Je m’appelle Élodie, je suis marié et j’ai une fille adorable. Un après-midi d’automne, alors que je me promenais avec ma petite au Jardin du Luxembourg à Paris, j’ai reçu un appel important d’un ami, ce qui m’a distrait un instant de ma fille. Dans ce court laps de temps, ma fillette s’est approchée trop près d’un bassin et est tombée dans l’eau froide. Pris de panique, je me suis précipité vers elle, mais avant même d’atteindre le bord, une femme sans-abri assise sur un banc tout proche a plongé avec courage pour secourir mon enfant. J’étais submergé de reconnaissance, incapable de trouver les mots pour la remercier comme il se doit. Je l’ai convaincue de rentrer avec nous et elle s’est présentée sous le nom de Bérénice. Toute ma vie, je lui en serai redevable pour avoir sauvé ma fille.
De retour à la maison, je lui ai préparé une tasse de thé et lui ai proposé des vêtements propres afin quelle puisse se changer. Cest à ce moment-là quelle ma raconté son histoire bouleversante. Jadis, elle avait une fille en qui elle avait placé toute sa confiance. Toutes deux avaient acheté deux appartements ensemble, un pour Bérénice et l’autre pour la jeune famille de sa fille, ici à Paris. Mais sa fille la trahie cruellement, sest enfuie avec son mari en emportant tout leur argent et la abandonnée sans rien, livrée à la rue et à la précarité. Aujourd’hui, elle survivait en ramassant des bouteilles autour du square, près dune bouche de chaleur dans le parc. Son récit ma profondément ému et chagriné.
Je ne parvenais pas à concevoir qu’une fille puisse ainsi traiter sa propre mère. Lidée que Bérénice dorme dehors me bouleversait. Je lui ai donc proposé de rester chez nous quelque temps. Lorsque mon mari est rentré, je lui ai raconté ce qui sétait passé. Il ma réprimandé de mêtre laissée distraire, mais il a aussi exprimé une immense gratitude envers la femme qui avait sauvé sa fille. Lui aussi la invitée à loger chez nous, mais Bérénice, par discrétion, refusait de nous déranger. Nous l’avons alors aidée à trouver un emploi et une très jolie place dans une maison de retraite du quartier. Nous allons la voir régulièrement et elle semble satisfaite et épanouie. Désormais, notre fille bénéficie de laffection dune véritable grand-mère, et nous sommes sincèrement reconnaissants de pouvoir venir en aide à celle qui a sauvé la vie de notre enfant.







