Tu sais, jai 58 ans aujourdhui et il y a peu jai pris une décision qui ma coûté bien plus cher que ce que la plupart des gens peuvent imaginer : jai arrêté daider financièrement ma fille, Camille. Pas parce que je laime moins, ni parce que je serais devenue radine ou quoi que ce soit de ce genre.
Camille sest mariée avec un homme, Jérôme, qui na, dès le début, jamais vraiment apprécié le travail. Au bout de deux-trois mois à chaque nouvel emploi, il trouvait toujours une excuse pour arrêter le patron, les horaires, le salaire, lambiance… Il y avait sans cesse un truc qui clochait pour lui.
Camille, elle, travaillait, bien sûr, mais largent ne suffisait jamais à boucler les fins de mois. Et, chaque mois, comme une routine, Jérôme débarquait à la maison pour me refaire le même refrain : loyer, courses, dettes, cantine pour les enfants… Bref, je finissais systématiquement par dépanner.
Au début, je me disais que cétait une mauvaise passe, quil allait se ressaisir tu vois, prendre ses responsabilités, assumer, enfin devenir un homme sur qui on peut compter. Mais les années sont passées et rien na changé.
Jérôme passait ses journées à la maison, à dormir jusque tard, à sortir boire un verre avec ses copains, et revenait en me jurant quil était sur le point de trouver quelque chose. Mais, soyons honnêtes : ce que je donnais à Camille servait souvent à couvrir les dépenses dont il aurait dû soccuper… et même, parfois, à payer pour ses tournées de bière.
Il na jamais vraiment cherché un travail, parce quil savait que, quoi quil arrive, je serais toujours là pour combler le manque. Et Camille, au lieu de lui demander de se bouger, trouvait plus simple de venir vers moi cétait plus facile que daller au conflit, tu vois
Résultat : je me retrouvais à payer des factures qui nétaient pas les miennes, à porter le poids dun couple qui nétait même pas le mien. Mais le jour où jai décidé que ça suffisait, cest quand Camille ma demandé de largent « en urgence » et, sans faire attention, a glissé que cétait pour rembourser une dette que Jérôme avait contractée en jouant au billard, encore une fois, avec ses amis.
Je lui ai demandé :
Mais pourquoi Jérôme ne travaille-t-il pas ?
Elle ma répondu :
Je nai pas envie de lui mettre la pression.
Là, jai été claire :
Je continuerai à être là pour toi, pour les enfants, toujours ; je te soutiendrai du mieux que je peux. Mais plus question de donner un seul euro tant que tu resteras avec un homme qui refuse dassumer et de participer.
Elle a pleuré, elle sest énervée, elle ma reproché de labandonner
Je peux te dire que cest lun des moments les plus durs que jaie vécu en tant que maman. Vraiment. Mais alors, est-ce que tu crois que jai eu tort ?







