La vie ne fait que commencer La veille au soir, Julie s’est mise d’accord avec sa copine Chloé pour démarrer la journée par un jogging matinal. Pourtant, c’était les grandes vacances à la fac, et difficile de se motiver à se lever tôt, mais il fallait bien se mettre au sport un jour. — Chloé, ne dors pas trop tard, je sais que tu es une vraie marmotte qui adore traîner au lit jusqu’à midi ! lui lança Julie la veille, tandis que Chloé promit solennellement : — Julie, je te jure, cette fois je ne raterai pas le réveil, quand il le faut, je deviens super sérieuse, tu me connais ! s’amusa-t-elle de sa propre réputation, dont Julie était la première à douter. Julie fit preuve de volonté, se leva avant même que sa mère soit partie au travail : celle-ci finissait son café tout en maugréant. — Maman, tu parles toute seule ? s’étonna la fille. — Regarde-moi ça, j’ai mis mon nouveau chemisier et paf : une tache de café, soupira la mère. — Et c’est moi qui ne fais pas attention à mes affaires ? Tu aurais pu boire ton café en tee-shirt, répliqua Julie. — Je suis pressée, il va falloir que je me change. Allez, ne remue pas le couteau dans la plaie. Et qu’est-ce que tu fais debout si tôt ? continua la mère en changeant de blouse. — Avec Chloé, on s’est motivées pour aller courir au parc, répondit sérieusement Julie. — Tu parles, rigola la mère, Chloé doit encore dormir à poings fermés, j’en suis certaine. Au fait, ça fait combien de temps que tu n’es pas allée voir Mamie ? — Maman, je lui ai téléphoné hier, on s’appelle tous les jours. — Eh bien, aujourd’hui j’aimerais que tu passes la voir. Elle m’a dit que sa tension faisait des siennes. Passe lui prendre ses médicaments à la pharmacie, achète-lui des croissants et de la confiture de fraises. Elle a 64 ans tout de même. Tu as le temps, tu es en vacances. Bon, j’y vais ! lança sa mère en quittant l’appartement. — D’accord, je vais aller voir Mamie. On se croirait dans le Petit Chaperon rouge, sauf que Maman ne m’a pas fait de tarte, sourit Julie. Ah, mince, et la course alors ? Elle appela Chloé, qui répondit d’une voix ensommeillée : — Allô… Oh mince Julie, j’ai dormi trop longtemps ! Tu es déjà au parc ? Désolée, je me réveille… — Ce n’est pas grave, finalement j’ai mission Mamie ce matin. On annulera le jogging. Je dois prendre mon petit dej, puis passer au magasin et à la pharmacie, mamie habite à l’autre bout de la ville. — Ok, alors je vais dormir un peu plus longtemps ! se réjouit Chloé en raccrochant. — Ma mère avait raison, rit Julie. Une vraie marmotte, cette Chloé. Enfin bon, j’aurais pu rester au lit aussi… Au bout d’une heure, Julie sortit de chez elle avec son sac à dos, de l’argent, la liste des médicaments et même un parapluie : le ciel était maussade. Elle mit une heure pour rejoindre la grand-mère, à l’autre bout de Paris. Midi approchait. Julie sonna. Sa grand-mère, Marie-Simone, ouvrit rapidement la porte, Julie en resta bouche bée, croyant s’être trompée d’appartement. — Mais Mamie, quelle métamorphose ! Julie n’en croyait pas ses yeux. C’est vraiment toi ? — Oui, c’est bien moi, Julie, j’ai rajeuni, tu trouves pas ? Elle tourna sur elle-même. — Mamie, ta nouvelle coupe est sensationnelle ! Et cette couleur argentée, c’est élégant, et ce vernis à ongles ! Euh, j’ose plus t’appeler Mamie ! rit Julie. — Si ça te plaît, tant mieux ! Ta maman disait que j’avais des problèmes de tension, tu m’apportes les médicaments, des croissants et de la confiture ? — Oui, mais à ce rythme, ce sont les croissants qui vont faire monter ta tension ! dit plaisamment Julie. Mamie, dis-moi, tu n’es pas tombée amoureuse, par hasard ? Tu sembles radieuse. Maman m’a envoyée te voir, elle était inquiète… — Merci, Julie, tu dois avoir plein de choses à faire, tu restes un peu ? Julie fut étonnée. D’habitude, Mamie la gardait tout l’après-midi, mais aujourd’hui, on aurait dit qu’elle souhaitait qu’elle parte. — On prend un thé ? — Julie, je vais être juste niveau temps. Prends tes croissants et ta confiture, tiens, je t’ai préparé des petites crêpes aussi. Voilà, tu prends tout ça comme une ration de survie ! plaisanta Marie-Simone. — D’accord Mamie, alors je rentre, fit Julie, mais elle pensait : tout ça n’est pas net… Mamie doit avoir un amoureux, c’est certain ! En descendant l’escalier, Julie réfléchit intensément. — Je vais enquêter là-dessus. Ce n’est pas normal que Mamie me mette à la porte ! Il doit y avoir un papy là-dessous… ou alors une sortie avec ses copines, elles vont souvent au théâtre, au cinéma, parfois au café. Elle me l’a déjà raconté. Dehors, Julie se posta derrière les garages de l’immeuble et observa. Bientôt, Marie-Simone sortit en tailleur flambant neuf et prit la direction du parc… — Mamie s’est fait toute belle… Où va-t-elle ? Julie la suivit prudemment jusqu’au parc, où un monsieur aux cheveux argentés l’attendait avec un bouquet de fleurs. Marie-Simone reçut les fleurs, un baiser sur la joue et le lui rendit. — Incroyable ! Mamie amoureuse, et moi qui croyais qu’à leur âge, l’amour n’existait plus ! Et le voilà qui lui prend la main… Julie, cachée derrière un buisson de lilas, pensa qu’ils allaient rebrousser chemin, mais non. — Ils vont vers la terrasse du café ! se dit-elle. C’est alors qu’elle remarqua un jeune homme filmer la scène au téléphone. — Hé ! Toi, là ! Pourquoi tu filmes ma grand-mère, tu n’as pas le droit ! Le jeune homme, surpris, mit un instant à répondre puis déclara : — Journaliste… Peut-être que je veux écrire un article sur l’amour chez les seniors. Julie soupira, agacée : — De l’amour, là ? Laisse-moi rire… Aujourd’hui, il y a tellement d’arnaqueurs qui en veulent au logement de nos chères mamies, tu ne trouves pas ? — Tu es sérieuse ? s’étonna-t-il. — Sérieuse à 100 %. Et pourquoi ma grand-mère, d’ailleurs ? Je te l’interdis, c’est privé ! Ce “prétendant” veut peut-être lui piquer son appartement ! Le garçon sembla vexé. — Si tu veux savoir, ce prétendant-là habite un trois-pièces dans le centre de Paris. J’habite chez mon grand-père en ce moment, mes parents refont leur appartement. — C’est ton grand-père ? — Oui, Eustache. Je le trouve bien changé ces derniers temps : il se rase tous les deux jours, a acheté un jean neuf, m’a même demandé de choisir un parfum ! J’ai tout de suite compris qu’il se tramait quelque chose. On ne sait jamais, si c’était une croqueuse d’héritage qui veut lui piquer son appartement… Il faut veiller au grain. — Donc, le monsieur avec ma mamie, c’est ton grand-père ? Moi, c’est Julie. Et toi ? — Arthur, répondit-il en souriant. Au fond, je propose qu’on les laisse tranquilles, non ? Je ne suis pas contre. — Moi non plus. Qu’ils profitent ! Et Mamie, alors… — Au fait, Julie, on se connaît à peine mais si on allait au cinéma ensemble ? Il y a un nouveau thriller à l’affiche. — Bonne idée ! acquiesça Julie. Trois mois plus tard, Marie-Simone appela sa fille : — Dis, la petite Julie est à la maison ? — Oui, pourquoi ? — J’ai une grande nouvelle à vous annoncer. Mon ami Eustache m’a demandée en mariage, et j’ai dit oui ! Vous êtes invitées à la cérémonie ! — Mamie ! cria Julie. Je te félicite, mais à votre âge, à quoi bon se marier ? Vous n’allez pas faire d’enfants ! — Julie, on vit selon la loi ! Dans notre génération, c’est comme ça. Pas comme vous, les jeunes, qui vivez deux semaines ensemble puis vous séparez… Avec Eustache, c’est du sérieux. — Maman, Julie a raison… Pourquoi se marier, vivez simplement ensemble ! intervint la fille. — Ma chérie, le meilleur âge pour se marier, c’est celui où on tombe amoureux… L’amour n’a pas d’âge, c’est bien connu ! Et à mon âge, qui sait, la vie ne fait peut-être que commencer, s’amusa Marie-Simone. Si l’amour frappe à la porte, il faut foncer à la mairie ! — Bon, alors félicitations ! On va préparer la fête, dit la fille. — Et tu sais que Julie sort avec Arthur, le petit-fils d’Eustache ? demanda la grand-mère. — Je sais ! Elle m’en a parlé, elle a l’air enchantée ! N’est-ce pas, Julie ? — Oui, Mamie, j’adore Arthur, il est super… comme ton Eustache ! éclata de rire Julie. Quelques jours plus tard, toute la famille célébrait les noces de Marie-Simone et d’Eustache dans un petit café plein de charme. Le bonheur était au rendez-vous.

La vie ne fait que commencer

La veille au soir, Camille sétait mise daccord avec sa copine sur une chose insensée : commencer la journée par un jogging. Certes, cétait les grandes vacances à la fac, et franchement se lever tôt nétait pas au programme, mais il fallait bien une fois de temps en temps se donner bonne conscience.

Chloé, ne rate pas le réveil, je te connais, tu adores paresser au lit jusquà midi, avait insisté Camille la veille.

Tinquiète, Camille, quand il le faut, je deviens super sérieuse, tu le sais ! avait répondu solennellement Chloé… avant déclater de rire. Sil y a bien quelquun qui ne sait pas ce que « responsable » veut dire, cest elle.

Camille se força à sortir du lit plus tôt que dhabitude, tellement tôt que sa mère nétait même pas encore partie travailler. Elle finissait son café en ronchonnant.

Avec qui tu parles ici ? demanda Camille, étonnée en entrant dans la cuisine.

Avec moi-même, tu vois ! Je mets une nouvelle blouse, et boum, la tache de café direct…

Et après, cest moi qui ne prends pas soin de mes vêtements ! Tu vois, tu aurais pu finir ton café en vieux t-shirt, lança Camille, ironique.

Je suis pressée, et maintenant il faut que je me change Bon, ne men rajoute pas dès potron-minet. Au fait, pourquoi tes debout aussi tôt ? La mère faisait le grand écart entre deux blouses.

Jai promis à Chloé de faire un footing au parc, répondit Camille dun ton résolu.

Oh, arrête, fais-moi rire ! Chloé doit encore rêver de croissants dans son lit, cest sûr. Bon, mission pour toi : tu nes pas allée voir Mamie depuis combien ?

Maman, on sappelle tous les jours, hier encore je lai eue au téléphone.

Eh bien aujourdhui tu passes la voir, et tu passes à la pharmacie lui prendre ses médicaments pour la tension, elle se plaignait hier. Prends-lui aussi des croissants et de la confiture de fraise. Faut bien chouchouter nos soixante-quatre ans ! Toi, tes en vacances, tas tout ton temps, moi je file, cria la mère en claquant la porte.

Très bien, je ferai la tournée du matin, façon Petit Chaperon Rouge, marmonna Camille en souriant, sauf que maman na même pas fait de gâteaux ! Ah, mais la course, mince

Elle compose le numéro de Chloé. La voix qui décroche a manifestement dormi vingt secondes avant.

Oui mais tout à coup, Chloé ségosille Oh Camille, jai loupé le réveil, tes déjà au parc ? Attend-moi je…

Prends ton temps, nouvelle mission : visite à Mamie. Le jogging, cest pour la prochaine fois. Jirai au marché, à la pharmacie, et ensuite direction chez elle tu sais quelle habite à lautre bout de la ville.

Ok, ben je me recouche alors, se réjouit lautre, déjà à moitié endormie avant de raccrocher.

Maman avait raison Chloé, cest la reine de la marmotte, moi aussi jaurais bien fait la grasse matinée, se dit Camille en riant.

Une heure plus tard, Camille sort de chez elle, sac sur le dos un peu de monnaie et la liste des médicaments dedans, parapluie en prime, le ciel sest mis à bouder. Une traversée de Paris (enfin presque) et une heure de métro plus tard, elle arrive devant la porte dHenriette Rousseau, sa grand-mère adorée. Il est presque midi.

La porte souvre à toute vitesse, et Camille recule dun pas, croyant sêtre trompée dappartement.

Oh, mamie ! Quel relooking ! lance Camille, bluffée. Cest bien toi ?

Bien sûr mon trésor ! Tu me trouves changée ? demande Mamie Henriette, toute fière.

Et de tourner à petits pas sur elle-même pour mieux se faire admirer.

Mamie, mais cette coupe canon ! Tes cheveux ont pris un gris argenté hyper chic, et ce vernis, jadore ! Franchement, on ose même plus dire “mamie” tellement tu fais jeune, rit Camille.

Ça te plaît, ma Camille ?

Plutôt deux fois quune ! Et maman ma dit que ta tension faisait des siennes, alors jai amené les cachets, des croissants, et la confiture quon aime bien.

Oh, croissants et confiture, oui mais en ce moment je fais attention au sucre, prends-les pour toi.

Attends, tu veux ma mort ? Sérieusement, Mamie, il test arrivé quoi ? Tu serais pas tombée amoureuse par hasard ? Parce que là, tout respire la joie chez toi alors que maman sinquiète et menvoie te surveiller.

Merci ma chérie, tas sûrement mille trucs à faire, tu vas pas traîner chez la vieille, non ?

Camille est éberluée. Dhabitude, mamie ne la laisse partir quà la nuit tombée. Un doute sinstalle, alors elle tente une contre-attaque.

Un petit thé, peut-être ?

Non merci ma Camille, pas le temps, franchement ! Prends tes croissants, la confiture, et même des crêpes, voilà, cest le kit pique-nique, rigole Mamie, toujours en mouvement.

Bon daccord, Mamie se résout la petite-fille tout en pensant : cest pas normal Il se passe bien quelque chose. Un papi dans la place ?

Sur lescalier, à chaque pas, Camille rumine. Il faut enquêter ! Depuis quand Mamie me met à la porte aussi vite ? Y a un homme là-dessous Sinon peut-être une virée avec ses copines. Elle a tout le réseau : théâtre, ciné, café, Mamie cest la reine des afterwork.

Dès que la porte dimmeuble claque, Camille se faufile fillette détective entre les garages du rez-de-chaussée. Vingt minutes de patience à zieuter les sorties. Bientôt, Mamie apparaît, lookée comme jamais.

Jolie tenue neuve, se dit Camille. Où va-t-elle ? Direction parc

Dès que la distance est sûre, Camille joue lespionne et suit, discrète, à bonne distance.

Surtout, faut pas quelle me grille, cette ancienne du résistant.

Henriette na rien remarqué : plongée dans ses pensées, elle traverse le parc dun pas vif Là, un homme chic, tempes argentées, lattend avec un bouquet de pivoines. Camille bondit derrière un massif de lilas, mode ninja.

Mamie arrive, il lui offre le bouquet, bise sur la joue et réciproque. Camille nen croit pas ses yeux.

Mais cest la folie ! Mamie amoureuse ! Je croyais quaprès soixante, cétait fini ces histoires. Regardez-les, main dans la main, ah la la

Camille saccroupit derrière sa cachette, avant de suivre du regard le couple qui disparaît en direction de la terrasse dun petit café.

Au même moment, elle tombe sur un jeune homme, téléphone brandi, en train de filmer la scène.

Eh toi ! Pourquoi tu filmes ma grand-mère ? Qui ta donné la permission ?

Décontenancé, le gars se redresse, puis, prenant son air le plus professionnel, répond :

Je suis journaliste, peut-être que jaimerais écrire un article sur lamour après la retraite.

Camille soupire, les yeux au ciel.

Lamour, nimporte quoi ! Aujourdhui, il y a tellement darnaqueurs qui guettent les pauvres mamies Tu crois pas ?

Sérieusement ? sétonne-t-il.

OUI ! Alors, dis-moi pourquoi tu choisis MA mamie ? Y a plein de gens dans ce parc. Interdiction de filmer, cest la loi ! Et puis ce « fiancé », sil lui chipait son appartement ?

Le jeune homme fait la moue.

Pour info, ce fiancé a un grand trois-pièces hyper stylé en centre-ville, précise-t-il. Et jy squatte en ce moment, mes parents refont la salle de bain.

Attends… cest ton papi ?

Oui, cest mon grand-père, Gérard Moreau. Et je te confirme, il vient de changer : rasage quasi quotidien, jeans neufs et parfumé jusquau bout des chaussures… Jai direct soupçonné un coup fumeux. On nest jamais assez prudents.

Donc près de ma grand-mère se trouve ton grand-père. Moi cest Camille, et toi ?

Mathieu, répond-il en souriant. Puis, plus léger : bon, maintenant quon a tout éclairci, finalement pourquoi pas les laisser tranquilles ? Moi, ça ne me dérange pas.

Bof, dans le fond tas raison. Faut bien leur laisser une chance

Puisque le sort nous a réunis, si on allait au cinéma ce soir ? propose Mathieu. Y a un thriller qui sort.

Allez, soyons fous, accepte Camille.

Trois mois passent. Henriette appelle sa fille :

Dis, Maud, Camille est là ?

Elle est là, Mamie. Pourquoi, quelque chose ne va pas ?

Javais une nouvelle à vous annoncer : Gérard Moreau, mon ami proche, ma demandé en mariage et jai accepté. Préparez-vous, je compte sur votre présence ! La mère active le haut-parleur.

Mamie ? Tu veux vraiment te remarier à ton âge ? Tu vas pas nous refaire des bébés !

Ma Camille, à notre époque, on fait comme il faut, tout en règle. Nous, on préfère faire les choses bien, pas comme les couples daujourdhui qui se séparent au bout de trois semaines. Cest du sérieux avec Gérard !

Maman, ta petite-fille a raison, pourquoi ne pas vivre ensemble simplement ? demande la fille, amusée.

Maud, retiens-le bien : lâge idéal pour se marier, cest celui où on tombe amoureux ! Lamour na pas dâge, cest universel. À mon âge, la vie ne fait tout simplement que commencer, éclate de rire Mamie Henriette. Alors, si ça frappe à la porte, on file direct à la mairie !

Bon, alors félicitations Mamie, visiblement tu fais tout sérieusement. On soccupe du maquillage et du champagne.

Et tu sais quoi, Maud, ta Camille fréquente aussi Mathieu, le petit-fils de Gérard Ça promet, non ?

Ah ça, on la bien remarqué, elle narrête pas den parler, réplique la mère. Et toi, Camille, tu confirmes ?

Oui, oh Mamie, il est top ton Mathieu, enfin le tien… comme ton Gérard ! répond Camille en éclatant de rire.

Quelques semaines plus tard, tout le monde fête les noces dHenriette et Gérard dans un petit bistrot chaleureux, quelque part dans Paris. Champagne, croissants, fromage, bonheur et éclats de rire : la vie, vraiment, ne faisait que commencer.

Rate article
Add a comment

;-) :| :x :twisted: :smile: :shock: :sad: :roll: :razz: :oops: :o :mrgreen: :lol: :idea: :grin: :evil: :cry: :cool: :arrow: :???: :?: :!:

1 × four =

La vie ne fait que commencer La veille au soir, Julie s’est mise d’accord avec sa copine Chloé pour démarrer la journée par un jogging matinal. Pourtant, c’était les grandes vacances à la fac, et difficile de se motiver à se lever tôt, mais il fallait bien se mettre au sport un jour. — Chloé, ne dors pas trop tard, je sais que tu es une vraie marmotte qui adore traîner au lit jusqu’à midi ! lui lança Julie la veille, tandis que Chloé promit solennellement : — Julie, je te jure, cette fois je ne raterai pas le réveil, quand il le faut, je deviens super sérieuse, tu me connais ! s’amusa-t-elle de sa propre réputation, dont Julie était la première à douter. Julie fit preuve de volonté, se leva avant même que sa mère soit partie au travail : celle-ci finissait son café tout en maugréant. — Maman, tu parles toute seule ? s’étonna la fille. — Regarde-moi ça, j’ai mis mon nouveau chemisier et paf : une tache de café, soupira la mère. — Et c’est moi qui ne fais pas attention à mes affaires ? Tu aurais pu boire ton café en tee-shirt, répliqua Julie. — Je suis pressée, il va falloir que je me change. Allez, ne remue pas le couteau dans la plaie. Et qu’est-ce que tu fais debout si tôt ? continua la mère en changeant de blouse. — Avec Chloé, on s’est motivées pour aller courir au parc, répondit sérieusement Julie. — Tu parles, rigola la mère, Chloé doit encore dormir à poings fermés, j’en suis certaine. Au fait, ça fait combien de temps que tu n’es pas allée voir Mamie ? — Maman, je lui ai téléphoné hier, on s’appelle tous les jours. — Eh bien, aujourd’hui j’aimerais que tu passes la voir. Elle m’a dit que sa tension faisait des siennes. Passe lui prendre ses médicaments à la pharmacie, achète-lui des croissants et de la confiture de fraises. Elle a 64 ans tout de même. Tu as le temps, tu es en vacances. Bon, j’y vais ! lança sa mère en quittant l’appartement. — D’accord, je vais aller voir Mamie. On se croirait dans le Petit Chaperon rouge, sauf que Maman ne m’a pas fait de tarte, sourit Julie. Ah, mince, et la course alors ? Elle appela Chloé, qui répondit d’une voix ensommeillée : — Allô… Oh mince Julie, j’ai dormi trop longtemps ! Tu es déjà au parc ? Désolée, je me réveille… — Ce n’est pas grave, finalement j’ai mission Mamie ce matin. On annulera le jogging. Je dois prendre mon petit dej, puis passer au magasin et à la pharmacie, mamie habite à l’autre bout de la ville. — Ok, alors je vais dormir un peu plus longtemps ! se réjouit Chloé en raccrochant. — Ma mère avait raison, rit Julie. Une vraie marmotte, cette Chloé. Enfin bon, j’aurais pu rester au lit aussi… Au bout d’une heure, Julie sortit de chez elle avec son sac à dos, de l’argent, la liste des médicaments et même un parapluie : le ciel était maussade. Elle mit une heure pour rejoindre la grand-mère, à l’autre bout de Paris. Midi approchait. Julie sonna. Sa grand-mère, Marie-Simone, ouvrit rapidement la porte, Julie en resta bouche bée, croyant s’être trompée d’appartement. — Mais Mamie, quelle métamorphose ! Julie n’en croyait pas ses yeux. C’est vraiment toi ? — Oui, c’est bien moi, Julie, j’ai rajeuni, tu trouves pas ? Elle tourna sur elle-même. — Mamie, ta nouvelle coupe est sensationnelle ! Et cette couleur argentée, c’est élégant, et ce vernis à ongles ! Euh, j’ose plus t’appeler Mamie ! rit Julie. — Si ça te plaît, tant mieux ! Ta maman disait que j’avais des problèmes de tension, tu m’apportes les médicaments, des croissants et de la confiture ? — Oui, mais à ce rythme, ce sont les croissants qui vont faire monter ta tension ! dit plaisamment Julie. Mamie, dis-moi, tu n’es pas tombée amoureuse, par hasard ? Tu sembles radieuse. Maman m’a envoyée te voir, elle était inquiète… — Merci, Julie, tu dois avoir plein de choses à faire, tu restes un peu ? Julie fut étonnée. D’habitude, Mamie la gardait tout l’après-midi, mais aujourd’hui, on aurait dit qu’elle souhaitait qu’elle parte. — On prend un thé ? — Julie, je vais être juste niveau temps. Prends tes croissants et ta confiture, tiens, je t’ai préparé des petites crêpes aussi. Voilà, tu prends tout ça comme une ration de survie ! plaisanta Marie-Simone. — D’accord Mamie, alors je rentre, fit Julie, mais elle pensait : tout ça n’est pas net… Mamie doit avoir un amoureux, c’est certain ! En descendant l’escalier, Julie réfléchit intensément. — Je vais enquêter là-dessus. Ce n’est pas normal que Mamie me mette à la porte ! Il doit y avoir un papy là-dessous… ou alors une sortie avec ses copines, elles vont souvent au théâtre, au cinéma, parfois au café. Elle me l’a déjà raconté. Dehors, Julie se posta derrière les garages de l’immeuble et observa. Bientôt, Marie-Simone sortit en tailleur flambant neuf et prit la direction du parc… — Mamie s’est fait toute belle… Où va-t-elle ? Julie la suivit prudemment jusqu’au parc, où un monsieur aux cheveux argentés l’attendait avec un bouquet de fleurs. Marie-Simone reçut les fleurs, un baiser sur la joue et le lui rendit. — Incroyable ! Mamie amoureuse, et moi qui croyais qu’à leur âge, l’amour n’existait plus ! Et le voilà qui lui prend la main… Julie, cachée derrière un buisson de lilas, pensa qu’ils allaient rebrousser chemin, mais non. — Ils vont vers la terrasse du café ! se dit-elle. C’est alors qu’elle remarqua un jeune homme filmer la scène au téléphone. — Hé ! Toi, là ! Pourquoi tu filmes ma grand-mère, tu n’as pas le droit ! Le jeune homme, surpris, mit un instant à répondre puis déclara : — Journaliste… Peut-être que je veux écrire un article sur l’amour chez les seniors. Julie soupira, agacée : — De l’amour, là ? Laisse-moi rire… Aujourd’hui, il y a tellement d’arnaqueurs qui en veulent au logement de nos chères mamies, tu ne trouves pas ? — Tu es sérieuse ? s’étonna-t-il. — Sérieuse à 100 %. Et pourquoi ma grand-mère, d’ailleurs ? Je te l’interdis, c’est privé ! Ce “prétendant” veut peut-être lui piquer son appartement ! Le garçon sembla vexé. — Si tu veux savoir, ce prétendant-là habite un trois-pièces dans le centre de Paris. J’habite chez mon grand-père en ce moment, mes parents refont leur appartement. — C’est ton grand-père ? — Oui, Eustache. Je le trouve bien changé ces derniers temps : il se rase tous les deux jours, a acheté un jean neuf, m’a même demandé de choisir un parfum ! J’ai tout de suite compris qu’il se tramait quelque chose. On ne sait jamais, si c’était une croqueuse d’héritage qui veut lui piquer son appartement… Il faut veiller au grain. — Donc, le monsieur avec ma mamie, c’est ton grand-père ? Moi, c’est Julie. Et toi ? — Arthur, répondit-il en souriant. Au fond, je propose qu’on les laisse tranquilles, non ? Je ne suis pas contre. — Moi non plus. Qu’ils profitent ! Et Mamie, alors… — Au fait, Julie, on se connaît à peine mais si on allait au cinéma ensemble ? Il y a un nouveau thriller à l’affiche. — Bonne idée ! acquiesça Julie. Trois mois plus tard, Marie-Simone appela sa fille : — Dis, la petite Julie est à la maison ? — Oui, pourquoi ? — J’ai une grande nouvelle à vous annoncer. Mon ami Eustache m’a demandée en mariage, et j’ai dit oui ! Vous êtes invitées à la cérémonie ! — Mamie ! cria Julie. Je te félicite, mais à votre âge, à quoi bon se marier ? Vous n’allez pas faire d’enfants ! — Julie, on vit selon la loi ! Dans notre génération, c’est comme ça. Pas comme vous, les jeunes, qui vivez deux semaines ensemble puis vous séparez… Avec Eustache, c’est du sérieux. — Maman, Julie a raison… Pourquoi se marier, vivez simplement ensemble ! intervint la fille. — Ma chérie, le meilleur âge pour se marier, c’est celui où on tombe amoureux… L’amour n’a pas d’âge, c’est bien connu ! Et à mon âge, qui sait, la vie ne fait peut-être que commencer, s’amusa Marie-Simone. Si l’amour frappe à la porte, il faut foncer à la mairie ! — Bon, alors félicitations ! On va préparer la fête, dit la fille. — Et tu sais que Julie sort avec Arthur, le petit-fils d’Eustache ? demanda la grand-mère. — Je sais ! Elle m’en a parlé, elle a l’air enchantée ! N’est-ce pas, Julie ? — Oui, Mamie, j’adore Arthur, il est super… comme ton Eustache ! éclata de rire Julie. Quelques jours plus tard, toute la famille célébrait les noces de Marie-Simone et d’Eustache dans un petit café plein de charme. Le bonheur était au rendez-vous.
Excuse-moi de ne pas avoir pu célébrer ton anniversaire, j’ai eu un petit incident.