Louis sinstalle sur le rebord de la fenêtre et contemple la rue de Paris. Il attend son papa. Cela fait déjà deux ans que sa maman est partie. Elle sest construit une nouvelle vie, » avait dit son père, le regard triste. Pourquoi avait-elle abandonné son fils ? Qui pourrait le dire ? Louis nen a jamais vraiment compris la raison. Petit à petit, il commence à loublier.
Son père fait tout pour lui. Après tout, Louis a déjà dix ans. Il est grand et il n’y a rien à lui cacher. Cest inutile, de toute façon. Il a appris à faire la vaisselle et à ranger ses affaires. Il ne joue plus aux figurines. Il ressemble presque à un adulte. Mais la solitude lui pèse. Il regrette son chien, sur lequel son père a toujours dit non.
« Comment veux-tu quon sen occupe ? Je travaille tout le temps, tu vas à lécole, tu es encore trop jeune, » disait son père.
Finalement, son père ramène à la maison, non pas un chien, mais une femme. Elle sappelle Maëlle. Elle commence à vivre avec eux. Louis évite toute conversation avec elle. Pour lui, elle est de trop. Mais son père lappelle sa femme et souhaite que son fils ait une mère.
« Je nen veux pas ! » réplique Louis, sans détour. Il retourne à sa place près de la fenêtre. Ainsi la vie continue. Louis observe comme son père semble heureux avec Maëlle. Ils sont polis lun envers lautre, rient, se prennent dans les bras. Mais le garçon reste furieux.
« Papa, je veux quelle parte. »
« Louis, ce nest pas possible. Cest difficile de vivre sans une femme une épouse, une maman, » explique son père.
Les beaux jours arrivent. Louis court dans la cour avec les garçons du quartier. Ses nouveaux camarades lui racontent que son père et sa nouvelle mère vont sûrement le placer à lorphelinat.
Louis tremble. Pourquoi ne le feraient-ils pas ? Ils pourraient avoir leur propre bébé, et lui, il ne serait quun obstacle. Il décide alors de sy préparer bien à lavance.
Un soir, il entend des bribes de conversation : « Il serait mieux là-bas, on devrait ly envoyer. »
Cen est trop pour Louis. Toute la nuit, il ne trouve pas le sommeil. Au matin, il se résout à se débarrasser de Maëlle, qui, à ses yeux, ne fait quempirer la situation. Il lui fait des petites misères : sale son thé, allume la plaque sous une poêle vide. Il se montre odieux. Maëlle a vite compris doù venait le problème. Elle invite Louis à discuter.
« Louis, il faut que nous parlions. Tu es en colère. »
« Je ne suis pas fâché, » essaie-t-il de mentir.
« Louis, je ne veux ni te faire de mal, ni te blesser, mon chéri »
« Je ne suis pas ton chéri ! »
Maëlle sourit doucement : « Nous avons loué une maison à la campagne pour cet été. Cétait notre surprise, mais il faut être honnête. Ton père a trouvé un chien, et nous allons le chercher aujourdhui. Tu peux venir avec nous. »
« Tu plaisantes ? » dit Louis, surpris, prêt à la croire. Il se précipite alors dans ses bras, la serrant fort contre lui.
Maëlle a les larmes aux yeux : « Tu peux être heureux maintenant, tout ira bien, inutile de pleurer, » murmure-t-elle en caressant ses cheveux.
Quand son père rentre du travail, ils partent ensemble chercher le chiot. Louis a oublié sa colère et ne voit plus Maëlle comme une ennemie. Ils se réconcilient. Le chien sendort dans les bras de Louis. Tout le monde respire la joie.







