J’ai découvert par hasard que les parents de mon mari ne me perçoivent que comme un moyen d’avoir des petits-enfants.

Avant dépouser mon mari, François, jentretenais une relation plutôt cordiale avec ses parents. Disons que ce nétait pas Versailles, mais ça restait chaleureux. Puisque François vivait encore chez eux à lépoque, je me retrouvais souvent en grande discussion avec sa mère et son père lors de mes passages. On avait nos petites divergences, comme sur le choix du programme télé, mais jai toujours préféré esquiver les orages en prenant le parti de ma belle-mère. Tout roulait jusquau jour fatidique de notre mariage.

Après la fête, on sest retrouvés chez mes beaux-parents, où jai été littéralement assaillie de plats, les yeux exorbités de ma belle-mère me suppliant davaler « juste un petit peu plus, tu verras, cest meilleur pour la santé ! ». Au début, jai pris ça comme une blague bien française, mais le refrain sest vite transformé en disque rayé à volume croissant. Un mois plus tard, ma belle-mère a lancé, toute guillerette, que javais pris du poids alors que, parole de Parisienne, pas un gramme au compteur ! Quelques semaines plus tard, grand bonheur : je découvre que je suis enceinte. Enfourant une baguette de joie, jannonce à François que je veux garder la surprise pour mes parents encore un moment. Entre-temps, nous avons emménagé dans notre nouveau deux-pièces.

À mesure que le bébé se manifestait, la famille de François se mettait à défiler chez nous comme à la Gare Saint-Lazare, lançant des regards inquiets sur ma mine « fatiguée ». Jai commencé à douter de la discrétion de mon mari Jétais persuadée que François avait vendu la mèche, mais il jurait que ses parents ne faisaient que veiller à la santé de leur chère belle-fille, rien que de très classique chez les Dupond ! Mais lorsque la nouvelle est enfin sortie, ma vie a pris un tour digne des pages people de Gala.

Le beau-père sest alors mis à me harceler façon chef étoilé : « Tu devrais manger un peu plus, vraiment, ce nest pas le moment de faire régime », insistant au passage pour que je largue mon job afin de « ménager mes forces ». Quant à ma belle-mère, elle avait soudainement des mains baladeuses, caressant mon ventre en répétant que « le bide sarrondit bien, hein ! ». Les visites se sont faites plus fréquentes quun bus dans le Marais, avec en bonus un feu nourri de questions sur mon état. Peu à peu, jai compris quà leurs yeux je nétais plus quune couveuse bien polie, assignée à résidence pour produire LE petit-fils tant attendu. Mon existence, mes désirs, plus personne ne savait quils existaient. Jai alors réalisé quils complotaient pour me faire grossir depuis notre première rencontre.

Jai tout avoué à François, espérant un peu de soutien marital. Manque de bol : il a balayé mes inquiétudes dun revers de la main, comme des miettes de croissant sur la table. Me sentant aussi seule quun touriste sans guide à Montmartre, jai opté pour lopération « Reprenons nos vies en main ». Cette nuit-là, jai plié bagages, demandé à François de changer la serrure on nest jamais assez prudents ! et jai réservé nos billets pour de vraies vacances. Dès le lendemain, cap sur la liberté et, surtout, un peu de paix en espérant retrouver mon souffle loin du clan familial !

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J’ai découvert par hasard que les parents de mon mari ne me perçoivent que comme un moyen d’avoir des petits-enfants.
« Surtout, ne viens pas à mon mariage. Il n’y aura là que des gens fortunés », a dit la fille à son père.