Retour d’un dîner d’anniversaire : souvenirs d’une soirée mémorable dans un restaurant parisien et révélations inattendues

Retour dun dîner danniversaire : souvenirs dune soirée réussie
Hier soir, nous sommes rentrés du restaurant avec mon épouse, où nous venions de célébrer mon anniversaire. Cétait un agréable moment. Beaucoup de convives : de la famille, des collègues de travail. Margaux, ma femme, ne connaissait presque personne, mais si javais choisi dinviter certains, cétait que je le jugeais nécessaire.
Margaux nétait pas du genre à contester mes choix ; elle naimait ni les conflits ni les discussions inutiles. Pour elle, il était plus simple daccepter la situation que de débattre sans fin.
Margaux, tu peux trouver les clés de lappartement ? Elles sont dans ton sac ?
Elle fouilla dans son sac à main, tâtonnant. Brusquement, elle eut un mouvement de recul, son sac tomba à ses pieds.
Mais pourquoi tu cries comme ça ?
Je me suis piquée à quelque chose.
Ton sac est un vrai capharnaüm, alors rien détonnant
Elle ne discuta pas, ramassa le sac et finit par en sortir les clés avec précaution. Une fois rentrés dans lappartement, lincident était déjà oublié. Fatiguée, elle avait mal aux jambes, rêvait dune douche et de seffondrer sur le lit. Au matin, un vif élancement au doigt la réveilla. Il était rouge et gonflé. Lévénement de la veille lui revint en tête, elle ressortit le sac pour lexaminer. En fouillant prudemment, elle trouva au fond une vieille aiguille rouillée et tordue.
Mais quest-ce que ça peut bien être ?
Elle nen avait aucune idée. Elle jeta laiguille aussitôt à la poubelle, soigna la plaie avec un désinfectant puis partit au travail. Mais dès la pause de midi, la fièvre la gagna.
Elle mappela à mon bureau :
Julien, je ne sais pas quoi faire, ça ne va vraiment pas. Jai de la fièvre, la tête lourde et des courbatures. En plus, ce matin jai retrouvé une grosse aiguille rouillée dans mon sac ; cest avec ça que je me suis piquée hier soir.
Il vaudrait mieux que tu consultes, Margaux. On ne sait jamais avec une blessure comme ça, ça peut vite tourner à la septicémie.
Ne tinquiète pas, jai désinfecté, ça ira.
Mais létat de Margaux empirait dheure en heure. Elle prit sur elle jusquà la fin de la journée puis appela un taxi pour rentrer : impossible de supporter le métro. À la maison, elle sécroula sur le canapé et sombra dans un sommeil agité.
Elle rêva de sa grand-mère Adélaïde, décédée quand Margaux était enfant. Comment savait-elle que cétait elle ? Elle le savait, cest tout. La vieille femme fragile, dos voûté, aurait pu faire peur, mais Margaux sentit quelle voulait laider.
Sa grand-mère laccompagna dans une prairie, lui désigna des plantes, expliqua comment en préparer une infusion, disant quil fallait boire la décoction pour chasser lobscurité qui la rongeait. Elle lui conseilla de rester en vie, dêtre vigilante, car quelquun lui voulait du mal. Margaux navait plus beaucoup de temps.
Elle se réveilla trempée de sueur froide. Elle eut le sentiment davoir dormi longtemps, mais seules quelques minutes sétaient écoulées. Jentrai, ayant entendu la porte de lentrée claquer. En la voyant, je crus voir un fantôme :
Mais Margaux, tu as vu ta tête dans la glace ?
Elle sapprocha du miroir. La veille encore, elle était pleine dallant, souriante. Mais là cheveux en désordre, cernes noirs, teint gris, regard vide.
Mais quest-ce que cela veut dire ?
Elle évoqua son rêve avec moi :
Jai vu Grand-Mère Adélaïde. Elle ma dit ce que je devais faire
Margaux, viens, on file à lhôpital !
Non, elle a dit que les médecins ne maideraient pas.
Le ton monta. Énervé, je lui dis quelle déraillait, que ce nétaient que des cauchemars.
Nous nous disputâmes, la tension monta dun cran. Je tentai avec force de lemmener. Elle se déroba, mais sécroula contre un meuble. Excédé, je pris mon manteau, claquai la porte. Elle eut tout juste la force denvoyer un message à son supérieur pour signaler quun virus la clouait chez elle.
Je suis rentré proche de minuit, confus et coupable. Margaux neut quun mot :
Demain, conduis-moi au village de ma grand-mère.
Le matin, létat de Margaux était alarmant. Jinsistai à nouveau pour lemmener à lhôpital :
Margaux, réfléchis, cest sérieux. Je ne veux pas te perdre.
Mais elle tint bon, et nous prîmes la route pour la campagne. Elle ne se souvenait que du nom du village, ny étant plus allée depuis la vente de la maison familiale. Tout le trajet, elle dormit. Près du village, elle se réveilla juste pour mindiquer un champ.
À peine descendue de voiture, elle sécroula, épuisée, mais elle savait : cétait exactement ce que la grand-mère lui avait montré en rêve. Elle reconnut les herbes, les cueillit. À la maison, je lui préparai linfusion, suivant toutes ses instructions. Elle la but à petites gorgées, et peu à peu, une légèreté nouvelle semblait la gagner.
Épuisée, elle alla aux toilettes, et constata que son urine était noire. Loin den avoir peur, elle murmura les mots entendus dans son rêve :
Cest le noir qui sen va
La nuit, Grand-Mère Adélaïde revint en rêve. Cette fois, elle souriait.
On ta jeté une malédiction avec cette aiguille rouillée, mon enfant. Mon remède taidera, mais le répit sera de courte durée. Tu dois découvrir qui en est lauteur, lui retourner son mal. Je ne vois pas son visage, mais ton mari joue un rôle dans tout ça. Si tu navais pas jeté laiguille, jaurais pu en faire davantage mais bon.
Écoute-moi. Va acheter une boîte de longues aiguilles à la mercerie. Sur la plus grosse, récite lincantation suivante : « Esprits de la nuit, bêtes dautrefois, écoutez ma prière, montrez-moi mon ennemi » Place laiguille dans le sac de ton mari. Celui qui ta voulu du mal sy piquera, et on saura alors qui est-ce. Tu pourras alors renvoyer le mauvais sort.
La grand-mère disparut dans la brume.
Margaux se réveilla. Toujours souffrante, elle était pleine despoir : elle savait que sa grand-mère voulait la sauver. Je décidai de rester à la maison ce jour-là pour la soutenir. Mais voilà que Margaux sauta du lit pour shabiller et décréta quelle allait seule à la mercerie :
Margaux, tu tiens à peine debout. Prends-moi avec toi.
Julien, prépares-moi une soupe, jai un appétit de loup après ce fichu virus !
Elle fit comme dans le rêve. Dès le soir, laiguille « préparée » était glissée dans ma mallette. Avant de dormir, je lui demandai :
Tu es sûre que tu vas y arriver ? Je peux rester cette nuit, si tu veux.
Je gère.
Jour après jour, elle reprenait un peu des forces. Mais Margaux sentait encore cet étrange mal rôder en elle. Toutefois, la décoction quelle buvait pour la troisième journée servait dantidote, et elle le sentait aussi dans ses tripes. Elle attendait mon retour avec impatience. Elle mintercepta à la porte :
Ta journée sest passée comment ?
Rien à signaler pourquoi ?
Margaux crut un instant que lintrigue tournerait court, mais jajoutai :
Imagine-toi quau bureau, Manon du service dà côté a voulu maider à sortir mes clés de ma mallette, comme javais les bras chargés. Elle sest piquée à une aiguille dedans. Elle ma lancé un vrai regard noir, je te laisse imaginer !
Tu tentends souvent avec elle ?
Margaux, arrête tes idées. Il ny a que toi, tu le sais bien. Ni Manon, ni Claire, ni quiconque dautre.
Elle était au dîner danniversaire hier ?
Oui, cest une bonne collègue, sans plus.
Tout devint limpide pour Margaux. La vieille aiguille avait trouvé son chemin jusque dans son sac ce soir-là, ce ne pouvait être un hasard.
Je partis préparer le dîner, laissant Margaux à ses réflexions.
Mais à peine endormie, elle rêva de nouveau de grand-mère Adélaïde. Elle lui expliqua comment inverser la malédiction pour que Manon subisse ce quelle avait souhaité à Margaux. Adélaïde ajouta que Manon avait tenté de se débarrasser dune rivale, rêvant de prendre sa place auprès de Julien. Si la magie ne fonctionnait pas, elle recommencerait, sans scrupule.
Margaux accomplit exactement le rituel conseillé. Peu après, jannonçai que Manon était hospitalisée dans un état grave, les médecins étaient désemparés.
Le week-end venu, Margaux me demanda de la conduire dans le village de son enfance, au cimetière où reposait sa grand-mère Adélaïde. Elle acheta un grand bouquet de fleurs, prit des gants pour désherber la tombe. Elle mit du temps à la retrouver, mais, devant la vieille photo sur la stèle celle-là même qui la hantait en rêve elle sentit que cétait grâce à elle quelle était encore là. Margaux nettoya la tombe, plaça les fleurs dans une bouteille deau puis sassit sur un banc, émue :
Grand-mère, excuse-moi de navoir pas été là plus souvent. Je me disais que mes parents venaient assez souvent, que ça suffisait. Mais javais tort. Dorénavant, je reviendrai. Sans toi, je ne serais sans doute plus de ce monde aujourdhui.
À ce moment, Margaux sentit comme des mains chaudes sur ses épaules. Elle se retourna mais il ny avait rien, seulement la douceur dune brise.
Ce que je retiens de cette histoire, cest à quel point il est précieux découter son instinct et parfois, la voix de nos aïeux, même venue en rêve. Patrimoine invisible, la sagesse des anciens veille sur nous bien plus quon ne veut se lavouer.

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Retour d’un dîner d’anniversaire : souvenirs d’une soirée mémorable dans un restaurant parisien et révélations inattendues
Tu as tout orchestré