Mes parents ne m’ont jamais vraiment considéré comme leur enfant, car je passais la plupart de mon temps avec ma grand-mère. Et aujourd’hui, je ne peux même pas profiter d’une seule journée avec mes propres petits-enfants.

Jai toujours eu limpression que mes parents mont traitée avec une pointe dinjustice. Reprenons depuis le début : toute mon enfance sest déroulée sous lœil bienveillant de ma grand-mère, pendant que mes parents trimaient dur pour faire bouillir la marmite. Jai des souvenirs de moi en pyjama, larguée chez Mamie pendant que mes parents filaient à leurs obligations. Il faut être honnête, cest Mamie qui ma élevée et, croyez-le ou non, je lui voue une reconnaissance éternelle.

Aujourdhui, jai à mon tour deux filles, Camille et Manon. Mon mari et moi cumulons deux boulots chacun pour tenter déconomiser suffisamment afin davoir enfin notre propre appartement (louer à Paris, cest une aventure digne dun roman!). Les débuts ont été franchement rocknroll ; tout était compliqué, fatiguant, et il fallait jongler sans filet. Heureusement, mes parents sont venus à la rescousse : ils déposaient les enfants à la maternelle, les récupéraient, les emmenaient à des activités plus ou moins artistiques et passaient du temps avec elles bref, ils nous facilitaient drôlement la vie pendant que nous, on courait dans tous les sens.

Pour résumer, ils étaient devenus la vraie béquille de notre organisation chaotique, pendant quon accumulait les heures sup. Mais, un beau matin, ma mère débarque, lair mystérieux, et mannonce quils ont décidé de déménager à la campagne et de louer leur appartement parisien. Le village en question est à des kilomètres du périph, et là, panique à bord ! « Maman, sil te plaît, tu ne veux pas attendre encore juste quelques mois? On a presque de quoi soffrir notre nid à nous Si tu pars maintenant, je vais devoir lâcher mon boulot, et adieu lappart avant la Saint-Glinglin ! » ai-je supplié, la voix tremblotante.

La réponse de ma mère fut un uppercut en pleine figure. « Ma chérie, on ne reste pas ici pour toi, tu sais ! On veut partir, et on va le faire. Il va falloir apprendre à gérer tes enfants toute seule. Tu comptes toujours sur les autres. On ne te doit rien. » Javoue, je ne mattendais pas à autant de franchise. Jétais piquée au vif, un peu vexée, mais jai serré les dents. Honnêtement, je ne pensais pas que quelques mois de plus allaient bouleverser leur vie à ce point, alors jai lâché laffaire. Évidemment, jai bien compris le message ils navaient tout simplement plus envie de passer du temps avec mes filles, et il nétait pas question de les obliger. Avec mon mari, on commence à être habitués à grimper les montagnes à mains nues et à se débrouiller comme des grands. Voilà, la France, ce nest pas toujours la Comédie Française !

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Mes parents ne m’ont jamais vraiment considéré comme leur enfant, car je passais la plupart de mon temps avec ma grand-mère. Et aujourd’hui, je ne peux même pas profiter d’une seule journée avec mes propres petits-enfants.
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