Il y a bien des années, alors que jétais encore lycéen, il mest arrivé dassister à une scène que je nai jamais pu oublier. Ce jour-là, dans une salle de classe du lycée Victor Hugo à Lyon, tout semblait ordinaire jusquà ce qu’une élève, prénommée Clémence, demande à sortir pour aller aux toilettes. Le professeur, Monsieur Lefèvre, refusa sèchement.
Clémence, polie et respectueuse, insista doucement, mais reçut la même réponse froide. Quelques minutes plus tard, elle expliqua que cétait urgent, mais lenseignant, visiblement irrité, maintenait son refus. Lorsquelle tenta à nouveau, expliquant timidement quelle venait de rencontrer un imprévu, le professeur répondit dun ton tranchant : « Non. »
Alors, Clémence se leva, rougissante, et toute la classe posa les yeux sur elle. Dune voix tremblante mais déterminée, elle déclara devant tout le monde : « J’ai mes règles et jai absolument besoin d’aller aux toilettes, cest sérieux. »
Un lourd silence sabattit, et après quelques secondes où tout le monde fixait la scène, lenseignant ordonna simplement à Clémence de se rassoir, ne lui donnant toujours pas la permission de partir. Latmosphère devenait pesante, lembarras palpable.
Cest alors quÉtienne, un garçon à lallure sportive dont la réputation sur le terrain de football nétait plus à faire, se leva dun seul coup. Il lança au professeur : « Vous avez une femme, Monsieur ? Vous avez grandi sans mère, sans sœur ? Quand une fille a ses règles, elle doit aller aux toilettes et rien ne len empêchera, quon le veuille ou non. »
Avec assurance, il prit Clémence par la main et la conduisit hors de la classe vers les sanitaires. Lorsquils revinrent, le professeur, furieux, accusa Étienne davoir mal agi et le réprimanda devant toute la classe.
Je noublierai jamais ce moment-là. Ce jour-là, jai vu quÉtienne avait fait preuve de plus de sagesse et de compassion que celui qui devait nous enseigner les valeurs humaines.






