Jai 60 ans et je vis seul à Paris. Je nai ni enfants, ni épouse. Pourtant, jai été marié autrefois. À 25 ans, jai épousé une femme que jaimais profondément.
Notre mariage a été brisé par linfidélité de mon épouse. Un jour, elle a ramené son amant dans notre appartement. Incapable de supporter cela, jai rassemblé mes affaires et je suis retourné chez mes parents en Bretagne. Deux mois après notre divorce, jai appris que jallais devenir père.
Pour être honnête, je nai pas voulu avertir mon ex-femme. Je nai jamais cherché à la joindre. Jai pris la décision délever seul mon fils, sans lui en parler. À sa naissance, le médecin ma annoncé une terrible nouvelle. Votre fils est très faible, et ce nest pas tout. Il souffre dune maladie incurable. Sil parvient à vivre jusquà onze ou douze ans, ce sera une chance inouïe.
Je navais aucune idée de ce que je devais faire ni vers qui me tourner. Jai tout donné pour mon fils, lallaitant chaque jour, mais un seul cruel espoir hantait mes pensées : il allait bientôt me quitter.
Mon fils a survécu jusquà ses quinze ans. Le destin a voulu que mon fils et mon père meurent à une semaine dintervalle. Jai perdu les deux personnes les plus chères à mon cœur.
Mon père ma légué son appartement, spacieux et situé en plein centre de Paris. Jai passé toutes ces années dans la solitude, sans chercher à rencontrer dautres femmes. Je souhaitais fonder une famille, mais la peur que lhistoire se reproduise ma toujours freiné. À quarante-cinq ans, jai investi dans un ordinateur portable pour garder le contact avec la famille et suivre lactualité.
Mes proches ont découvert que je vivais seul et ont commencé à venir me rendre visite, chacun à son tour. Ils apportaient des cadeaux, des souvenirs, et me demandaient souvent si javais rédigé un testament. Lorsquils apprenaient que ce nétait pas le cas, ils se plaignaient de leurs soucis financiers. Certains allaient même jusquà dévaloriser dautres membres de la famille pour paraître plus méritants à mes yeux. Je sais pourtant à qui je veux léguer mon appartement ; la fille de mon amie Pauline, Élise, maide toujours sans rien attendre en retour.
Ma famille, quant à elle, ne souhaite que mon bien immobilier. Jai fini par couper tous les liens, mais cela na pas arrêté leurs manœuvres.
Un jour, mon cousin ma appelé avec une insolence incroyable, me demandant si jétais toujours en vie et à qui reviendrait mon appartement. Jai été tellement blessé que jai bloqué tous mes proches, pour empêcher quils me contactent à nouveau.






