Je naurais jamais cru que cela pourrait marriver. Hier, mon mari a été pris dune colère noire, terrifiante et inattendue.
Cest dordinaire un homme posé, ce qui rend ses explosions dhier soir dautant plus incompréhensibles. Jamais il na juré devant moi, et pourtant, cette fois-ci
Jai toujours pensé avoir de la chance dêtre mariée à un homme calme. Cela ne fait que deux mois que nous sommes mariés. Mais avant cela, nous étions ensemble pendant trois ans, tout avait lair de danser harmonieusement. Il mavait toujours entourée dattention, jamais de paroles dures ni de cris. On ne sétait presque jamais disputés.
Mais cela a basculé hier.
Il a toujours aimé mes cheveux, longs comme les rivières, il disait quils le fascinaient. Mais hier, en découvrant une mèche de mes cheveux abandonnée sur le canapé, cest une tempête qui sest déchaînée dans le salon. Je nen revenais pas.
Il sest mis à hurler, maccusant dêtre sale, que je ne pouvais même pas nettoyer après moi-même ! Il répétait que « chaque femme perd ses cheveux », comme une malédiction dans la maison.
Puis, il a commencé à me reprocher que je ne faisais rien de mes journées, que je ne savais même pas prendre soin de mon espace pendant que lui travaille dur à son cabinet davocat !
Si je revois encore ça une seule fois, tu prends la porte et le divorce sera prononcé ! ma-t-il lancé dun ton glacial.
Jétais sidéréeje me voyais déjà mère de ses enfants, vieillissant ensemble dans une petite maison près de Lyon, et il me parlait de tout quitter pour quelques cheveux perdus. Jai éclaté en sanglots, réalisant que cétait la première fois quil marrachait des larmes. Deux mois seulement Et maintenant, le temps semble se plier bizarrement, comme dans les rêves où lon ne sait plus qui lon est ou où lon va. Je ne peux pas partir, ai-je pensé… mais je ne peux pas rester non plus
À présent, il refuse de madresser la parole. Jai peur de lui dire le moindre motil paraît si furieux que je mimagine recevoir une gifle disproportionnée. Est-ce normal davoir peur de celui que lon appelle « mon mari » ?
La peur me tenaille même à lidée de me sécher les cheveux. Je rentre chez nous en tremblant, mattendant à trouver, posée devant la porte, une vieille valise en cuir avec mes robes et mes souvenirs bien pliés.
Que dois-je faire ?







