Une jeune femme enceinte demande l’aumône à un homme, qui l’ignore. Mais ce qu’il fait quelques instants plus tard va bouleverser sa vie à jamais

Ce matin-là, alors que je conduisais vers mon bureau à Lyon, je me suis arrêté à une station-service pour faire le plein dessence. Cest là que jai remarqué une jeune fille, manifestement enceinte, qui semblait avoir à peine dix-neuf ans. Elle mendiait, la mine fatiguée, et ma demandé poliment un peu daide. Je lui ai répondu que je navais pas de pièces sur moi, et je suis remonté dans la voiture, prêt à repartir.

Mais en démarrant, quelque chose ma retenu. Après une seconde dhésitation, je suis descendu et je me suis approché delle à nouveau, lui demandant comment elle en était arrivée là. Elle ma raconté que ses parents désapprouvaient totalement ses choix de vie. Tombée enceinte hors mariage, elle avait été contrainte de quitter leur appartement à Marseille. Je lui ai demandé si elle avait un travail ou au moins une aide sociale. Elle ma dit que non, quelle ne savait plus vers qui se tourner.

Après avoir discuté longuement, jai fini par lui tendre ma carte de visite en lui disant de mappeler le lendemain. Le jour suivant, elle ma contacté et je lui ai proposé un rendez-vous dans mon bureau. Nous avons donc eu un entretien dembauche ; une semaine plus tard elle commençait, chargée dabord de répondre au téléphone et de soccuper des petites tâches quotidiennes.

Peu à peu, grâce à son engagement et à sa détermination, Éléonore est devenue directrice adjointe au sein de notre entreprise. Maintenant, elle a fondé sa propre famille et vit bien mieux quavant.

Cette rencontre ma appris quil suffit parfois dun geste pour changer radicalement le cours dune vie. Soyons attentifs aux autres : chaque petite action peut semer du bonheur là où on sy attend le moins.

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Une jeune femme enceinte demande l’aumône à un homme, qui l’ignore. Mais ce qu’il fait quelques instants plus tard va bouleverser sa vie à jamais
Notre grand-mère blessait notre père autant qu’elle le pouvait, et son attitude nous a toujours fait souffrir. Quand mon frère et moi étions seuls avec Mamie, que ce soit pendant les week-ends ou les vacances d’été, nous étions constamment témoins de ses ragots sur les voisins, de récits nostalgiques sur sa jeunesse, et surtout de ses critiques acerbes contre notre père, son gendre, qu’elle jugeait sans espoir. À ses yeux, Papa n’était plus jamais le même homme. — À peine quarante ans et déjà si chauve ! Son ventre grossit. Comment peux-tu seulement le regarder ? Pourvu que tu ne lui ressembles jamais ! Mais ce n’était pas seulement son apparence qui lui déplaisait. Mamie ne supportait pas qu’il travaille beaucoup, qu’il refuse de laisser maman et nous tout faire, ou qu’on ne parte pas chaque été à la mer, ce qui prouvait pour elle qu’il s’occupait mal de la famille. Par contre, maman, qui ne travaille pas toujours et s’inscrit à d’innombrables stages, fait tout bien, et Papa doit malgré tout lui donner de l’argent. Mais à la maison, il ne faut parler que de Papa. Pourtant, mon père est un papa formidable : nous ne manquons de rien, notre vie est belle, et Mamie s’irrite envers lui pour d’obscures raisons. Moi, j’ai seize ans et je comprends très bien ce qu’elle insinue, mais mon frère n’a que huit ans, et il prend tout au pied de la lettre. J’ignore si cet acharnement maternel finira par lui donner du ressentiment envers Papa. — Pour quoi l’aimer ? Il n’a même pas levé le petit doigt pour acheter l’appartement où tu vis. Sans nous, tu serais encore locataire. Tu devrais nous remercier de te soutenir autant. Et les grands-parents paternels ? Ils sont divorcés, ont refait leur vie au loin. Je suis la seule grand-mère qui t’accueille — ne cessait-elle de répéter. Papa a souvent entendu les reproches de sa belle-mère, mais mon frère et moi allions toujours le réconforter, petits comme grands. Mamie n’a cessé de chercher à saper sa confiance en lui, à le rendre moins important à nos yeux, mais nous avons toujours choisi le camp de Papa. Alors, chaque fois qu’on a le choix d’aller chez elle ou non, on préfère rester à la maison. Mamie se vexe et se plaint à maman, incapable de comprendre pourquoi nous n’essayons pas plus de rester proches d’elle. Je me demande même si elle réalisera un jour qu’en blessant notre père, c’est aussi à nous qu’elle fait du mal.