Une belle réflexion il est difficile de trouver les mots
Il était une fois une femme qui vivait en très mauvais termes avec son mari. Un jour, elle fut victime dun arrêt cardiaque. Aux portes de la mort, un ange lui apparut et lui dit quaprès avoir examiné ses bonnes et mauvaises actions, elle ne pouvait pas encore accéder au paradis. Cependant, il lui proposa de retourner sur terre quelques jours pour accomplir les bonnes actions qui lui manquaient encore. La femme accepta et rentra chez elle, auprès de son mari. Il ne lui adressait plus la parole ils étaient brouillés depuis longtemps.
Elle se dit :
Je devrais essayer de me réconcilier avec cet homme. Voilà des mois quil dort sur le canapé, jai arrêté de lui cuisiner. En ce moment, il repasse sa chemise pour le travail Je vais lui faire une surprise.
Après le départ de son mari, elle entreprit de laver et de repasser tous ses vêtements. Elle prépara un bon dîner, dressa la table avec des fleurs et des bougies, puis laissa un mot sur le canapé :
« Je pense que tu serais mieux dans le lit que nous partagions autrefois. Ce lit où, par amour, nos enfants sont venus au monde. Ce lit où, tant de nuits, nous nous sommes enlacés pour oublier nos peurs et ressentir la présence de lautre. Cet amour existe encore et il nous attend. Si tu peux pardonner toutes mes erreurs retrouvons-nous là ce soir. »
Ta femme
Alors quelle écrivait la dernière phrase : « Si tu peux pardonner toutes mes erreurs », elle pensa :
Suis-je devenu fou ? Faut-il vraiment que je mexcuse ? Cest lui qui revenait du travail fâché, après avoir perdu son emploi à lusine et ne parvenant pas à en retrouver un autre. Jai dû gérer le peu déconomies quil nous restait, tout en supportant ses colères. Il sest mis à boire, passait des heures dans son fauteuil, grondant les enfants qui voulaient juste samuser. Il me criait dessus lorsque je lui disais que la situation ne pouvait pas durer. Il a tout détruit et ce serait à moi de demander pardon ?
En colère, elle déchira la lettre, puis, soudain, elle entendit la voix de lange :
Souviens-toi : il ne te reste que quelques bonnes actions à faire pour gagner le paradis. Sinon, il te restera interdit.
Elle réfléchit :
Est-ce que cela en vaut la peine ?
Elle réécrivit la lettre, cette fois en la remplissant de mots plus tendres :
« À cette époque, je ne comprenais rien. Je nai pas vu la peur dans tes yeux quand tu as perdu ton emploi de tant dannées. Tu as dû être profondément désemparé. Je me souviens de tes rêves, de tout ce que tu voulais faire quand tu prendrais ta retraite. Jaurais pu taider à les réaliser, au lieu de tobliger à prendre ce travail de taxi que tu détestais.
Je me souviens de la nuit où jai détruit tes lettres damour et brûlé les toiles de tes tableaux. Je ten voulais de rester enfermé dans ta chambre à dépenser nos économies en peinture, ou à mécrire des poèmes. Jaurais dû taider à vendre tes peintures elles étaient vraiment belles. Moi aussi, javais peur. Moi aussi, je ne me sentais rassurée que lorsque tu travaillais à lusine. Je nai pas voulu voir ta souffrance.
Pardonne-moi, mon amour. Je te promets que désormais tout sera différent. Je taime. »
Ta femme
Lorsque son mari rentra, il sentit tout de suite que quelque chose avait changé. Le parfum du repas chaud, les bougies sur la table, sa chanson préférée, et cette lettre sur le canapé.
Quand elle sortit de la cuisine, plat en mains, elle le découvrit en larmes, comme un enfant. Elle déposa le dîner et le prit dans ses bras. Aucun mot nétait nécessaire. Ils pleuraient ensemble. Il la souleva et la porta jusquau lit. Ils firent lamour avec la même passion que le premier jour.
Plus tard, ils dînèrent ensemble, riant, se remémorant les anecdotes drôles de lenfance de leurs enfants.
Plus tard encore, alors quelle rangeait la cuisine, elle aperçut par la fenêtre lange dans le jardin. Elle se précipita dehors, les larmes aux yeux :
Sil te plaît, Ange, laisse-moi rester encore un peu. Je veux laider à reprendre la peinture, reconstruire tout ce que jai brisé. Je te promets quil sera bientôt heureux. Alors, je viendrai avec toi.
Lange répondit :
Je nai plus besoin de temmener. Tu es déjà au paradis. Tu las mérité. Mais souviens-toi de lenfer dans lequel tu as vécu et que le paradis se trouve souvent plus près quon ne le pense.
À ce moment-là, elle entendit la voix de son mari lappeler depuis la maison :
Viens, mon cœur, il fait froid. Viens dormir. Demain sera un nouveau jour.
Elle pensa alors :
Oui Dieu merci, demain sera un nouveau jour.
Pour méditer :
Toi qui te plains de ce que tu ne reçois pas as-tu pensé à ce que tu donnes en retour ?
Toi qui souffres as-tu pensé à la souffrance que tu infliges aux autres ?
Toi qui accuses les autres dignorance as-tu examiné ta propre compréhension ?
Toi qui condamnes les erreurs vois-tu les tiennes ?
Toi qui te dis loyal ami les-tu vraiment envers toi-même ?
Toi qui te plains du manque sais-tu ce que tu possèdes déjà ?
Toi qui critiques le monde as-tu fait quelque chose pour laméliorer ?
Toi qui rêves du paradis combien as-tu fait pour apaiser lenfer qui tentoure ?
Toi qui te dis humble es-tu vraiment plein dhumilité ?
Toi qui condamnes le mal répands-tu le bien ?
Toi qui te plains de lindifférence montres-tu de lamour autour de toi ?
Toi qui crains la pauvreté sais-tu bien utiliser ce que tu as ?
Toi que les épines blessent plantes-tu des roses ?
Toi qui redoutes lobscurité allumes-tu la lumière ?
Toi qui ne penses quà toi prends-tu soin des autres ?
Toi qui te sens insignifiant essaies-tu dévoluer ?
Toi qui redoutes la solitude offres-tu ta présence à quelquun ?
Toi qui as peur de la maladie prends-tu soin de ta santé ?
Toi qui désires la paix agis-tu pour apaiser les conflits ?






