Continuer simplement à vivre

Vivre, tout simplement

Il y a bien longtemps, Amélie, une fillette espiègle aux deux couettes dressées de part et dautre de sa tête, courait sur la grande véranda ensoleillée dune maison de campagne, quelque part sur les collines près de Lyon. Ses yeux brillaient denthousiasme, ses joues rosissaient encore des jeux effrénés de laprès-midi. Dès quelle aperçut lami de son grand frère qui traversait lentement la pièce pour sen aller, elle sarrêta, haletante, puis bondit derrière lui.

Sans réfléchir, Amélie fondit sur le jeune homme et attrapa sa main de ses petites paumes chaudes. Elle leva le visage vers lui, le regardant den bas avec toute la sincérité lumineuse de lenfance, et éclata dun rire cristallin:

Je ne te laisserai jamais partir! Quand je serai grande, je tépouserai, cest promis! Attends-moi!

Le garçon simmobilisa, les sourcils en arc de surprise, puis un sourire bienveillant adoucit ses traits. Il observa cette tornade miniature avec une tendresse mêlée détonnement amusé. Doucement, sur le ton dune plaisanterie légère, il répondit:

Je tattendrai.

Sur ces mots, il ébouriffa prudemment sa chevelure soyeuse, accentuant le désordre des deux couettes. Amélie plissa les yeux une seconde, puis lui sourit à nouveau, sans lâcher sa prise.

Mais, continua le garçon en se penchant pour que leurs regards se croisent en attendant, travaille bien à lécole et écoute ton papa et ta maman. Il faut que tu sois digne de devenir ma fiancée.

Sa voix nétait pas autoritaire, mais amicale, chargée de cette chaleur particulière que les adultes réservent parfois aux enfants. Amélie réfléchit à peine une seconde et hocha la tête avec force, serrant sa main avec conviction:

Daccord! Je serai la meilleure!

Dans lair flottait une insouciance, un parfum dété, baigné de rires et de rêves candides qui, en ce jour-là, semblaient inévitablement promis à lavenir

***

Bien des années plus tard, Amélie, adolescente, était assise dans sa chambre à feuilleter son manuel dalgèbre dun air distrait. Le crépuscule tombait lentement sur la banlieue de Lyon, enveloppant la maison dun silence inhabituel, brisé seulement par les voix étouffées venant du salon. Elle tendit loreille: son frère Pierre téléphonait, sa voix animée, un peu nerveuse.

Amélie avança discrètement vers la porte, essayant dentendre. Lorsquelle perçut le prénom «Hugo», son cœur saccéléra. Les bribes de la conversation suffisaient: Pierre parlait dun rendez-vous, dun café, du sourire de «la fille dHugo» Aucun doute il sagissait de la nouvelle petite amie dHugo.

Sans vraiment réaliser, Amélie se leva dun bond, sapprocha furtivement de la porte de la chambre de son frère et colla loreille contre le bois froid. Un pincement amer sinsinua dans sa poitrine, mais elle refusa découter les pensées qui tourbillonnaient dans sa tête. «Peut-être que ce nest pas ce que je crois», se répétait-elle, fébrile.

Lorsque Pierre raccrocha et sortit dans le couloir, Amélie se redressa, comme prise en faute. Mais il lavait déjà vue.

Hugo a une nouvelle copine, cest ça? lança-t-elle sans détour. Sa voix trembla à peine, mais elle fit tout pour garder une attitude décontractée.

Pierre sarrêta, la détailla du regard, puis soupira. Il nétait pas fâché, seulement résigné. Depuis longtemps, il avait remarqué la façon dont sa sœur regardait son ami, son excitation à chaque allusion à son nom, la manière dont elle dérobait ses photos sur les réseaux.

Encore à rêver? lâcha-t-il en levant les yeux au ciel, appuyé contre le chambranle. Amélie, tu as seize ans Tu devrais un peu dépasser cette bluette, non? Cest juste un béguin denfance.

Amélie leva la tête, et la flamme de la contrariété salluma dans son regard. Les bras croisés, elle afficha un entêtement sans faille.

Jamais de la vie, répliqua-t-elle avec passion, ses mèches blondes flottant autour du visage. Tu ne comprends rien! Il maimera, tu verras! Ce nest pas une amourette cest du vrai, du profond!

La conviction vibrait dans sa voix, même si au fond delle, elle se forçait à y croire. Elle se repassa les regards fugaces dHugo, ses rares sourires, les contacts involontaires; autant de souvenirs soigneusement préservés, tissants un espoir timide.

Pierre la regarda sans mot dire, désemparé. Il voyait léclat de ses yeux, la tension de ses lèvres : aucun argument narriverait à la raisonner. Cette passion denfant était devenue, pour Amélie, bien plus quun simple caprice.

***

Un matin, les rayons du soleil traversèrent les rideaux de la maison, dorant le parquet du salon. Amélie descendit lescalier en courant, poussée par une énergie éclatante, son visage lumineux défiait le soleil. Des étincelles semblaient danser au fond de ses yeux, et son sourire élargissait ses pommettes, déjà rosies.

Essoufflée, elle déboula auprès de son frère, attablé devant un café, absorbé par les nouvelles sur sa tablette.

Il ma demandé de sortir avec lui! sexclama-t-elle, la joie vibrant dans sa voix cristalline. Tu te rends compte? Il ma offert une boîte à bijoux gravée pour mon anniversaire Et il a dit quil pouvait enfin mavouer ses sentiments, maintenant que jai dix-huit ans. Hugo maime!

Son enthousiasme explosait en gestes maladroits, le regard embué de bonheur. Elle se recoiffait nerveusement, comme pour sassurer dêtre à la hauteur du moment.

Pierre détourna le regard de sa tablette, posa sa tasse lentement, et un sourire sincère sépanouit sur ses lèvres. Il attendait cela depuis longtemps, pour sa sœur comme pour son ami. Les derniers mois, Hugo navait cessé de venir aux nouvelles dAmélie, senquérant de ses loisirs, de ses fleurs préférées, inventant des prétextes pour évoquer des sorties à trois ou vanter les mérites de la campagne lyonnaise.

Elle est si jolie, répétait Hugo, rêveur. Et intelligente Jai hâte quelle ait dix-huit ans. Ça ne te dérange pas si on est ensemble?

Pierre, fidèle, ne répondait quune chose: «Si elle est heureuse, ça me va.» Il connaissait Hugo, son sérieux, sa fiabilité. Et devant la félicité de sa sœur, il était sûr quelle avait fait le bon choix.

Toutes mes félicitations, dit-il en se levant pour la serrer dans ses bras. Je suis content pour vous deux. Vraiment.

Amélie se blottit contre lui, cherchant à croire que tout cela était vrai. À cet instant, le monde était lumineux, doux et tendre. Et, en bruit de fond, on entendait les ronronnements apaisés de Minou, le chat, paisiblement lové au creux du rebord de la fenêtre

***

La jeune femme était assise dans un couloir dhôpital, sur une chaise en plastique trop dure, sous la lueur grise dun Paris pluvieux. Les murs fades accusaient sa pâleur. Elle fixait devant elle, mais son regard était vide: elle ne voyait ni les dalles sales du sol, ni les blouses blanches pressées, mais un ailleurs inaccessible.

Ses mains gisaient inertes sur ses genoux, son apparence négligée, ses cheveux nattés en tresses lâches effilochés sur ses épaules. Elle semblait pétrifiée, vidée, privée de la lumière habituelle. Encore résonnait dans sa mémoire la soirée précédente: Hugo et elle, penchés sur les plans de décoration de leur salle de mariage, débattant gaiement sur la couleur des rubans. Il riait, promettait que tout serait parfait Et aujourdhui, Hugo nétait plus.

Tout était arrivé si brutalement Un conducteur ivre, une collision terrible sur le périphérique nord: trois voitures pulvérisées, aucun survivant. Ni Hugo, ni les autres victimes, ni le chauffeur. Une seconde, et la vie dAmélie sest brisée net, comme un miroir qui ne refléterait plus aucun lendemain.

Un bruit de pas résonna dans le couloir désert. Pierre apparut, le visage livide, les yeux rougis par la fatigue et les larmes. À pas lents, il saccroupit près de sa sœur, lui entoura les épaules dun geste tremblant. Il peinait à se maîtriser, mais voulait rester fort pour elle.

Amélie? murmura-t-il dune voix brisée, comme pour ne pas effrayer le fragile équilibre de son monde. Parle-moi, je ten prie.

Amélie tourna lentement la tête. Ses yeux secs exprimaient une douleur abyssale. Son regard semblait traverser Pierre, perdu très loin dici, là où personne ne pouvait la rejoindre.

À quoi bon parler? lâcha-t-elle, la voix plate, comme dictée par la seule mécanique de la vie.

Pierre chercha les mots, nosant pas la heurter davantage.

À ce que tu veux Dis-moi ce que tu ressens. Pleure, au moins! Ne garde pas tout dedans!

Mais Amélie secoua la tête. Ses lèvres tremblaient, mais aucun son, aucune larme ne sortit. Elle contempla ses paumes, comme si elle ne comprenait pas pourquoi son corps ne réagissait pas.

Je ne peux pas, glissa-t-elle enfin, le regard perdu. Je nai plus de larmes. Et je nai plus envie de vivre non plus.

Ses paroles restèrent suspendues, lourdes, comme un orage sur la Seine. Pierre ferma les yeux, luttant contre la détresse: il ne devait pas flancher. Il fallait continuer, offrir chaque once de sa force à sa sœur, même si lui-même sombrait.

Depuis ce jour, Amélie sest comme coupée du monde. Son regard était vide, son visage figé, écrasée sous un fardeau dont elle narrivait plus à se relever. Pierre essayait de la ramener à elle, la caressait, lappelait, en vain. Les médecins venaient, sinquiétaient de son état. Elle demeurait assise, telle une statue, indifférente à tout.

Voyant cela, une infirmière, émue, lui fit une injection calmante. Amélie sentit son esprit salourdir, le sommeil envahir tout son être, lenveloppant dune tiédeur obscure qui napportait ni répit ni consolation.

Quand elle se réveilla, ce nétait plus la froideur hospitalière qui lentourait, mais sa chambre denfance, près des placides banlieues lyonnaises. Les rideaux brodés, la bibliothèque, la photo dHugo souriant sur la table de nuit Tout avait cet air à la fois familier et irréel, comme si elle retrouvait un lieu dautrefois dont la couleur avait tourné.

Près delle, elle repéra Pierre, avachi sur le divan, les traits tirés. Il murmurait à leur mère, rentrée précipitamment de Strasbourg. Celle-ci, le visage cadavérique, tenait à peine le coup, mais refusait de quitter la pièce.

Jai peur pour elle, Amélie a toujours été folle dHugo, même enfant, soufflait Pierre. À la maison, il ny avait que lui qui comptait. Comment se remettre dun tel vide?

Il faut du temps, répondit la mère dune voix peu assurée. On surveillera Amélie, on lentourera Cest tout ce quon peut faire.

Amélie, les yeux fermés, entendait tout. Mais elle préféra demeurer immobile, figée comme une dormeuse. En elle, cétait le désert; elle était vidée de tout ce qui lui avait apporté la joie. Elle enjamba la compassion muette de sa famille sans arriver à la ressentir ni à y répondre.

Pierre veilla un peu, puis se leva silencieusement, non sans échanger un regard inquiet avec sa mère qui, elle, resta auprès du lit, caressant la main de sa fille.

Dans la pénombre, seuls le tic-tac rythmique de lhorloge et le souffle heurté dAmélie troublaient le silence.

***

Neuf jours Quarante jours Les semaines étaient devenues collantes et lentes, semblables à la mélasse. Amélie ne quittait presque jamais le rebord de fenêtre de sa chambre, recroquevillée, les yeux rivés sur la cour.

Son regard sattarda sur le vieux banc en bois, sous un large érable. Cest là quun soir de septembre, Hugo avait, tout tremblant, demandé sa main. Chaque détail lui revenait: ses doigts vacillants, ses phrases avortées, son «veux-tu» lancé à toute allure pour ne pas flancher. Et elle, éclatant de bonheur, avait dit «oui» avant la fin.

Le banc maintenant semblait déserté, inutile, le jardin nu sous lhiver qui avait suivi lautomne, et Amélie ne regardait pas. Le temps sétait arrêté pour elle, ce jour où tout avait basculé.

Amélie, viens manger, mon cœur essaya doucement sa mère en la rejoignant.

Dun geste précautionneux, la mère posa sa main froide sur son épaule le froid de ceux qui, rongés dinquiétude, ne sendorment plus depuis des semaines. Son regard, plein de larmes, luttait pour garder contenance.

Je nai pas faim, répondit Amélie du même ton neutre.

Tu DOIS manger, fit sa mère, tentant de raffermir sa voix. Hier encore tu nas rien avalé. Il faut avoir de la force.

Mais pour qui? répondit enfin Amélie, sans la regarder. Je ne dois rien à personne.

Sa mère resta bouche bée, affectée physiquement. Puis elle soupira, séloigna lentement, impuissante devant la douleur de son enfant.

À la porte, elle croisa Pierre. Il écoutait. Il avait tout entendu.

Jai pris rendez-vous avec le docteur Fournier, chuchota-t-elle en tortillant son tablier. On va se faire aider, on ne peut plus faire seuls.

Pierre acquiesça. Voir sa sœur ainsi, à moitié morte, était insupportable. Il se força à ne pas céder à la colère; il fallait agir.

Jappelle le docteur, promit-il.

La nuit tomba, froide et lunaire, dessinant des reflets argentés sur le parquet. Amélie se hissa péniblement hors du rebord pour sallonger, vidée. Elle tira la couette jusquau menton, ferma les paupières, tâchant dappeler un sommeil sans douleur. Mais

Elle rêva dHugo. Il était là, tel quen vie: le sourire avenant, son éternelle veste grise. Sauf que son visage, cette fois-ci, était grave.

Amélie, regarde-toi. Quest-ce que tu fais?

Elle chercha ses mots, mais lui nattendit pas:

Tu tes vue, ces jours-ci? Ce nest pas toi. Tu nas pas le droit de toublier ainsi!

Amélie voulut le toucher, mais cétait un fantôme. Elle murmura, brisée:

Je ny arriverai pas sans toi

Tu peux. Tu las toujours pu. Il faut que tu continues à vivre. Tu mentends?

Il sapprocha, effleura sa joue, chaleur imaginaire, plus vraie que rêve.

Lavenir tattend Tu connaîtras encore des joies, des peines, cest la vie. Mais tu ne dois pas tarrêter. Je suis avec toi. Toujours. Regarde les étoiles : je serai là. Si tu as besoin, appelle-moi. Je te viendrai en aide.

Amélie éclata en sanglots, mais Hugo commença à se dissoudre, laissant un murmure:

Vis, Amélie. Promets-le-moi.

Elle ouvrit violemment les yeux. Dans la clarté lunaire de la chambre, sa tête baignait de larmes. Son cœur battait à se rompre.

Dinstinct, elle poussa un hurlement déchirant la nuit. Parents et frère accoururent.

Ma chérie, quest-ce qui se passe? balbutia sa mère, la serrant.

Où tu as mal? sinquiétait Pierre, fouillant du regard.

Amélie resta prostrée, ébranlée, puis sans bruit, se mit à pleurer comme un enfant, secouée par son chagrin. Le visage dHugo, ses mots, flottaient encore dans son esprit.

Promets-moi, soufflait-il.

Et, entre deux sanglots, elle murmura:

Je te promets

Sa mère la berça contre elle ; Pierre leur posa la main sur lépaule. Aucun mot ne pouvait apaiser. Mais ils étaient là.

Amélie, enfouie contre sa mère, tentait denvisager comment vivre Comment respirer, marcher, sourire sans Hugo? Au plus profond delle, germait lidée que, sil lui demandait de continuer, elle y parviendrait. Rien que pour lui.

***

Durant un soir de pluie, la famille se réunit autour dune théière dans le salon, les tasses restant froides : personne navait faim, ni goût à rien. Il fallait trancher.

Je pense quon devrait déménager, dit Pierre, la voix douce mais déterminée, le regard fixé sur sa sœur. Ici, tout nest que souvenirs. Chaque rue lui fait mal.

Amélie, enroulée sur le fauteuil, ne protesta pas. Elle observait distraitement les gouttes brouiller la fenêtre, effaçant leur univers familier. Son visage restait pâle, mais le vide de ses yeux sétait un peu dissipé.

Dans une ville nouvelle, ce sera plus simple, hasarda la mère, frôlant le bras dAmélie. Du neuf, de nouvelles têtes Peut-être que ça aidera.

Amélie tourna doucement la tête.

Où?

Un ami ma proposé un poste à Bordeaux, précisa Pierre. On louera un appartement, tu pourras tinscrire à la fac On verra sur place.

La mère renchérit:

On trouvera pour toi aussi. Ce qui compte, cest que tu ten sortes.

Amélie se tut, le regard perdu dans les souvenirs: elle revoyait Hugo, leurs promenades, la boîte de chocolats donnée au lycée, les confidences à la nuit tombée. Tout était douloureux, ici.

Daccord va pour le déménagement, souffla-t-elle.

Cétait laborieux, mais cétait une décision, la première prise delle-même depuis longtemps.

Les semaines suivantes furent rythmées par les cartons, les démarches, lagitation fébrile. Amélie restait en retrait, observant famille et amis sactiver. Parfois, elle retrouvait un bijou, une photo offerte par Hugo, un ticket de cinéma. Elle contemplait chaque objet longtemps avant de le glisser dans une boîte.

Le jour du départ, elle sortit sur le balcon, embrassa une dernière fois la cour, se retint de seffondrer. «Tu y arriveras, Amélie, tu le dois», se promit-elle.

La nouvelle ville leur ouvrit des avenues bruissantes, un ciel dardoise, et un appartement clair où tout restait à bâtir. Amélie passa longtemps à la fenêtre de sa chambre, scrutant les rues anonymes et la foule bigarrée. Tout était inconnu et cétait aussi, dune certaine façon, une forme de délivrance: ici, rien ni personne ne réveillait la douleur.

Les premiers jours furent ardus : chaque matin semblait étranger. Les souvenirs la hantaient la nuit, parfois Hugo lui apparaissait dans ses rêves. Elle se levait, la joue humide de larmes.

Mais elle apprit à remarquer les petites choses: les tulipes du parc, le sourire du serveur dans le café, la lumière sur la Garonne. Ça neffaçait rien, mais cela laidait à avancer. Elle savait maintenant: vivre ce nest pas oublier, cest honorer la promesse faite à Hugo.

Amélie suivit des cours, aida sa mère, se promena parfois avec Pierre. Chaque journée était un combat, mais chaque journée lui permettait de gagner un peu delle-même.

Quelque part, elle sentait quHugo la regardait, et quil était fier.

Parce quelle tenait bon.
Parce quelle vivait.

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