Quand la belle-mère de notre fils l’a éloigné de nous : depuis son mariage, il ne veut plus nous rendre visite et passe tout son temps chez sa belle-famille, car sa belle-mère a toujours besoin de lui pour des urgences – une situation qui bouleverse notre famille française

Tu sais, depuis que notre fils, Guillaume, sest marié avec Élodie, on ne le voit quasiment plus. Il est toujours chez sa belle-mère à Lyon ! Cest incroyable, elle a soudain tout le temps besoin daide, et lui il vole à son secours dès quelle lappelle. Franchement, je narrive pas à comprendre comment elle faisait avant que sa fille ne rencontre notre fils.

Guillaume et Élodie, ça fait maintenant plus de deux ans quils sont mariés. Quand ils se sont installés ensemble, ils ont emménagé dans lappartement de Guillaume, que nous lui avions acheté à sa majorité, quand il a commencé la fac à Grenoble. Depuis toujours, on a essayé dêtre des parents présents, compréhensifs. Guillaume était assez indépendant, il vivait déjà seul avant même de rencontrer Élodie parce que son travail était vraiment à deux pas de là.

Je ne veux pas dire que je naime pas Élodie, mais je trouvais quelle faisait un peu trop gamine pour la vie de couple, alors même que Guillaume nest que de deux ans son aîné. Parfois, elle se comportait comme une petite fille capricieuse. Notre fils, si gentil et patient je me demandais souvent comment il allait faire avec une compagne aussi immature.

Et puis, quand jai vraiment découvert la mère dÉlodie, Sylvie, jai compris : elle aussi est restée une grande enfant. Tu vois, elle a à peu près mon âge, mais alors, aucune maturité ! Tu connais ce genre de personnes qui ne grandissent jamais vraiment ? Toujours à attendre quon les sauve ou quon fasse les choses à leur place Pour couronner le tout, Sylvie a déjà divorcé six fois le jour du mariage de sa fille.

Honnêtement, on navait rien en commun. Je crois que je nai jamais eu une vraie conversation avec elle, chacun restait dans son monde. On se contentait de se souhaiter poliment les anniversaires et les fêtes, mais sans plus.

Mais déjà, avant leur mariage, jai vu les signes : Élodie emmenait systématiquement Guillaume chez sa mère pour tout et nimporte quoi un robinet qui fuit, une étagère à fixer, ou une prise à changer. Jai fermé les yeux au début : il ny a pas dhomme chez elles, alors forcément, Guillaume pouvait donner un coup de main.

Sauf quavec le temps, les soi-disant « urgences » ne sarrêtaient jamais. Quand on proposait à Guillaume de venir passer un week-end à la maison, il déclinait : il devait aider sa belle-mère. Noël, Pâques, même la fête de la Musique, tout se passait chez Sylvie. Chez nous, il ne restait plus que moi, mon mari, Jean, et ma belle-mère Denise.

Forcément, ça fait mal de voir son fils tourner le dos à sa famille, mais le pire, cétait quand il a arrêté de répondre à nos demandes. Une fois, on venait dacheter un nouveau frigo tu sais combien cest lourd, ce truc et jai appelé Guillaume pour quil nous aide avec le déménagement.

Au début, il a dit oui, mais il a rappelé quelques heures plus tard : « Désolé maman, mais Élodie et moi, on doit passer chez sa mère, son lave-linge est encore en panne, il faut quon aille voir. » Quand jai insisté, jai entendu Élodie marmonner : « Mais ils peuvent pas prendre un déménageur, tes parents ? »

Finalement, Guillaume est venu, mais alors, tu laurais vu Il traînait des pieds et râlait : « Papa, franchement, pourquoi tu prends pas une équipe de déménagement ? Faut toujours que ce soit moi ! »

Là, mon mari a craqué : « Et pourquoi la mère dÉlodie nappelle pas un professionnel ? On dirait quelle vit dans une bulle où les prestataires de services nexistent même pas ! » Guillaume a répondu que « là-bas, on se fait arnaquer à chaque fois, les gens prennent largent et ne font même pas le boulot ».

Jean tu connais son franc-parler a fini par dire, agacé : « Peut-être quelle ne comprend rien au bricolage mais quest-ce quelle sait faire, à part tondre des moutons ! » Guillaume sest fâché et il est parti directe. Sur le coup, je nai rien ajouté, ce que disait Jean nétait pas complètement faux Mais voir les tensions monter comme ça, jen avais gros sur le cœur.

Depuis ce jour-là, Guillaume ne parle plus à son père. Ça fait plus de deux semaines ! Jean refuse de faire le premier pas, il dit que « cest à Guillaume de revenir ». Moi, je me sens prise entre deux feux. Évidemment, Jean na pas tort, mais il aurait pu tourner les choses autrement Maintenant, Guillaume boude et ne veut plus mettre les pieds à la maison. Mais il est hors de question pour moi de perdre mon fils à cause de ces bêtises.

Jean refuse catégoriquement de lui reparler, et Guillaume campe sur ses positions : « Je ne reviendrai pas si papa ne sexcuse pas. » Quelle galère, franchement. Et pendant que tout le monde sécharpe, cest encore la belle-mère qui sen sort le mieux !

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Quand la belle-mère de notre fils l’a éloigné de nous : depuis son mariage, il ne veut plus nous rendre visite et passe tout son temps chez sa belle-famille, car sa belle-mère a toujours besoin de lui pour des urgences – une situation qui bouleverse notre famille française
L’amertume au plus profond de l’âme : « Depuis longtemps l’assistance publique pleure après toi ! Va-t’en de notre famille ! » ai-je hurlé à voix brisée. La cible de mon indignation était mon cousin Dimitri. Mon Dieu, comme je l’aimais enfant ! Ses cheveux blonds comme les blés, ses yeux bleu clair, son caractère joyeux – tout cela, c’était Dima. …Chez nous, les réunions de famille autour de la table étaient fréquentes. Parmi tous mes cousins, je préférais de loin Dimitri. Il avait le verbe facile, savait séduire comme un virtuose. Il dessinait à merveille, griffonnant en une soirée cinq ou six croquis au crayon. J’admirais ses dessins, incapable de détourner les yeux de leur beauté. Discrètement, je les cachais dans mon bureau, précieusement conservés. Dimitri était de deux ans mon aîné. Mais à ses quatorze ans, sa mère, la sœur cadette de mon père, est décédée subitement. La question s’est posée : qu’allait-on faire de Dima ? On a d’abord tenté de retrouver son père biologique – compliqué, car après le divorce, il avait refait sa vie ailleurs et ne voulait pas la bouleverser. Le reste de la famille a haussé les épaules : nous avons nos propres problèmes, nos propres enfants… Finalement, malgré la présence de deux enfants à la maison, mes parents ont pris Dima sous tutelle. Au début, j’étais heureuse qu’il vienne vivre chez nous. Mais dès le premier jour, l’attitude de mon Dima préféré m’a troublée. Pour consoler l’orphelin, maman lui a demandé ce qu’il souhaitait. Il a aussitôt réclamé un train électrique – un jouet coûteux à l’époque. J’ai eu du mal à comprendre qu’il puisse en rêver alors que sa mère venait à peine de disparaître… Mes parents ont immédiatement cédé. Puis ce fut le tour du lecteur cassette, du jean, du blouson de marque… Dans les années 80, tout cela coûtait cher et était difficile à trouver. Mes parents lui faisaient plaisir, nous privant parfois, mon frère et moi, mais nous comprenions et ne disions rien. …À seize ans, Dima s’est tourné vers les filles. Très entreprenant, il s’est même mis à flirter avec moi, sa cousine. J’étais sportive et j’ai toujours su éviter ses avances déplacées – parfois, ça se terminait même en bagarre. Je ne voulais pas inquiéter nos parents, alors je gardais tout pour moi. Repoussé, Dima s’est immédiatement intéressé à mes amies, qui se disputaient même ses faveurs. …Mais Dima s’est aussi mis à voler – sans complexe ni remords. Ma tirelire, le fruit de mes économies pour des cadeaux à mes parents, s’est vidée du jour au lendemain. Dima n’a jamais avoué, n’a même pas rougi. Mon âme se déchirait : comment pouvait-il voler dans sa propre famille ? Il brisait nos valeurs. Je lui en voulais terriblement, alors qu’il ne comprenait même pas pourquoi. Il pensait que tout lui était dû. Je me suis mise à le haïr et je lui ai finalement lancé : « Pars de notre famille ! » Je l’ai blessé par mes mots, jusqu’à ce que maman me console tant bien que mal. Dès ce jour, j’ai ignoré Dima. Plus tard, j’ai compris que nos proches savaient très bien à qui ils avaient affaire. Les anciens professeurs de Dima avaient prévenu mes parents : « Vous regretterez d’avoir pris cette charge, il va corrompre vos propres enfants ! » …Dans son nouveau lycée, Dima rencontre Catherine. Elle l’aimera toute sa vie, l’épousera à la sortie de l’école, et lui donnera une fille. Catherine supportera toutes ses infidélités, ses mensonges, son caractère impossible. Comme on dit, célibataire en peine, mariée à double peine… Dima partira au service militaire au Kazakhstan, fondera là-bas une famille parallèle et y fera un fils. Catherine ira le chercher au Kazakhstan et réussira à le ramener auprès de leur famille. Mes parents, eux, n’ont jamais reçu le moindre remerciement de la part de ce neveu qu’ils avaient pourtant accueilli… …Aujourd’hui, Dimitri Eugène a soixante ans. Pratiquant à l’église orthodoxe, il a, avec Catherine, cinq petits-enfants. Tout semble bien aller, mais la blessure de ma relation avec Dima est toujours vive… Même avec du miel, l’amertume ne passe pas.