– Maman va venir vivre chez nous, un point c’est tout, a déclaré mon mari. Pourtant, le soir même, il faisait déjà sa valise.

Maman va vivre avec nous, point final, déclara mon épouse. Mais le soir même, elle préparait déjà ses affaires.

Il existe une catégorie dhommes qui prennent des décisions comme on plante un clou : rapidement, sèchement, sans regarder où ça tombe.

Paul faisait partie de ceux-là.

Ce nétait pas un homme mauvais, non. Travailleur, fiable, il aimait sa mère ça, on ne pouvait pas lui enlever. Simplement, il était habitué à ce que, dès quil décidait, ce soit ainsi. Sa femme maugréerait un peu puis finirait par accepter. Elle avait toujours accepté.

Élise acceptait, cest vrai. Avec ce sourire patient qui apparaît chez les femmes quand elles ont compris depuis longtemps.

Un soir donc, Paul est rentré du travail, a mis la bouilloire en marche et a lâché, sans y mettre les formes :

Maman va venir habiter chez nous. Voilà.

Paul avait dit cela dun ton quotidien, sans réunion de famille ni la moindre excuse.

Élise était devant les fourneaux.

Attends, on na pas…

Élise, fit Paul dun ton qui, dhabitude, clôt le sujet. Elle est seule. Elle a déjà soixante ans. Cest mon devoir.

Devoir. Voilà le mot.

Pas « quen penses-tu », mais devoir, comme si ça ne concernait que lui, et quÉlise était là juste en spectatrice.

Paul, commença-t-elle avec prudence, parlons-en, s’il te plaît. Ta mère est quelquun de bien, je ne dis pas. Mais ici, cest notre appartement. Deux pièces, toi et moi.

Deux canapés, répliqua-t-il. Où est le problème ?

Élise éteignit la plaque. Se retourna vers lui. Le regarda bien en face, comme on cherche à savoir si lautre entend vraiment, ou sil est sélectivement sourd à tout ce qui népouse pas sa décision.

Tu as déjà décidé ? demanda-t-elle.

Oui.

Sans moi.

Cest ma mère.

Voilà.

Élise hocha lentement la tête, pensive.

Daccord, répondit-elle simplement.

Et elle partit dans la chambre.

Paul resta un moment à la cuisine, puis alla la rejoindre au salon, repartit, sassit, se releva. Il avait pris sa décision et se retrouvait démuni devant le constat que ça ne réjouissait personne.

Élise était assise au bord du lit et fixait la rue.

« Il a tout décidé sans moi », se répéta-t-elle.

Ils narrivèrent pas à en reparler ni ce soir-là, ni le lendemain matin.

Le surlendemain, Élise tenta tout de même :

Paul était sur son portable, comme chaque soir, quand Élise vint sasseoir près de lui, les mains jointes sur les genoux.

Paul. Jaimerais parler sérieusement.

Il posa son téléphone. Voilà déjà un bon signe il ne le faisait jamais.

Je técoute, répondit-il.

Je comprends que tu tinquiètes pour ta maman. Vraiment. Elle est seule, ce nest pas facile. Mais on vit à deux dans un petit appartement. Parfois, cest déjà étroit. À trois, ce sera dur pour moi.

Et alors ? objecta-t-il.

Ce sera difficile à vivre. Je ne me sentirai pas à laise.

Tu ne laimes pas ?

Élise ferma les yeux une fraction de seconde.

Encore cette question. Dès quune femme dit « je ne suis pas à laise », surgit le : « Ah, tu ne laimes pas ». Comme sil était impossible daimer quelquun et de ne pas vouloir cohabiter dans trente mètres carrés.

Je mentends bien avec ta mère, affirma Élise patiemment. On sapprécie. Mais être en visite, cest une chose, habiter ensemble, cen est une autre. Ce nest pas pareil, Paul.

Ce nest pas une étrangère.

Je sais.

Elle nest pas bien toute seule.

Je comprends.

Alors quel est le problème ?

Élise le fixa longuement. Puis murmura :

Tu mentends, au moins ?

Il ne répondit pas. Il reprit son téléphone.

La conversation sarrêta là.

Le jour suivant, cest Madame Martineau qui appela.

Élise, bonjour. Excuse-moi de tappeler. Paul ma parlé, je me rends compte que la situation est gênante.

Tout va bien, madame Martineau, répondit mécaniquement Élise.

Ah non, cela se sent à la voix, rétorqua doucement la belle-mère.

Élise garda le silence.

Je ne comprends pas très bien comment ça va se passer, avoua-t-elle finalement.

Moi, si, répliqua madame Martineau. Jai connu ça, il y a quarante ans. Ma belle-mère avait décrété quelle emménagerait. Elle eut un petit rire. Trois mois à bout de souffle, puis on sest séparées. À peine vivantes !

Élise sourit malgré elle.

Mais Paul y tient beaucoup…

Paul est un excellent fils, coupa la belle-mère. Peut-être trop, parfois, quand il décide de ce quil pense juste, rien ne larrête. Déjà enfant, cétait pareil Têtue comme une mule.

Élise najouta rien, inutile de commenter.

Tu devrais reparler avec lui, proposa madame Martineau. Mais pas question de mètres carrés. Dis-lui seulement : « Paul, il est important pour moi que tu me demandes mon avis ». Dis-lui ça.

Et sil nécoute toujours pas ?

Silence.

Alors, ce sera une autre discussion, murmura la belle-mère. Mais le temps, il en faut. Les hommes mettent toujours plus de temps à quitter le mode « décision prise » Comme un paquebot qui manœuvre.

Élise rit malgré elle.

Merci.

De rien, répondit la vieille dame dans un souffle. Je ne veux pas être la cause dun conflit entre vous. Quoi que Paul dise, je ne veux pas.

Le soir, Paul rentra et sentit aussitôt que latmosphère avait changé.

Quest-ce quil y a ? demanda-t-il.

Rien.

Ils dînèrent. Puis Élise déclara :

Paul, je peux te dire quelque chose sans que tu minterrompes ?

Il acquiesça.

Peu importe que ce soit ta mère ou la mienne, deux pièces ou dix, il y a plus important : Tu as pris une décision qui nous concerne tous les deux sans me demander mon avis. Comme si je nexistais pas ici.

Paul ouvrit la bouche.

Ne minterromps pas, sil te plaît.

Il se tut.

C’était tout ce que javais à dire.

Elle se leva et alla faire la vaisselle.

Paul resta figé devant la nappe, longtemps. Puis il sortit fumer sur le balcon, rentra, sapprocha delle à lévier. Il la prit doucement dans ses bras.

Bon, finit-elle par lâcher. Viens, on va boire le thé.

Paul serrait la tasse entre ses mains. Il était silencieux.

Tu as appelé ta mère aujourdhui ? demanda Élise.

Pas encore.

Elle ma appelée, elle.

Paul releva la tête.

Qua-t-elle dit ?

Beaucoup de choses. Elle est pleine de sagesse, ta mère.

Il hocha la tête, un peu gêné mais fier.

Oui, cest vrai, admit-il.

Dehors, le crachin sétait transformé en pluie. On sentait, tous deux assis, que le lourd malaise de ces derniers jours commençait à se dissiper.

Le troisième jour, Paul téléphona à sa mère. Devant Élise. Il dit :

Maman, commence à préparer tes affaires. Ce week-end, je viens taider.

Élise, depuis la porte du salon, écoutait. Paul termina, se retourna et vit son regard.

Non, dit Élise.

Il grimaça.

Élise, je ne peux pas la laisser seule, tu comprends ?

Je ne te demande pas de labandonner, trancha Élise. Je te demande seulement de me consulter. Juste me demander.

Paul se leva, fit les cent pas.

Tu sais quoi, fit-il, si ton confort passe avant ma mère…

Paul. Sa voix était calme. Pas la peine.

Non, laisse-moi finir ! Il éleva la voix, une première en ces jours. Je ne peux pas choisir entre ma femme et ma mère ! Ce nest pas normal quon mimpose ce choix !

Personne ne timpose rien, Paul. Cest toi qui nous a mis devant le fait accompli, comme si je devais seulement suivre.

Tu ne suivras pas ?

Non.

Il la fixa un long moment, avec un mélange de stupeur, dirritation, de lassitude et autre chose encore.

Daccord, lâcha-t-il.

Et il partit dans la chambre.

Élise lentendit fouiller dans larmoire.

Il ressortit avec une valise, enfila son blouson.

Je vais dormir chez Julien, annonça-t-il.

Très bien.

Il prit ses clés, hésita une seconde.

Tu réalises que ce nest pas normal de vivre comme ça ?

Je le réalise. Mais je ne comprends pas pourquoi cest normal que tu ne me demandes pas mon avis.

Paul ouvrit la bouche mais neut rien à répliquer. Il sortit.

Élise retourna à la cuisine.

Pendant que la bouilloire chauffait, madame Martineau appela :

Élise, excuse-moi. Paul ma dit quil était parti chez un ami. Cest à cause de moi ?

Madame Martineau…

Ne me dis rien, coupa-t-elle dune voix soudain grave. Je sais bien. Cest à cause de moi.

Non, cest à cause de lui. Il a encore décidé sans mécouter.

Silence.

Tu as bien fait, confirma la belle-mère.

Pardon ?

Tu as fait ce quil fallait. Sa voix était plus ferme. Élise, je ne viendrai finalement pas minstaller chez vous. Cest ma décision, la mienne seule. Jaurai bientôt soixante-dix ans, jai vécu seule et je men sors très bien. Mon fils est brave, mais il faut parfois lui mettre des limites. Cest ce que tu as fait. Moi, il ne mentend pas.

Le matin suivant, Élise ouvrit les yeux à sept heures et demie. Aucun message.

La vie continuait.

Paul revint le lendemain, vers neuf heures.

Il sonna, alors quil avait ses clés. Un signe déjà.

Élise ouvrit. Il était sur le palier, froissé par la nuit passée chez son pote. Sa valise dans une main.

Je peux entrer ?

Entre, répondit-elle.

Il alla dans la cuisine, sassit, posa les mains sur la table et les contempla.

Ma mère ma appelé, finit-il par dire.

Je sais.

Elle ma dit quelle ne viendrait plus. Que cétait sa décision, et que je ne devais pas la convaincre. Il hésita. Elle a aussi dit que je me comportais comme un imbécile. Ou quelque chose du genre.

Madame Martineau est une femme très sage.

Oui. Il hocha la tête, sans trace dironie. Élise, je narrive pas bien à exprimer tout ça, tu le sais.

Je sais.

Mais jai compris. Jai eu tort. Jai décidé, attendant que tu acceptes. Ce nest pas juste.

Élise le regarda.

Ce nest pas juste, en effet.

Je ne recommencerai pas, promit-il simplement.

Élise servit le thé, poussa une tasse vers lui.

Au sujet de ta mère… Je ne suis pas contre ses visites. Quelle vienne les week-ends, quon partage du temps, quon sentraide. Jy tiens même.

Jai compris, dit-il.

Il la regarda avec ce nouvel éclat quelle avait remarqué déjà la veille.

Tu es forte, murmura-t-il.

Je sais, fit Élise.

Et elle sourit pour la première fois en trois jours.

Dehors, un soleil dautomne doux, ni fort, ni trop vif, baignait la scène et tout semblait, soudain, enfin à sa juste place.

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– Maman va venir vivre chez nous, un point c’est tout, a déclaré mon mari. Pourtant, le soir même, il faisait déjà sa valise.
Le miracle a eu lieu Tania sort de la maternité avec son fils. Aucun miracle ne s’est produit : ses parents ne sont pas venus l’accueillir. Le soleil printanier brillait, elle resserra sur elle sa veste devenue trop grande, prit son sac de vêtements et de papiers d’une main, ajusta son bébé de l’autre, et se mit en route. Elle ignorait où aller. Ses parents avaient catégoriquement refusé qu’elle ramène l’enfant à la maison, sa mère exigeait qu’elle l’abandonne. Mais Tania, elle-même pupille de l’État — sa mère l’avait laissée à l’Assistance Publique —, s’était jurée de ne jamais faire subir cela à son propre enfant, quoi qu’il en coûte. Elle avait grandi dans une famille d’accueil, papa et maman s’étaient bien occupés d’elle, presque comme de leur propre fille. Ils l’avaient un peu gâtée, pas vraiment rendue autonome, et ils n’avaient jamais roulé sur l’or ; souvent malades. Bien sûr, c’est sa faute si son fils n’a pas de père, elle le comprend à présent. Il semblait pourtant sérieux, prêt même à la présenter à ses parents… mais quand Tania lui révéla sa grossesse, il déclara ne pas être prêt à changer des couches. Il partit, ne répondit plus au téléphone, probablement l’avait-il bloquée. Tania soupira : — Personne n’est prêt, ni le papa, ni mes parents. Moi, en tout cas, je suis prête à assumer mon fils. Elle s’assit sur un banc pour profiter du soleil. Où aller ? On dit qu’il existe des foyers pour les mamans comme elle, mais Tania n’avait pas osé en demander l’adresse, espérant naïvement que ses parents changeraient d’avis et viendraient la chercher. Mais ils ne sont jamais venus. Elle décida de mettre son plan à exécution : partir dans un village de province chez une vieille dame qu’elle connaissait à peine, espérant y trouver refuge. Elle l’aiderait au jardin, vivrait des allocations, et chercherait ensuite du travail. Elle était sûre, ça finirait par sourire. Tout cela, il fallait maintenant l’organiser — déjà, vérifier sur son vieux smartphone quel bus partait vers la campagne. Après tout, les grands-mères sont en général des anges, la sienne le serait peut-être aussi. Elle resserra le petit contre elle, sortit son téléphone, et faillit se faire renverser en traversant. Le conducteur, un homme grand aux cheveux gris, descendit de voiture et se mit à crier qu’elle faisait n’importe quoi et qu’elle finirait par tuer quelqu’un, l’enfant ou elle-même, et que lui, finirait par se retrouver en prison. Tania, effrayée, fondit en larmes, réveillant son bébé qui se mit lui aussi à pleurer. L’homme, la voyant ainsi, lui demanda où elle allait avec son nourrisson. En sanglotant, elle répondit qu’elle n’en savait rien. Il dit alors : — Montez dans la voiture. Venez avec moi, vous vous reposerez et on verra ensuite ce qu’on peut faire. Ne restez pas là, votre bébé a besoin de calme. Ah, moi c’est Monsieur Constant. Et vous ? — Tania. — Allez, montez, je vous aide. Il la conduisit chez lui, un grand appartement parisien de trois pièces, et lui proposa une chambre pour qu’elle nourrisse son enfant. Ne pouvant changer le bébé — elle n’avait plus rien — Tania demanda à M. Constant d’acheter des couches, lui confiant ce qui lui restait d’argent. Mais il refusa net de prendre son argent, affirmant qu’il n’avait personne d’autre sur qui dépenser son salaire. Il monta rapidement chez sa voisine, médecin, qui était justement chez elle ce jour-là. Après un appel, elle établit la liste de tout le nécessaire et la donna à M. Constant. Quand il rentra, il trouva Tania endormie, épuisée, assise sur le lit, son bébé réveillé gigotant à côté. Après s’être lavé les mains, il prit l’enfant pour que la jeune mère puisse se reposer un peu. À peine eut-il fermé la porte que Tania se réveilla, paniquée de ne plus voir son enfant. M. Constant revint aussitôt, bébé dans les bras : — Allons, ne vous inquiétez pas, je voulais juste que vous puissiez dormir un peu. Il lui montra tout ce qu’il avait acheté et lui proposa un change. — Ma voisine, médecin, viendra plus tard vous expliquer les soins nécessaires au bébé, et elle appellera un pédiatre demain. Il ajouta ensuite : — Pas de village et pas de grand-mère à aller chercher. Restez ici, il y a de la place. Je suis veuf, pas d’enfants ni de petits-enfants. Je touche une retraite, je continue à travailler, la solitude me pèse énormément. Cela me ferait plaisir de vous accueillir, vous et le petit. — Vous avez eu des enfants ? — Oui, Tania. J’ai eu un fils — je travaillais sur des chantiers à l’étranger, absent six mois sur douze. Mon fils faisait ses études, il aimait une fille. Avant sa dernière année, ils voulaient se marier car elle était enceinte. Ils m’attendaient pour fêter ça, mais un accident de moto a tout brisé. Il est mort juste avant mon retour ; je suis arrivé pour l’enterrement. Sa mère, ma femme, est tombée gravement malade après ça. J’ai perdu de vue la jeune fille, même si j’ai encore une photo d’elle, et je savais qu’elle allait avoir un bébé de mon fils. J’ai tout cherché, en vain. Alors restez ici, Tania. Au moins je connaîtrai la joie d’avoir une famille sur mes vieux jours. D’ailleurs, comment s’appelle votre fils ? — Je ne sais pas pourquoi, mais je voulais l’appeler Sacha. C’est un prénom que j’aime, même si ce n’est pas très courant. — Sacha ?! Tania, c’était le prénom de mon fils ! Je ne t’avais pas dit comment il s’appelait… Tu rends un vieux monsieur bien heureux. Alors, tu restes ? — Avec plaisir. J’ai été adoptée, mes parents adoptifs n’ont pas voulu de mon fils, c’est pour ça qu’ils ne sont pas venus me chercher à la maternité et que je n’ai nulle part où aller. Mais grâce à eux, j’ai pu faire des études, j’ai eu une bonne vie… Sinon, j’aurais eu droit à un appartement de l’Assistance Publique. Ma mère m’a abandonnée à la porte de la DDASS, ne laissant qu’une petite chaîne et un médaillon sur ma couverture. — Va t’habiller mieux, j’ai acheté des vêtements aussi pour toi. Ensuite, on s’occupe du bébé. La baignoire a été récurée, la voisine montrera le bain. Et il faut que tu manges bien, pour avoir du lait. Quand Tania ressortit, changée, M. Constant aperçut la chaîne autour de son cou. Il lui demanda si c’était celle que sa mère avait laissée. Oui, c’était bien celle-là, répondit Tania, lui montrant le médaillon. En le voyant, l’homme blêmit, vacilla — Tania eut juste le temps de le soutenir. Puis il se ressaisit et voulut examiner le médaillon. — Tu sais qu’il s’ouvre, ce médaillon ? Tania lui répondit que non, il n’y avait aucune fermeture. Alors il lui montra le mécanisme secret : le médaillon s’ouvrait en deux. Dedans, une mèche de cheveux. — Ce sont les cheveux de mon fils, c’est moi qui les ai mis là. Tu es donc ma petite-fille ? Le destin ne nous a pas réunis pour rien ! — On fait quand même un test, pour que vous soyez sûr d’être mon grand-père ? — Pas besoin ! Tu es ma petite-fille, et c’est bien ton fils mon arrière-petit-fils. On n’en parle plus ! Tu ressembles à mon fils, je m’en rends compte maintenant. J’ai même une photo de ta mère. Tu veux voir tes parents ? Auteur : Sophie Caron