Petit-fils Prévoyant l’Expulsion, Mamie Vend son Appartement Sans Remords Quand la grand-mère a découvert que son petit-fils voulait la mettre dehors, elle a vendu son appartement sans hésiter. Pourquoi s’encombrer d’un prêt immobilier quand on peut attendre tranquillement que mamie meure et hériter de son appartement ? C’est ce que pensait le cousin de mon mari, Jean. Il avait une femme, Claire, et trois enfants, et toute la famille vivait dans l’attente de la succession. Ils refusaient de contracter des crédits, préférant rêver au jour où l’appartement de la grand-mère à Paris leur reviendrait. Pour l’instant, ils s’entassaient dans le petit F2 de la mère de Claire à Saint-Maur-des-Fossés, près de la Seine, et il était évident que cette vie les étouffait. Jean et Claire murmuraient de plus en plus souvent sur la façon de « régler le problème » de la grand-mère. Mais mamie, Madame Rosalie, était une véritable perle. À soixante-quinze ans, elle débordait d’énergie, croquait la vie à pleines dents et n’avait aucun problème de santé. Son appartement au cœur de Paris était toujours rempli d’amis. Elle maîtrisait son smartphone, visitait musées et théâtres, et ne reculait pas devant un flirt innocent lors des thés dansants du troisième âge. On aurait dit qu’elle irradiait de bonheur, et sa vie était un exemple de joie de vivre. Mais pour Jean et Claire, ce n’était pas une fierté—c’était juste irritant. Ils en avaient assez d’attendre. Leur patience arriva à bout. Ils décidèrent que Madame Rosalie devait mettre l’appartement au nom de Jean et partir en maison de retraite. Ils ne se cachaient même plus, affirmant que « ce serait mieux pour mamie ». Mais Madame Rosalie n’était pas du genre à se laisser faire. Elle refusa catégoriquement, ce qui mit le feu aux poudres. Jean s’emporta, l’accusant d’être égoïste et de « penser à ses petits-enfants ». Claire jeta de l’huile sur le feu, insinuant que la grand-mère « avait déjà bien assez vécu ». Quand mon mari, Thomas, et moi avons appris ce qui se tramait, nous étions sidérés. Madame Rosalie avait toujours rêvé de voyager en Inde—voir le Taj Mahal, respirer les épices, se perdre dans les ruelles de Goa. Nous lui avons proposé de venir vivre chez nous, de louer son appartement et d’économiser pour le voyage. Elle a accepté, et bientôt son spacieux T3 parisien lui procurait un bon revenu. Lorsque Jean et Claire l’ont appris, ils ont fait un scandale monumental. À leurs yeux, l’appartement leur revenait de droit : ils exigeaient que la grand-mère les laisse s’y installer. Ils ont même accusé Thomas de « manipuler » mamie par intérêt. Jean est allé jusqu’à réclamer le produit du loyer, estimant qu’il s’agissait de « sa part d’héritage ». Nous avons refusé, point final. Claire a alors commencé à passer chez nous presque tous les jours. Parfois seule, parfois avec les enfants, toujours avec des cadeaux absurdes. Elle prenait des nouvelles de la grand-mère, mais ses véritables intentions étaient claires—elle et Jean espéraient toujours que Madame Rosalie disparaisse pour toucher l’héritage. Leur avidité et leur manque de gêne étaient remarquables. Entretemps, Madame Rosalie a mis assez d’argent de côté et est partie en Inde. Elle est revenue rayonnante, la tête pleine d’histoires et les valises remplies de photos. Nous lui avons suggéré de continuer sur sa lancée : vendre l’appartement pour voyager encore, puis habiter chez nous, en paix et sans souci. Elle a pris son courage à deux mains et s’est lancée. L’appartement a été vendu à un très bon prix, et avec l’argent elle s’est offert un studio douillet en banlieue parisienne. Le reste, elle l’a investi dans de nouvelles aventures. Madame Rosalie a alors voyagé en Espagne, en Autriche, en Suisse. Sur les bords du lac Léman, elle a rencontré un Français, Pierre. Leur histoire semblait tout droit sortie d’un film—à soixante-quinze ans, elle s’est mariée avec lui ! Nous sommes partis en France pour le mariage ; voir mamie resplendir dans sa robe blanche, entourée de fleurs et de sourires, était bouleversant. Elle le méritait : après une vie de travail, d’enfants élevés, de petits-enfants aidés, elle vivait enfin pour elle. Lorsque Jean a appris la vente de l’appartement, il a vu rouge. Il a exigé que sa grand-mère lui cède le studio, affirmant qu’« elle en avait déjà bien assez ». Comment il pensait y caser cinq personnes reste un mystère. Mais nous n’en avions plus cure. Nous étions heureux de voir Madame Rosalie enfin heureuse. Quant à Jean et Claire… Leur histoire rappelle que, lorsqu’il s’agit d’héritage, certains montrent parfois leur vrai visage.

Quand la grand-mère comprit que son petit-fils voulait la mettre dehors, elle n’hésita pas une seconde avant de vendre lappartement.
Pourquoi prendre un crédit si lon peut tout simplement attendre que la grand-mère meure pour hériter de son appartement ? Cest ainsi que pensait le cousin de mon mari, Laurent. Il avait une épouse, Mireille, ainsi que trois enfants, et toute leur famille vivait dans lattente de ce legs. Sendetter leur semblait absurde : ils préféraient rêver du jour où lappartement de la mamie deviendrait le leur. En attendant, ils sentassaient dans le F2 de la mère de Mireille, à Boulogne-Billancourt, dans la banlieue chic de Paris, étouffant dans leur quotidien étriqué. Laurent et Mireille, dans lombre, échafaudaient des plans pour « régler » le problème de la grand-mère.
Mais la grand-mère, Madame Gilberte, était une femme exceptionnelle. Soixante-quinze ans, débordant d’énergie, la santé irréprochable, elle vivait avec panache. Son appartement au cœur du Marais vibrait damitié. Accro à son smartphone, passionnée dexpositions, habituée du théâtre, elle ne ratait jamais un thé dansant du club des seniors, où elle se permettait même quelques flirts sages. Elle irradiait une telle luminosité que son existence était la preuve éclatante quil faut mordre dans la vie. Pourtant, pour Laurent et Mireille, tout cela nétait quune provocation : ils étaient las dattendre, usés par leur propre impatience.
À bout de nerfs, ils décidèrent que Madame Gilberte devait céder son appartement à Laurent et intégrer une maison de retraite. Ils nessayaient même plus de cacher leur but, répétant que « ce serait mieux pour elle ». Mais Gilberte nétait pas femme à se laisser faire. Elle s’opposa fermement, allumant ainsi une querelle familiale. Laurent explosa, laccusant dêtre « égoïste », quelle « devait penser à ses petits-enfants ». Mireille en rajoutait, insinuant que Gilberte avait « assez profité de la vie ».
Quand mon mari, Étienne, et moi avons appris la nouvelle, nous étions abasourdis. Madame Gilberte avait toujours rêvé de visiter lIndedadmirer le Taj Mahal, de sentir les épices sur les marchés, de se perdre dans le vieux quartier de Pondichéry. Nous lui avons proposé de venir sinstaller chez nous, de louer son appartement pour mettre de largent de côté en vue du voyage. Elle a accepté, et très vite, son spacieux trois pièces du Marais a commencé à générer des revenus. Lorsque Laurent et Mireille lont découvert, ils ont piqué une scène apocalyptique. Ils se croyaient propriétaires de cet appartement par avance, réclamant le droit dy vivre. Laurent est même allé jusquà accuser Étienne davoir « poussé » la grand-mère à agir ainsi, par pur intérêt. Il a exigé la moitié des loyers en affirmant que cétait « sa part légitime ». Nous leur avons répondu que cela narriverait jamais. Point final.
Mireille a alors commencé à débarquer chez nous presque quotidiennementseule ou avec ses enfants, bras chargés de babioles inutiles. Elle prenait des nouvelles de Gilberte, mais ses intentions étaient transparentes : avec Laurent, ils attendaient la disparition de la grand-mère pour semparer de ce quils considéraient déjà comme acquis. Leur avidité et leur décence disparue étaient affligeantes.
Bientôt, Madame Gilberte rassembla assez deuros et senvola pour lInde. À son retour, rayonnante, elle nous montra des centaines de photos et nous régala danecdotes. Nous lencouragions à ne pas sarrêter là : vendre lappartement, voyager encore, vieillir chez nous, entourée daffection. Après réflexion, elle osa le grand saut. Son appartement fut vendu à un bon prix, elle acheta un charmant studio à Montrouge pour y profiter de moments paisibles, et consacra le reste à de nouvelles évasions.
Gilberte partit alors explorer lEspagne, lAutriche, la Suisse. Sur les bords du lac Léman, lors dune promenade sous les tilleuls, elle fit la connaissance de Pierre, un Français. Leur histoire était digne des plus beaux films romantiquesà soixante-quinze ans, elle épousa Pierre ! Étienne et moi avons pris lavion pour assister à la noce, et nous lavons vue, fabuleuse, dans sa robe blanche, entourée de fleurs et de sourires. Elle avait enfin décroché le bonheur quelle méritait tant. Toute une vie passée à travailler, à élever des enfants, à épauler ses petits-enfants elle vivait désormais pour elle.
Quand Laurent apprit la vente de lappartement, il devint fou de rage. Il exigea que la grand-mère lui lègue le studio, jugeant qu« elle avait assez profité ». Comment il comptait y installer toute sa famille restait une énigme. Mais cela ne nous concernait plus. Notre joie était dans le sourire éclatant de Madame Gilberte, qui avait trouvé sa place au soleil. Quant à Laurent et Mireille Leur histoire prouve quautour de largent, les visages de nos proches deviennent parfois méconnaissables.

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Petit-fils Prévoyant l’Expulsion, Mamie Vend son Appartement Sans Remords Quand la grand-mère a découvert que son petit-fils voulait la mettre dehors, elle a vendu son appartement sans hésiter. Pourquoi s’encombrer d’un prêt immobilier quand on peut attendre tranquillement que mamie meure et hériter de son appartement ? C’est ce que pensait le cousin de mon mari, Jean. Il avait une femme, Claire, et trois enfants, et toute la famille vivait dans l’attente de la succession. Ils refusaient de contracter des crédits, préférant rêver au jour où l’appartement de la grand-mère à Paris leur reviendrait. Pour l’instant, ils s’entassaient dans le petit F2 de la mère de Claire à Saint-Maur-des-Fossés, près de la Seine, et il était évident que cette vie les étouffait. Jean et Claire murmuraient de plus en plus souvent sur la façon de « régler le problème » de la grand-mère. Mais mamie, Madame Rosalie, était une véritable perle. À soixante-quinze ans, elle débordait d’énergie, croquait la vie à pleines dents et n’avait aucun problème de santé. Son appartement au cœur de Paris était toujours rempli d’amis. Elle maîtrisait son smartphone, visitait musées et théâtres, et ne reculait pas devant un flirt innocent lors des thés dansants du troisième âge. On aurait dit qu’elle irradiait de bonheur, et sa vie était un exemple de joie de vivre. Mais pour Jean et Claire, ce n’était pas une fierté—c’était juste irritant. Ils en avaient assez d’attendre. Leur patience arriva à bout. Ils décidèrent que Madame Rosalie devait mettre l’appartement au nom de Jean et partir en maison de retraite. Ils ne se cachaient même plus, affirmant que « ce serait mieux pour mamie ». Mais Madame Rosalie n’était pas du genre à se laisser faire. Elle refusa catégoriquement, ce qui mit le feu aux poudres. Jean s’emporta, l’accusant d’être égoïste et de « penser à ses petits-enfants ». Claire jeta de l’huile sur le feu, insinuant que la grand-mère « avait déjà bien assez vécu ». Quand mon mari, Thomas, et moi avons appris ce qui se tramait, nous étions sidérés. Madame Rosalie avait toujours rêvé de voyager en Inde—voir le Taj Mahal, respirer les épices, se perdre dans les ruelles de Goa. Nous lui avons proposé de venir vivre chez nous, de louer son appartement et d’économiser pour le voyage. Elle a accepté, et bientôt son spacieux T3 parisien lui procurait un bon revenu. Lorsque Jean et Claire l’ont appris, ils ont fait un scandale monumental. À leurs yeux, l’appartement leur revenait de droit : ils exigeaient que la grand-mère les laisse s’y installer. Ils ont même accusé Thomas de « manipuler » mamie par intérêt. Jean est allé jusqu’à réclamer le produit du loyer, estimant qu’il s’agissait de « sa part d’héritage ». Nous avons refusé, point final. Claire a alors commencé à passer chez nous presque tous les jours. Parfois seule, parfois avec les enfants, toujours avec des cadeaux absurdes. Elle prenait des nouvelles de la grand-mère, mais ses véritables intentions étaient claires—elle et Jean espéraient toujours que Madame Rosalie disparaisse pour toucher l’héritage. Leur avidité et leur manque de gêne étaient remarquables. Entretemps, Madame Rosalie a mis assez d’argent de côté et est partie en Inde. Elle est revenue rayonnante, la tête pleine d’histoires et les valises remplies de photos. Nous lui avons suggéré de continuer sur sa lancée : vendre l’appartement pour voyager encore, puis habiter chez nous, en paix et sans souci. Elle a pris son courage à deux mains et s’est lancée. L’appartement a été vendu à un très bon prix, et avec l’argent elle s’est offert un studio douillet en banlieue parisienne. Le reste, elle l’a investi dans de nouvelles aventures. Madame Rosalie a alors voyagé en Espagne, en Autriche, en Suisse. Sur les bords du lac Léman, elle a rencontré un Français, Pierre. Leur histoire semblait tout droit sortie d’un film—à soixante-quinze ans, elle s’est mariée avec lui ! Nous sommes partis en France pour le mariage ; voir mamie resplendir dans sa robe blanche, entourée de fleurs et de sourires, était bouleversant. Elle le méritait : après une vie de travail, d’enfants élevés, de petits-enfants aidés, elle vivait enfin pour elle. Lorsque Jean a appris la vente de l’appartement, il a vu rouge. Il a exigé que sa grand-mère lui cède le studio, affirmant qu’« elle en avait déjà bien assez ». Comment il pensait y caser cinq personnes reste un mystère. Mais nous n’en avions plus cure. Nous étions heureux de voir Madame Rosalie enfin heureuse. Quant à Jean et Claire… Leur histoire rappelle que, lorsqu’il s’agit d’héritage, certains montrent parfois leur vrai visage.
Seulement après un test ADN. Nous ne voulons pas d’enfants d’autrui ! – déclara la belle-mère — Cent mille euros seulement ? — ricana Élisabeth. — Tu ne mets pas bien cher la liberté de ton fiston ! Peut-être que tu peux en trouver deux cent mille ? — S’il le faut, je trouverai, — marmonna Marie. — Alors, tu acceptes ? Si tout est une question de prix. — Dis-moi franchement, Marie, t’as réfléchi longtemps avant de me faire cette proposition ? — demanda Élisabeth. — On met de côté la question d’argent ! Réponds-moi en tant que femme ! — Ne jouons pas à la morale, — fit Marie, visiblement agacée. — Personne n’est parfait ! Et toi, avec ta famille nombreuse, il faut comprendre qu’on ferait tout pour protéger son enfant… — Donc, tu veux simplement m’acheter ? — répliqua Élisabeth. — Ou acheter ma Dasha ? Tu te dis qu’on est dans la galère, alors tu jettes de l’argent pour qu’on règle ça et tout devienne parfait ! Mais ton Ivan, d’abord il a embobiné ma Dasha, l’a engrossée, et maintenant… Je ne sais même pas comment dire ça. Il se planque dans les fourrés ou sous les jupes de sa mère ! Pour, soi-disant, effacer ses coquilles ! — Allez Élisabeth, soyons claires, — dit Marie. — Mon Ivan n’a que dix-huit ans ! Comment construire une famille et avoir un enfant ? Il doit continuer ses études ! Trouver un travail ! Comment il fera, s’il est déjà coincé avec une famille sur le dos ? — Et il n’y pensait pas à tout ça, ton Ivan, quand il traînait autour de ma Dasha ? — se moqua Élisabeth. — Il va devoir apprendre ce que c’est qu’être adulte et responsable ! Il a fait un enfant, il assume ! Sinon, y’a les autres solutions : procès, pension alimentaire… Marie resta bouche bée. — Tu vas avaler une corneille, — lança Élisabeth, sarcastique. — Et crois pas que je ne sais rien même si je bosse du matin au soir ! — Je ne viens pas te provoquer, je veux régler ça à l’amiable ! — dit Marie en se ressaisissant. — Je suis prête à payer pour la tranquillité ! — Tu veux payer quoi au juste ? — demanda Élisabeth. — Pour avoir mis ma Dasha enceinte ? Parce qu’il la fuit depuis deux mois ? Ou pour que ma Dasha avorte ? Ou c’est l’acompte des futures pensions quand Dasha accouchera ? Du choix, Marie n’en voulait aucun, surtout le dernier ! Car à tout moment, son fils pourrait être touché et appelé à répondre ! — Ne me perturbe pas ! — Marie brandit un doigt. — Je t’offre de l’argent pour qu’on règle ça une bonne fois pour toutes ! Tu fais ce que tu veux : avortement, tu gardes l’enfant, tu le mets à l’assistance ! Mais que mon Ivan n’ait rien à voir là-dedans ! Et si tu veux plus, dis combien ! Sinon, j’emprunte au nom de mon mari ! — Eh bien Marie, va donc te faire voir ! — dit Élisabeth. — En tant que femme respectable, je ne peux même pas te dire où ! Et vu ta proposition, la respectabilité, tu connais pas ! Alors tu sais où aller et pour combien de temps, et où cacher ton argent, aussi ! — Élisabeth, soyons raisonnables ! — s’énerva Marie. — Bonne route ! — répondit Élisabeth. — Sinon je lâche le chien ! Jusqu’au bout, Marie ne savait pas si elle avait réussi à protéger son fils, mais tant qu’Élisabeth était en colère, elle ne laisserait pas Dasha approcher Ivan. Cela donnait à Ivan le temps de se ressaisir et de continuer paisiblement ses études. Et si Élisabeth changeait d’avis, Ivan aurait déjà disparu. Direction la fac, en ville. Et là, la ville, c’est la ville : on peut s’y perdre cent ans sans être retrouvé ! Marie se contint à grand-peine de ne pas attraper Élisabeth par la tresse : — Quelle fière ! Elle méprise mon argent ! Et pourtant je suis venue en douceur ! Elle veut lâcher le chien ! Non mais vraiment ! Avec des femmes comme ça, on ne s’assoit pas au même champ, elles vous retournent comme une crêpe ! Marie ne savait pas alors que l’histoire ne faisait que commencer. Pourtant, elle avait commencé plus tôt. Les parents découvrent rarement les problèmes de leurs enfants à temps. Souvent, c’est bien trop tard. On ne peut qu’espérer qu’il n’est pas trop tard pour arranger les choses. Quand une commère révéla à Marie que son Ivan avait engrossé la Dasha d’Élisabeth, son cœur faillit s’arrêter. — Ivan aurait craqué pour Dasha ? Elle… — pour ne rien dire de trop, Marie se rattrapa vite, — vient d’une famille nombreuse ! Rien à attendre d’elle ! Jamais Ivan ne l’aurait regardée ! — Je rapporte ce qu’on m’a dit, — dit Ignatievna. — Tu veux vérifier, demande à n’importe qui au village ! Tout le monde sait — sauf toi ! Sous le rire grinçant d’Ignatievna, Marie rentra chez elle, ni mari, ni fils : ils étaient partis en forêt. Elle aurait dû s’activer dans la maison, mais elle était bouleversée par la nouvelle. Une nouvelle pire que tout… — Mais pourquoi ? Pour quoi ? Pourquoi eux ? Après s’être rongée les nerfs toute la journée, Marie était à bout. Quand le fils arriva, elle l’interrogea : — Où es-tu allé trainer ? Personne de convenable au village ? Ivan dut avouer. Il pensait tenir jusqu’à la fin des vacances et filer dans le bourg où il était à l’école. Là au moins, personne ne l’aurait attrapé. Peut-être aurait-il eu de la chance ! Mais de la colère de sa mère, il n’y échappa pas. Ivan lâcha quelques larmes et essaya de s’attirer de la pitié. Ce n’était pas un Apollon, ni particulièrement intelligent, ni beau. Il n’attirait pas les filles. Mais l’âge et les hormones le poussaient ! Et ses copains se moquaient, qu’il finirait vieux garçon ! — Dasha était d’accord ! — Dasha dirait oui à n’importe quel mec ! — s’exaspéra Marie. — Dix-neuf ans, et les cavaliers la fuient ! Il faut être fou pour s’attacher à une famille comme ça ! Ils sont pauvres, le père cloué au lit ! Prends Dasha, et tu bosses pour leur tribu toute ta vie ! — Maman, elle est gentille ! Douce et attentionnée ! — pleurait Ivan. — Et sa laideur ne t’a pas gêné ? — cria Marie. — Comment as-tu… Ivan rougit et baissa la tête. — Mon dieu, quelle galère ! — Marie porta la main à son cœur. — On n’a couché ensemble que deux fois, — murmura Ivan. — Il n’en fallait pas plus ! — s’emporta Marie. — Les conséquences ne vont pas tarder ! Et tu dois intégrer la fac dans un an ! Comment faire avec un enfant ? On va te coller une pension alimentaire ! — Peut-être que ce n’est pas de moi ? — espéra Ivan. — On aimerait croire, mais qui d’autre serait tombé dessus ? — gémit Marie. — Quoi qu’il en soit, si on n’arrive pas à s’arranger, seulement avec un test ADN ! Pas envie d’un enfant étranger et hors mariage ! — Pourtant, elle a promis fidélité… — souffla Ivan. — Espérons qu’elle ait menti, — marmonna Marie en sortant la boîte à économies. — Grégoire ! Ça concernait le papa d’Ivan, qui préféra filer dans sa chambre. — Il n’y a pas grand-chose ! — lança Marie. — C’est à la banque, — répondit Grégoire. — On récupère dans une semaine. — Oui, tiens ! On perd la tête avec tout ça ! — Marie s’affala dans son fauteuil, boîte en mains. — Tu as entendu ce qu’a fait Ivan ? — Il a grandi ! — sourit Grégoire. — On va préparer le mariage ? — T’es fou ? Quel mariage ? Avec qui ? — Marie faillit s’étouffer. — Jamais de la vie ! On va payer pour qu’ils nous laissent tranquilles ! Cent mille, ça suffira ? — J’en sais rien — Grégoire haussa les épaules. — Mais aujourd’hui, Élisabeth est dans le besoin, elle serait contente d’un sou ! — Non, on ne s’en sortira pas avec une pièce, — murmura Marie. Marie compta l’argent liquide, puis pensa au compte à la banque. — On a deux cent mille, — finit-elle. — Je propose cent en premier. Si elle négocie, je donne deux cent ! Sinon, dans une semaine, on aura cinq cent. Marie acquiesça selon ses propres calculs. — Tu veux que je vienne ? — demanda Grégoire. — T’aurais mieux surveillé ton fils, on n’en serait pas là ! — grinça Marie. — Je me débrouille ! *** La réponse d’Élisabeth ne donna rien, et Dasha n’avait rien à décider. Ivan passa tranquillement la fin des vacances dans le bourg pour ses études. Défense de revenir avant l’été prochain ! Et une fois qu’il eut quitté le village, plus personne n’en parlait. Seule Dasha subit les commérages, enceinte puis mère. Et Élisabeth aussi. — Elle n’a même pas pu obtenir une pension d’Ivan ! Maintenant c’est elles qui n’ont plus rien à bouffer ! Élisabeth répondait qu’on ne viendrait pas faire la manche, qu’elles s’en sortiraient ! En juin, Ivan revint au village. Mais les parents ne le laissaient pas sortir. Il devait repartir dès les examens finis. Direction la fac, rien à traîner ! Mais Ivan rata les examens, même pas pris en payant. — Grégoire, file chez le bureau du service militaire ! — exigea Marie. — S’ils l’envoient à l’armée, il oubliera tout ! Sinon, il retentera la fac l’année suivante ! Peine perdue. Et pour avoir insisté, Grégoire se fit casser une côte puis mit quinze jours en prison. De retour, Grégoire expliqua comment Ivan pouvait avoir un ajournement : — Faut qu’il épouse Dasha et reconnaisse l’enfant ! Tant que l’enfant a moins de trois ans, Ivan a le temps ! Après, il en remet un et ça repart ! À la fin, il sera trop âgé pour être conscrit ! — On t’a assommé le cerveau ? — s’écria Marie. — On ne souhaite pas de telle famille à ses pires ennemis ! — Sinon, il part à l’armée ! — rétorqua Grégoire. L’idée de laisser Ivan partir à l’armée terrorisait Marie plus que le mariage avec Dasha. Mais pas le choix. — On va supplier Élisabeth, — céda Marie. — Prends la boîte ! Peut-être qu’elle acceptera… — Après qu’elle t’a envoyée balader ? — rigola Grégoire. — Et tout ce qu’elle a vécu cette année ? Peut-être il vaut mieux le cacher en forêt jusqu’à ses vingt-sept ans ! — Prends la boîte et viens ! — commanda Marie.