« Surtout, ne viens pas à mon mariage. Il n’y aura là que des gens fortunés », a dit la fille à son père.

Lhomme élève seul sa fille, Adèle. Son unique préoccupation est quelle devienne quelquun de vraiment respectable. Il ne compte pas ses efforts ni ses euros, travaillant dur pour offrir à sa fille tout ce dont elle a besoin. La vie dAdèle na jamais été facile, car elle a perdu sa mère très jeune.

Adèle souffre de sa situation. Les autres enfants à lécole la taquinent souvent, la poussant parfois à pleurer et à sinquiéter. Son père la rassure sans cesse, lui répétant que la vie réserve parfois des surprises inattendues. Il aime sa fille de tout son cœur et le lui prouve particulièrement lors de ces moments difficiles.

La fête préférée dAdèle est larrivée de la Saint-Sylvestre. Elle attend cette soirée avec impatience, persuadée que tous ses vœux pourraient se réaliser. Lécole organise chaque année une distribution de cadeaux pour les élèves, qui portent alors de magnifiques costumes pour la fête. Le père dAdèle connaît souvent des difficultés financières, mais fait de son mieux pour que sa fille soit élégante ce jour-là. Un Noël, il lui offre une robe si belle que toute la classe ladmire : Adèle devient la vedette et remercie son père sans cesse, folle de joie.

Avec le temps, Adèle grandit. Après le lycée, elle part à Paris pour étudier à luniversité. Tout se déroule parfaitement pour elle, comme elle la toujours imaginé : Adèle est brillante et déterminée. Toutefois, la vie parisienne la transforme. Elle développe un goût prononcé pour largent et devient peu à peu calculatrice. Elle fréquente des hommes qui nhésitent pas à lui offrir des cadeaux coûteux et à lemmener dans les restaurants chics.

Lorsque Adèle tombe enceinte, elle prépare son mariage. Elle est comblée, car son futur mari est très riche. Pourtant, elle ne pense même pas à inviter son père ou sa famille à la cérémonie. Elle leur envoie un simple message pour les prévenir de ne pas venir, expliquant que la fête ne réunira que des gens fortunés, et que son père ne serait pas à sa place parmi eux.

Ce geste bouleverse profondément le père dAdèle. Durant toutes ces années, il a donné tout ce quil avait pour elle, la accompagnée et soutenue. Méritait-il vraiment ce traitement ? Après réflexion, il décide tout de même de se rendre à Paris.

Au moment de féliciter les invités, le père sapproche dAdèle. Il lui tend un petit bouquet, lembrasse et lui souhaite du bonheur avant de partir discrètement. Adèle reste figée par lémotion et, bouleversée, sen veut amèrement pour son comportement. Comment a-t-elle pu agir ainsi envers la personne qui lui est le plus chère ?

Elle court rattraper son père. En larmes, elle lui demande pardon, lui promettant de ne jamais refaire une chose aussi cruelle.

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« Surtout, ne viens pas à mon mariage. Il n’y aura là que des gens fortunés », a dit la fille à son père.
— À cause de ton histoire d’amour, tu t’es fait renvoyer de la fac ! Nous t’avons envoyé étudier, pas te marier ! Comme si on avait besoin d’une fille de la campagne dans la famille ! s’emportait le père. Pour freiner la passion de leur fils, ils ont choisi la séparation : à la demande de son père, Victor est parti faire son service militaire. Véronique, de son côté, rangeait la maison. En fouillant les placards, elle tomba sur une boîte pleine de lettres de Victor, oubliée depuis des années. Laissant tomber le ménage, elle se replongea dans leur correspondance… À Paris, Victor, citadin, rencontre Véronique, venue de province, à Polytechnique. Elle l’attire instantanément, et leur histoire débute. Mais Victor délaisse ses études, rattrapé par la passion, et finit par être exclu de la fac — décision qu’il assume, décidé à travailler et à épouser sa bien-aimée. Mais à l’annonce de ses projets, la réaction de ses parents est hostile. Ils rêvaient de le marier à la fille de leurs amis, pas à une provinciale. Devant leur intransigeance, ils choisissent de l’éloigner : Victor s’engage dans l’armée sur demande de son père. Privée de Victor, Véronique n’a plus que ses lettres pour se consoler. Jusqu’au jour où, brutalement, celles-ci s’arrêtent. Ce silence la ronge — sans savoir que leur ami commun, Alexandre, amoureux d’elle, a tout saboté, écrivant à Victor que Véronique est désormais avec lui… Peu à peu, Véronique se laisse séduire par la gentillesse d’Alexandre et accepte sa demande en mariage, mais son cœur n’oublie rien. Victor, de son côté, reçoit la nouvelle de ce mariage — et la vie les éloigne. Les années passent : mariages sans amour, enfants, routine, puis séparations. Trente-cinq ans après, libérée de son union, Véronique retrouve les lettres de Victor. Bouleversée, elle lui écrit, renouant un fil rompu depuis trop longtemps. À sa surprise, Victor répond — il n’a jamais cessé de penser à elle. Leur rencontre, dans un petit café parisien, réouvre toutes les blessures, mais aussi la possibilité d’un bonheur retrouvé. Désormais unis, Victor et Véronique savourent chaque jour ensemble, convaincus que le véritable amour ne s’éteint jamais, quoi qu’il arrive.