investisseurs dans une heure ! Ouvre cette porte ! »**

Benoît range la télécommande, attrape sa caisse à outils.
**« Apparemment, mon image nest pas la bonne ; alors mes technologies non plus. Demain, mon avocat vous enverra la facture pour usage illicite de ma propriété intellectuelle. En attendant profitez de lombre. Il ny aura pas de fête. »**

Il sort, sans jamais se retourner, insensible aux cris qui ricochent contre les murs de fer. À lextérieur, sur le trottoir, des invités en costumes trois pièces samassent, perplexes, face à cette boîte close qui, cinq minutes avant, était le rêve éveillé dAurélie.

Morale : Noubliez jamais celui qui a coulé les fondations de votre réussite. Sans lui, votre édifice, ce nest quun tas de ruines dorées.

*Et vous, quauriez-vous fait à la place de Benoît ? Partagez vos pensées en commentaire !*Dans la nuit tombante, Benoît séloigne sans se retourner, ses pas résonnant comme un métronome sur les pavés humides. Il sent lair glacé, une morsure douce-amère sur sa peau libérée. Il pense à tout ce quil a perdu et soudain, à tout ce quil vient de gagner : lassurance quil ne sera plus jamais une ombre derrière le succès des autres.

Des flashs crépitent au loin les invités prennent des photos de la performance involontaire du bâtiment hermétique, qui sallumera peut-être demain à la Une des hebdos parisiens. Mais Benoît, lui, choisit le métro désert, une rame qui grince vers laube. Dans le reflet laiteux de la vitre, il esquisse un sourire fatigué. Cette fois, il ne construit plus des rêves à crédit ; il bâtira le sien, pierre par pierre.

Et sil croise un jour, au détour dune rue, le regard glacé dAurélie ou les ongles manucurés de sa mère contre un rideau de fer baissé il saura que dans cette ville où tout sachète, la seule victoire est celle davoir su partir, dignité intacte.

La nuit parisienne étouffe les regrets dans ses bras. Demain, cest un nouveau chantier : celui de sa liberté retrouvée.

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