21 avril
Aujourdhui, jai repensé à ce qui sest passé dans ma famille lannée dernière. Ma mère, Françoise, ma demandé de lui ramener un notaire à la maison. Elle voulait rédiger son testament. Françoise ma dit que lhéritage me reviendrait, car ma petite sœur ne soccupait pas delle. Elle ma conseillé de la laisser faire sa propre vie.
Françoise a eu deux filles. Toute sa vie, elle a voulu le meilleur pour nous deux, de la nourriture aux vêtements. Laînée, moi je mappelle Aurélie je suis mariée et jhabite avec mon époux dans un appartement en location à Lyon. Ma petite sœur, Chantal, vivait avec maman à Paris. Chantal venait de finir ses études à la Sorbonne. Elle avait rencontré un garçon qui, très vite, lui a proposé de se marier. Ils ont emménagé ensemble chez ma mère à Paris. Lappartement était assez grand pour tout le monde, donc ils ne cherchaient pas à déménager tout de suite. De mon côté, je ne demandais rien. Avec mon mari et notre fils de six ans, nous menions une vie modeste dans notre deux-pièces loué.
Un jour, Chantal ma téléphoné complètement paniquée. Françoise était tombée gravement malade; elle avait été transportée à lhôpital en urgence par les pompiers. Jai rassemblé mes affaires et je suis montée à Paris pour voir maman.
Là, jai appris la terrible nouvelle : il ny avait aucun espoir. Elle était malade depuis longtemps sans que personne ne le remarque vraiment, mais désormais, la maladie ne lui laissait aucun répit. Son seul besoin était des soins quotidiens. Personne ne sétait soucié du diagnostic. Finalement, on la ramenée chez elle. Au début, Chantal sest occupée de maman avec beaucoup de sérieux. Mais au bout dun mois, cela la lassée. Elle ma appelée pour que je prenne le relais, prétextant quelle nen pouvait plus.
Chantal ma proposé un arrangement : elle irait habiter temporairement dans mon appartement loué à Lyon, tandis que mon mari, mon fils et moi viendrions vivre chez maman pour nous occuper delle. Jai accepté.
Jai dabord posé des jours de congé, puis jai pris un congé sans solde. Mes collègues ont été très compréhensifs. Qui na pas connu pareille situation dans sa vie ?
Un matin, maman ma encore demandé de faire venir un notaire. Elle voulait finaliser son testament. Françoise ma affirmé que tout me reviendrait. Chantal ne sétait pas occupée delle, disait-elle. Il valait mieux la laisser poursuivre sa vie de son côté.
À la mort de maman, Chantal est revenue au bout de quelques jours. Immédiatement, elle a exigé de récupérer lappartement familial. Elle sestimait la seule héritière légitime du logement parisien. Je lui ai alors parlé du testament : cétait le souhait de notre mère, et je nentendais rien changer. Depuis, un grand froid sest installé. On ne se parle plus du tout. Chantal ne cesse de colporter partout que je suis égoïste, que je lui ai volé sa maison mais elle oublie de raconter quelle na pas voulu soigner maman quand elle en avait le plus besoin.
Désormais, jessaie de ne plus prêter attention à ce que raconte Chantal. Cette histoire ma appris, douloureusement, quil arrive parfois que la famille, lorsquelle est confrontée à des choix difficiles, révèle le vrai visage de chacun. Jai appris à faire confiance à mes propres valeurs, et à me tenir droit face aux jugements des autres.






