Vengeance dans l’ombre du luxe : Larissa et Hélène…

Vengeance en pleine opulence : Laurence et Élise

Laurence contemplait la ville scintillante depuis la baie vitrée de son appartement cossu du 16ème arrondissement de Paris. Les reflets du crépuscule se noyaient dans la Seine, mais, sur son visage, cétait le givre accumulé des dernières années qui dominait. Elle sétait forgé un bonheur sans jamais dépendre de personne, et désormais, dans son vaste duplex, elle se sentait prisonnière. Pas de lor, non ! De ceux qui lui réclamaient tout le temps son aide, mais oubliaient systématiquement la reconnaissance au vestiaire. Trop, cest trop, pensa-t-elle. Dun ton grave, elle reconnut que sa vraie bataille nétait plus contre le monde extérieur, mais contre les siens.

Cest alors quapparut Élise, sa belle-mère, grande et raide, enveloppée dans un tailleur crème et coiffée dun chapeau quon aurait cru sorti dune vitrine de chez Hermès. Élise était la championne olympique du Laurence doit aider tout le monde. Ce soir, son regard lançait des éclairs de récrimination. Elle ne sen cachait même plus ; sa venue signifiait : demande démesurée à lhorizon. Encore un coup risqué pour réclamer à Laurence une énième générosité non consentie.

« Laurence, ton frère a besoin de refaire sa salle de bains. Tes euros nous sauveraient la mise », lança-t-elle, un sourire en coin, tendant la main comme si elle attendait que des billets magiquement y atterrissent.

Laurence blêmit, le palpitant scotché à la poitrine. Entendre ça, dans son propre salon, relevait du tour de force. Sa patience, usée jusquà la corde, toucha le fond.

« Je ne suis pas la Banque de France, Élise. Je subviens à tous vos caprices depuis un an ! » cracha-t-elle, la voix tremblante de colère. Les sacrifices, les heures supplémentaire, tout son labeur, tout ça pour la voir siphonnée par des requêtes incessantes ?

Élise ne broncha pas, bien au contraire, lagacement de Laurence semblait attiser ses élans moralisateurs. « Et tu nas pas honte ? Avec tous ces euros qui se baladent chez toi, on dirait que tu as gagné au Loto ! » lança-t-elle en balayant dun œil critique ce quelle aurait bien vu dans son propre salon.

Ce fut la goutte de trop. Sans un mot, Laurence fonça vers le porte-manteau, arracha un manteau, et le lança à la figure dÉlise.

« Dehors ! Je ne veux plus subir vos impudences ! » hurla-t-elle, sentant enfin que le bon sens venait peut-être de la retrouver, même s’il avait mis du temps.

Élise, affolée, recula sur ses talons. Son visage fusionnait indignation et rage. Elle voulut balbutier quelque chose, mais Laurence ne lui accorda pas lombre dune écoute.

« Tu vas le regretter ! François saura enfin à quel point tu es pingre ! » hurla la belle-mère quand la porte claqua dans un vacarme jouissif.

Laurence, debout dans lentrée déserte, respira un grand coup. À chaque bouffée, la tension quittait son corps. Voilà, cétait fait. Enfin.

Quelques jours plus tard, Laurence sétait à nouveau installée face à la fenêtre, les yeux plongés non dans les lumières de Paris mais dans les remous de sa propre existence. Les sombres chapitres, elle en avait eu sa dose, mais elle savait naviguer. Sauf que cette fois, le scénario bégayait : François, son mari, ne voyait toujours rien des manipulations maternelles qui détraquaient tout.

Elle saisit son mobile, composa son numéro. Absence totale de réponse. Comme si le fossé se creusait un peu plus à chaque jour entre eux. François ignorait la moitié de lhistoire, mais Laurence nétait plus disposée à poursuivre la mascarade.

Plus tard, dans la pénombre tamisée dun bistrot chic du Marais, Laurence attendait, immobile, sous une lumière à peine suffisante pour deviner ses traits tirés sous une robe pourtant sublime. François fit son entrée, traversant la pièce avec son costume un peu trop neuf, lair hésitant, comme sil cherchait une porte de sortie avant même de lavoir trouvée. Mais tomber sur Laurence brisa sa fuite.

« Laurence, pourquoi tu refuses le dialogue ? On peut arranger les choses, si tu veux bien », hasarda-t-il en sasseyant en face, la voix moussée dincertitudes.

Laurence resta de marbre. Un regard limpide, glacial. Elle inspira longuement, tentant de dompter la tempête en elle. Lheure était venue de couper le ruban une bonne fois pour toutes.

« Tu ne comprends rien, François. Ce nest pas ce que tu crois. Je nai plus envie dêtre ta marionnette », rétorqua-t-elle, chaque mot coûtant plus quun loyer parisien.

Déconcerté, François sagitait, repositionnait inutilement ses manches. À court darguments, il tenta une justification maladroite.

« Je nai jamais voulu que cela tourne comme ça, tu le sais. Je je nai jamais réussi à larrêter, » avoua-t-il, mais plus en guise de prétexte que de réelle confession.

Laurence bondit sur ses escarpins, sans la moindre hésitation dans la voix :

« Je suis fatiguée, François. Je nai plus besoin de toi. Cest fini. » Et elle quitta la salle, sans jeter un dernier regard. Il resta planté là, comme figé, le monde glissant sous ses pieds.

Les jours suivants, Laurence cessa de masquer ses cicatrices. Assise face à Paris, elle sentait lair épais lui comprimer le torse. Elle ignorait de quoi demain serait fait, mais elle en était sûre : plus jamais elle ne laisserait qui que ce soit lui dicter ses choix.

Le portable vibra dans sa main : numéro de François. Elle décrocha, sa voix résonna dans la pièce.

« Laurence, tu ne comprends pas Tu ne peux pas partir comme ça », implora-t-il.

« Jai déjà fait mon choix, François. Il ny a plus de retour possible », répondit-elle, une touche de tristesse mais aucune hésitation dans la voix.

Elle posa son téléphone, résolue à ne plus attendre quoi que ce soit de lui. Ce fut le dernier pas vers sa liberté. Et dans ce silence enfin paisible, elle sentit létau se desserrer. Laurence le savait : sa nouvelle vie commençait vraiment.

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