Voilà déjà trois mois qu’elle vivait sans mari… Après avoir surpris, lors du dîner de Noël de l’entr…

Ça fait déjà trois mois quelle vit sans homme Tu te rappelles, au réveillon du Nouvel An de son boulot, dans le couloir du restaurant, elle a surpris son mari, Michel, en train de prendre dans ses bras la jeune collègue du service RH. Là, elle sest dit que plus jamais elle ne partagerait le même toit avec lui.

Élodie était en train de nettoyer la fenêtre tout en observant la cour en bas. Sur laire de jeux, sa petite fille, cinq ans à peine, samusait avec ses copines.

Les enfants criaient et couraient partout, le rire résonnait, alors quÉlodie, elle, avait le cœur en miettes.

Trois mois sans Michel, donc.

Avant, elle refusait découter les petites rumeurs sur linfidélité de son mari. Mais là, quand elle la vu elle-même enlacer une autre dans la pénombre, la soirée sest éteinte dun coup, et sa vie avec.

Élodie est rentrée seule, à travers les rues calmes de Lyon, dans la nuit froide après cette soirée qui avait tout bouleversé.

Ça faisait dix ans quils étaient mariés. Leur mariage, cétait juste à la sortie de luniversité. Les parents tout contents : Bon, vous avez vos diplômes, il est temps de fonder une famille !

Tout semblait bien rouler. Chacun a trouvé un boulot correct, et grâce aux parents, ils ont pu acheter un appart. Leur fille est née peu après.

Le truc, cest que, peut-être, de sêtre installés ensemble dès la résidence universitaire ça faisait déjà deux ans avant le mariage ou alors, cest juste que les sentiments ont changé. Mais ces dernières années, Michel sest sérieusement refroidi. Élodie le sentait, elle mettait ça sur le compte de son boulot, lambition, la fatigue. Elle se rassurait comme ça, et se renfermait, aussi Il ne sintéressait plus vraiment à sa vie, ses journées, il se plaignait juste de toujours être épuisé.

Après la scène du Nouvel An, Michel est parti, ne voulait plus entendre les reproches, ni voir Élodie en larmes.

Il nétait pas du genre à supporter ça. Pour Élodie, le monde sest effondré. Elle qui était confiante en son couple, elle a compris quelle sétait inventé des histoires, sur lamour éternel, la fidélité, le devoir.

Quand son mari est parti et daprès ce quon lui a raconté, il sest installé direct chez la petite jeune Élodie avait limpression de redevenir une enfant perdue, obligée de réapprendre à vivre toute seule, dans ce monde soudain si gris.

Elle découvrait comment ne pas haïr, comment comprendre, comment sadapter. Pardonner à Michel ? Impossible. Et puis, il navait même pas cherché à se faire pardonner.

Ce qui la blessait le plus, cétait toutes ces années à deux, et au final, il ne reste rien

Elle ne comprenait pas comment on pouvait faire ça. Ses parents faisaient de leur mieux pour la consoler, même sa belle-mère sexcusait pour son fils. Mais rien ny faisait.

Jsuis trop comme ça, moi, je crois trop longtemps en les gens pensait Élodie.

Le temps passait, Michel ne montrait aucun signe de retour.

Au début, Élodie attendait désespérément des excuses, des regrets. Elle y croyait presque.

Mais personne ne sonnait à sa porte. Et elle a compris, plus tard, que même si Michel se pointait avec des excuses, elle ne pourrait jamais recommencer comme avant. Ce nest plus pareil. Tout sest brisé, irréversiblement.

Avec le printemps qui arrivait, le soleil traversait les vitres quelle venait de finir de laver, la brise faisait voler les rideaux, on entendait les moineaux piailler Élodie a soupiré et sest plantée devant le miroir.

Son reflet : fatiguée, les cheveux pas coiffés, le regard éteint, un vieux peignoir sur le dos Ça la réveillée.

Là, un besoin urgent de tout changer a surgi : sa coupe de cheveux, lappartement, les rideaux, la déco nimporte quoi pour ne plus avoir cette routine triste. Elle a posé le chiffon sur la table de la cuisine et a attrapé son téléphone.

Maman, jai envie de refaire la déco. Non, pas de gros travaux Je nai ni la force ni le budget pour ça ! Juste changer la tapisserie, prendre un nouveau lustre, repeindre le parquet, et du lino dans la cuisine. Tu peux me filer le numéro de léquipe qui a bossé chez la voisine cet automne ?

Une semaine plus tard, le chef de chantier est venu. Un gars dune quarantaine dannées, sympa, qui a passé l’appart en revue :

Y a pas tant de boulot, mais en ce moment, on est pris, cest booké pour des mois. Faut patienter, ça te va ?

Déçue, Élodie… Mais le chef a proposé :

Jai un jeune, il bosse le soir après son taf principal, et les week-ends, si ça te va.

Élodie a accepté, et ils ont fixé les prix ensemble, en euros bien sûr.

Du coup, Élodie sest investie à fond dans la rénovation de son chez-elle.

Le samedi suivant, elle a filé au magasin de bricolage et a pris tout ce quil fallait. Le jeune ouvrier est venu : Paul. Il a commencé dans la cuisine.

Il a déplacé les meubles délicatement, et dans la journée, le parquet était nickel.

Élodie était ravie, elle la félicité, et avec sa fille, Camille, elles ont nettoyé tout lévier ensemble.

Paul revenait tous les soirs. En quelques jours, il a refait toute lélectricité et suspendu le nouveau lustre.

Élodie lui servait du thé pendant quils discutaient de la suite des travaux. Il fallait sattaquer à la tapisserie. Pour ça, ils ont bougé les meubles.

Lappartement prenait un air neuf. Élodie le trouvait non seulement plus propre, mais aussi plus lumineux, chaleureux, spacieux.

Paul apportait toujours des chocolats pour le thé, et des petits gâteaux faits par sa mamie. Camille attendait la venue de Paul avec impatience, battant des mains chaque fois quil ramenait une surprise.

Élodie, pour rester polie, lui préparait le dîner.

À table, ils papotaient, riaient, et sont vite devenus amis. Un soir, Paul lui a demandé, tout doucement, son histoire de cœur. Il la trouvait touchante. Beaucoup.

Élodie a répondu simplement :

Mon mari est parti. Il est avec une autre.

Paul est resté silencieux une minute, puis il a dit, stupéfait :

On quitte une femme comme toi, vraiment ?

Élodie, dailleurs, sest surprise elle-même à la tranquillité de sa réponse avant, ça laurait faite pleurer. Mais là, elle regardait les yeux de Paul et elle comprenait tout.

Les travaux avançaient, et pour repeindre le parquet, Camille est partie chez sa grand-mère : lodeur était trop forte, on ne pouvait pas marcher.

Élodie allait aussi chez ses parents, en attendant que Paul termine la peinture.

À la fin, du chantier de Paul, ils sont sortis de l’immeuble pour se balader, histoire de souffler après le boulot.

Dans le parc, Paul a pris le bras dÉlodie, elle la laissé faire. Il commençait à faire sombre, mais aucun des deux navait envie de rentrer.

Comme des jeunes amoureux, ils se sont posés sur un banc et se sont embrassés longtemps, sans pouvoir se lâcher. Élodie a éclaté de rire tout à coup.

Pourquoi tu rigoles ? demande Paul.

Tu sais, normalement, pour un premier rendez-vous, les filles mettent un parfum français Et nous, on sent la peinture à trois kilomètres à la ronde !

Ils ont explosé de rire.

Une semaine plus tard, Élodie et Camille sont revenues à lappart. Elles ont marché sur ce beau plancher brillant et admiraient leur nouveau cocon.

Lambiance était joyeuse. Élodie avait préparé le repas, elle appelait Camille à table, et là, on sonne à la porte. Cétait Paul, les bras chargés dun bouquet et dune pâtisserie.

Voilà notre premier invité ! lance Élodie en invitant Paul. Grâce à toi, cest presque une crémaillère !

Et puis, jai oublié mon pantalon de travail ici, dit Paul.

Tes venu juste pour ça ? Élodie lui fait les yeux doux.

Pas seulement. Je voulais proposer de poursuivre les travaux. Mais cette fois, gratuitement.

Gratuitement, vraiment ? rigole Élodie.

Enfin non Paul regarde Camille et murmure : Je te dirai plus tard quelle récompense jaimerais vraiment avoir

Camille prend la main de Paul et lemmène dans sa chambre pour lui montrer ses jouets. Élodie sassied, la tête dans les mains. Elle ne sétait pas sentie aussi heureuse depuis longtemps.

Juste de sentir la présence dun homme qui laimait. Et puis, elle, elle avait limpression de tomber amoureuse

Puis, une nouvelle sonnerie à la porte.

Tiens, qui ça peut être ? pense Élodie. La voisine, sûrement, qui veut voir le résultat des travaux.

Sur le seuil, cétait Michel.

Toi ?! sétonne Élodie.

Je tombe mal ? Depuis une semaine, jessaie de passer. Je viens récupérer quelques affaires.

Taurais déjà tout dû prendre pour éviter de te gêner, répond Élodie.

Paul et Camille sortent de la chambre, main dans la main.

Cest qui lui ? lance Michel, les yeux ronds sur Paul. Eh ben, je vois que tas pas traîné. On ma dit que tu déprimais, mais visiblement tas vite trouvé quelquun.

Taurais pu dire bonjour à ta fille.

Michel embrasse Camille. Elle demande, candidement :

Tas ramené des cadeaux pour moi aussi ?

Michel hésite un peu puis dit :

Je ten offrirai un pour ton anniversaire Ce que tu veux !

Cest bientôt mon anniversaire ? demande Camille.

Non, pas encore, ma chérie. Encore six mois Va dans ta chambre. Je sors la valise à papa, dit Élodie.

Élodie sort la valise, la pose devant Michel. Pendant quelle nétait pas là, les deux hommes se toisent sans sourire.

Quand Michel est parti, Élodie sest assombrie, lambiance a changé. Paul est venu près delle, la prise dans ses bras, il demande :

Tu laimes encore ?

Non. Et franchement, sa visite ma mise mal à laise.

Tes mal à laise que je sois là ? redemande Paul.

Mais non, tes mon invité, tu sais bien.

Jaimerais ne plus être juste un invité, Élodie. Ni seulement ton bricoleur. Je veux être avec toi Tu comprends ? Épouse-moi.

Quoi Tu vas pas un peu vite ? Non, Paul On ne peut pas précipiter ça. Mes parents vont pas comprendre.

Alors promets-moi dy réfléchir. Je te presse pas. Je cherchais quelquun comme toi depuis longtemps. Et maintenant, je tai trouvée

Paul se lève, quitte lappart sans un mot, referme la porte tout doucement.

Cest sûr, je vais réfléchir, je vais réfléchir se dit Élodie, bercant Camille dans ses bras.

Elle dépose sa fille, et reste assise près du lit. Loin de penser à la visite de Michel, Élodie, les yeux fermés, voit le visage de Paul et lui répond en silence :

Oui, je vais y réfléchir. Mais ne te presse pas, mon cœurLe lendemain, la lumière dorée du matin sétalait sur le parquet neuf, et lodeur de café sélevait dans la cuisine. Élodie observait Camille qui dessinait au feutre sur la nappe en papier, concentrée, des bonhommes colorés qui lui ressemblaient, à elle, à Paul, à leur chat. Tout semblait clair, frais, comme si la fenêtre quon venait de laver ouvrait sur un avenir inédit.

Paul frappa timidement, cette fois sans bouquet, juste avec un sourire simple. Il dit bonjour, sinstalla près de Camille, demanda ce quelle dessinait, et la matinée se déroula comme si rien nétait cassé, nétait compliqué.

Leurs mains se croisèrent en rangeant les crayons, et Élodie sentit dans ce contact une tendresse douce, la promesse dune nouvelle page. Elle réalisa quelle navait plus peur de laprès, que le passé de Michel ne pesait plus, que ses parents sen remettraient, que Camille grandirait entourée damour.

Élodie leva les yeux vers Paul. Elle sourit enfin dun vrai sourirepas celui quon offre par politesse, mais celui qui vient du cœur, le premier depuis longtemps. Et dans ce regard partagé, tout était dit, rien nétait pressé, mais tout commençait.

Demain, peut-être, ils parleraient davenir. Ce matin-là, ils étaient juste ensemble, chez eux, avec le soleil qui dansait sur la nouvelle tapisserie, le rire de Camille qui rebondissait contre les murs. Comme une musique douce qui chassait lhiver, derrière la porte, la vie attendait, patiemment, que quelquun ose tourner la clé.

Élodie prit la main de Paul sous la table. Elle chuchota simplement : Reste. Et dans ce mot, il y avait la promesse de tout ce quelle espérait, tout ce quelle méritait. Enfin.

Rate article
Add a comment

;-) :| :x :twisted: :smile: :shock: :sad: :roll: :razz: :oops: :o :mrgreen: :lol: :idea: :grin: :evil: :cry: :cool: :arrow: :???: :?: :!:

17 + four =

Voilà déjà trois mois qu’elle vivait sans mari… Après avoir surpris, lors du dîner de Noël de l’entr…
À l’enterrement de son père, la petite fille murmura soudain qu’il était encore en vie : tous crurent qu’elle était sous le chagrin, jusqu’à ce qu’ils découvrent l’impensable…