Nora doit se réveiller deux heures plus tôt et se coucher deux heures plus tard que sa « belle-mère »

Il y a bien longtemps, à la veille des grandes vacances, mon mari Paul ma proposé que nous passions lété chez ses parents, dans leur maison de campagne près de Fontainebleau. Nous avons deux enfants : notre fils Mathieu, âgé de neuf ans, qui ne pense quaux jeux pendant les congés, et notre petite fille, Églantine, âgée de sept mois, pour qui lair pur de la campagne semblait bien meilleur que la chaleur étouffante de Paris. Mon époux ma assurée que ses parents, Luc et Marguerite, seraient ravis de profiter de leurs petits-enfants. Ils comprenaient, disait-il, combien la vie avec de jeunes enfants exige patience et énergie, alors ils ne nous imposeraient rien dexcessif.

Jai cru quil sagissait dune belle occasion pour tous de sévader et de savourer lété. Avec le recul, hélas, je me rends compte à quel point jai eu tort…

Très vite, Paul et son père ont manifesté peu denthousiasme pour la vie rurale. Ils sont rapidement repartis en ville pour leur travail, ne revenant au domaine familial que les fins de semaine, attendant que la table soit dressée, la maison rangée, et que tout soit prêt pour leur repos dominical. Durant la semaine, je me retrouvais seule avec les enfants et ma belle-mère.

Mathieu navait besoin que de quelques instants pour mettre sens dessus dessous la petite maison, ce qui mobligeait à le surveiller constamment. Églantine, encore si jeune, réclamait toute mon attention, entre les soins, les repas et le sommeil, dont j’avais grand besoin pour continuer à lallaiter. Jétais chamboulée par le rythme, épuisée, bien loin de lidée que je me faisais dun été serein au vert.

Marguerite et moi avons rapidement établi notre rythme : elle se consacrait à son potager et ses serres, tandis que je restais dans la maison pour préparer les repas. Nous avons convenu de faire la garde des enfants à tour de rôle. Les nuits de tétée rendaient mes soirées courtes, et je m’endormais vers vingt-et-une heures, alors que Marguerite travaillait encore dans le jardin. Chaque soir, après avoir couché Mathieu et Églantine, je lui demandais si elle avait besoin daide, mais elle refusait systématiquement.

Je pensais que notre entente fonctionnait paisiblement, que la cohabitation à la campagne nous rapprochait.

Mais le temps ma donné tort. Un samedi, Paul ma prise à part : sa mère était fâchée contre moi. Marguerite trouvait injuste de travailler ainsi au jardin sans mon soutien, et je dormais trop. Selon Marguerite, la belle-fille devait toujours se lever avant et se coucher après sa belle-mère, au moins deux heures de différence. Mon manque dattention à remettre les lits des enfants après leur sieste aussi lexaspérait ; c’était absolument contraire à ses principes dordre et dhygiène.

Je nai jamais prétendu être la ménagère idéale, mais il ma semblé injuste de devoir mépuiser dans le potager uniquement pour satisfaire les attentes de ma belle-mère. En repensant à cet été, je comprends à quel point nos différences de générations et de coutumes nous ont éloignées, malgré mes meilleurs efforts.

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Nora doit se réveiller deux heures plus tôt et se coucher deux heures plus tard que sa « belle-mère »
J’ai envoyé Mikhail vivre chez sa maman chérie