La fiancée d’un autre : l’histoire de Valéry, animateur très demandé à Paris, qui tombe éperdument amoureux de la femme d’un client avant de découvrir qu’elle n’est pas la mariée, mais la mère – et se lance dans une quête inattendue du bonheur et de l’amour véritable, bouleversant les attentes de son entourage.

Ah bah écoute, faut que je te raconte cette histoire de dingue qui est arrivée à mon cousin éloigné, Patrick. Alors lui, cétait vraiment la star des événements à Lyon ! Jamais il na eu besoin de coller une annonce, tout se faisait par le bouche-à-oreille. Un anniversaire à animer ? Il était partant. Un mariage ? Impeccable ! Il avait même déjà géré la kermesse de la maternelle et avait carrément mis toutes les mamans dans sa poche.

Au départ, tu vois, cétait juste pour aider un pote : le témoin appelé à la dernière minute, parce que le maître de cérémonie, il était, genre, tombé dans un coma éthylique… Bref, Patrick simprovise présentateur. Bon, faut dire quil avait toujours baigné dans le théâtre amateur au lycée, avec latelier Théâtre des Lumières. À la fac, il était le roi lors des soirées étudiantes et des sketchs d’impro. Résultat, la prestation a cartonné et, direct, deux personnes du mariage lui demandent pour leurs propres fêtes.

En parallèle de tout ça, Patrick bossait comme petit chercheur au CNRS, histoire de dire quil avait un vrai boulot, mais ça lui rapportait des clopinettes. La première fois quil a touché un vrai cachet avec une soirée, il a compris : cest ça, sa voie. Il acceptait tous les contrats, il prennait, et ça commençait à bien tomber au point où, en un an, ses revenus danimateur dépassaient de loin son salaire dingénieur de recherche.

Du coup, il lâche le CNRS, sachète du matériel de pro, monte sa micro-entreprise et hop, le voilà officiellement dans le show-biz. Il prend même des cours de chant, vu quil a une belle voix et loreille musicale. Rapidement, il devient lanimateur-chanteur à la mode, et chante dans une brasserie chic du Vieux-Lyon trois soirs par semaine pour arrondir.

Arrivé à la trentaine, Patrick est beau gosse, un peu connu, pas mal à laise niveau finances, et cest l’as des soirées. Se marier ? Sérieux, pourquoi faire ? Les filles, cétait limite des grappes autour de lui. Mais bon, à force de voir ses potes fonder des familles, il commence à avoir envie de voir autre chose, de sassagir… Le hic ? Il tombe pas sur la bonne. Les plans faciles pour samuser, ok, mais pour la vie, lui voulait du sérieux.

Je te jure, un jour, il me sort une connerie : Faut que je croise une lycéenne, je léduque à ma façon, et dès ses 18 ans, bam, mariage, la femme idéale ! Il sinscrit même pour animer des bals de terminale, histoire de repérer la perle rare. Mais franchement, les filles daujourdhui, ça collait pas avec son idée Pourtant, il lâche pas laffaire, il observe, comme il le disait, il traque la licorne. Et cest là que le destin a décidé de bien se payer sa tête à mon Patrick

Tout commence à larrache : un après-midi, il reçoit lappel dune dame qui avait eu son numéro damis damis. Elle lui explique : On cherche un animateur pour un mariage. Vous êtes dispo le 17 juin ? Génial ! On peut se voir ?

Ils se retrouvent. Là, Patrick me jure que cest la première fois quil comprend lexpression avoir le sol qui se dérobe sous les pieds. Elle sappelle Élodie, et franchement, il en est bouche bée. Belle comme un rêve, la classe, intelligente. Elle lui expose le plan, hyper claire : on veut ça, ça et ça Il la regarde, il se dit quil y en a qui ont VRAIMENT de la chance ! Il lui donne trente ans à tout casser, peut-être un peu plus. Et puis, elle place en passant quelle était jeunesse communale, alors là, il calcule quelle doit avoir au moins 40 ans !

Ils discutent tous les détails, signent le contrat, même si Élodie trouvait que cétait inutile : Pas besoin, je vous fais confiance, vous avez dexcellentes recommandations ! Mais Patrick, lui, il bosse toujours avec un contrat, parole dancien junior-CNRS. Il insiste : Je dois faire ma déclaration à lURSSAF, pas de souci inutile ! Et entre nous, il voulait juste se pincer pour se prouver quil ne rêvait pas.

Soudain, le téléphone dÉlodie vibre : Ah, voilà le fiancé, il vient me chercher. Vous voulez que je vous dépose quelque part ? Patrick décline, mais laccompagne jusquà la voiture cest son habitude de voir la dynamique du couple, comment ils sont ensemble. Mais là, pas par curiosité, juste, tu vois, la jalousie, quoi. Et là… Le fiancé sort de la voiture : un gars plus jeune que Patrick, hyper à laise, genre :

Élodie, tout va bien ?
Elle lui sourit en mode tout roule. Il ferme la portière, se tourne vers Patrick : Cest vous lanimateur de notre mariage avec Élo ? Enchanté, mon pote Robert ma parlé de vous, il dit que vous êtes le meilleur. Il tend la main : Pardon, je me présente, je mappelle Laurent, le fiancé.
Patrick, lui, il rêve juste de lui coller une bonne, mais il serre la main : Patrick, enchanté

Et à partir de ce moment-là, il ne dort plus, il pense quà elle, il cherche tous les prétextes pour appeler Élodie, entendre sa voix. Le jour J approche, il devient fou. Il finit par raconter tout ça à son pote, qui se marre : Et les jeunes filles alors, cest fini ? Plus envie de façonner ton épouse idéale ? Patrick soupire : Oublie ! Élodie, cest la femme parfaite, jai besoin de personne dautre ! Son pote le pousse à lui parler franchement, mais Patrick balaie lidée direct : Tes ouf ? Elle va se marier, elle est sûrement amoureuse Et puis, jai aucune chance, moi !

Parfois, Laurent débarquait, rayonnant : Élodie ma dit de te remercier ! Patrick voulait létrangler. À deux doigts de renoncer à la soirée. Mais ça voulait dire ne plus jamais revoir Élodie Du coup, il laisse tomber.

Deux jours avant le mariage, Élodie débarque chez Patrick, histoire de peaufiner le conducteur, dit-elle. Son bureau était en travaux, alors rendez-vous chez lui ! Ils discutent, ils rigolent, une belle complicité. Patrick sort une bouteille de champagne : À la réussite de la soirée ! Élodie rigole : Avec plaisir ! Ils trinquent, lambiance monte, et soudain, Patrick lembrasse. Et incroyable, elle répond ! Nuit magique, tout sembrouille, il plane complètement.

Au réveil, Patrick a un doute. Il croit avoir rêvé, mais le parfum sur loreiller dit le contraire. Il panique, il finit par appeler Élodie : Ça va ? Élodie, imperturbable, Nickel ! Tu excuseras mon départ furtif, mais tu sais comment cest, la veille du mariage

Donc le mariage tient toujours ? demande-t-il, la gorge serrée.
Ben oui, pourquoi ça changerait ? Tout se passe bien !

Patrick tombe de haut. Les femmes sont-elles toutes aussi cruelles ? Il songe même à tout balancer Puis il se dit non : cynique ou pas, il lui faut Élodie, il sen fiche.

Le grand jour arrive, Patrick arrive tôt à la salle. Les décoratrices lui font les yeux doux, mais il ne voit quÉlodie. Et là

Élodie débarque, resplendissante.
Salut. Je suis partie direct après la mairie, fallait que je te voie, dit-elle avec un sourire incroyable.
Quoi ? Donc vous êtes officiellement mariés, et là tu viens ici, comme si de rien nétait ?
Bah oui, pourquoi jirais faire le tour de Lyon avec la jeunesse alors que je peux passer un bon moment avec toi, tes pas content ?
Attends la jeunesse ? Cest pas toi la mariée ?
Élodie éclate de rire, dun rire franc, communicatif.
Mais non ! Cest ma fille, Lucie ! Elle fait ses études à Paris, elle est arrivée hier Jai jamais dit que cétait moi, la mariée ! Tu me voyais, deux jours avant mon mariage, passer la nuit ailleurs ? Tu me crois si inconséquente ?

Patrick devient rouge tomate, il pige dun coup : à aucun moment Élodie na dit je ou nous, toujours la mariée et le fiancé. Et Laurent na jamais dit Élo, juste Élodie et vouvoyait même ! Comment il na pas capté plus tôt ? Il sest bien fait avoir Alors il ose enfin :

Et toi alors ? Tes célibataire ?
Élodie acquiesce avec un sourire. Patrick fond, il lâche tout :
Épouse-moi, toi Sil te plaît.

Le mariage de Lucie et Laurent a été fabuleux, Patrick a assuré comme jamais. À la fin, les jeunes mariés sont venus le remercier, Élodie a dit : Laissez, je vais men charger. Elle le regarde, complice.

Quelques semaines plus tard, toute la famille était sur le coup : Patrick va épouser une femme de neuf ans son aînée ?! Mais dès quils ont rencontré Élodie, tout le monde était sous le charme :
Tu métonnes quil ait craqué !

Élodie et Lucie ont même eu des bébés à deux semaines dintervalle. Si cest pas une belle histoire, franchementEt tu sais quoi ? Aujourdhui encore, dans les soirées lyonnaises, ya toujours quelquun pour chuchoter : Lui, là-bas, cest Patrick, lanimateur qui a épousé la mère de la mariée ! Et ça fait sourire la bande comme au premier jour. Patrick, lui, savoure la vie entre deux refrains à la brasserie du coin, il balance un clin dœil complice à Élodie, assise au fond, et lève son verre : À ces coups du destin qui transforment une simple soirée en feu dartifice.

Et, souvent, il conclut devant lassemblée hilare :
Moralité, cherchez pas la licorne. Parfois, la magie, cest juste devant vos yeux et elle sappelle Élodie.

Le public applaudit, les enfants rient, Lucie sémerveille, et Patrick, le cœur léger, sait enfin quil a trouvé bien mieux quun plan : la plus belle improvisation de sa vie.

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La fiancée d’un autre : l’histoire de Valéry, animateur très demandé à Paris, qui tombe éperdument amoureux de la femme d’un client avant de découvrir qu’elle n’est pas la mariée, mais la mère – et se lance dans une quête inattendue du bonheur et de l’amour véritable, bouleversant les attentes de son entourage.
Elle a piétiné ma destinée, cette intrigante ! — Mon fils, si tu ne quittes pas cette effrontée, considère que tu n’as plus de mère ! Cette Nini a quinze ans de plus que toi ! — répétait ma mère. — Maman, je n’y arrive pas ! Même si je le voulais… — me justifiais-je. …J’avais une petite amie adorée, Lénouchka, 14 ans. Pure, discrète, tant désirée. Quand je l’ai connue à une boum du lycée, j’en avais 18. Lénouchka m’a tout de suite plu, à m’en faire pleurer ! Par l’entremise d’une copine, je l’ai invitée à sortir en usant de tous les stratagèmes. Vous croyez qu’elle est venue ? Non ! À la façon d’un chasseur, j’ai traqué ma proie. J’ai déniché le numéro de Léna, je l’ai appelée, suppliée de me voir. Finalement, elle a capitulé. Mais elle m’a prévenu : « Viens chez ma mère et demande-lui la permission. » Je poireautais devant la porte de Léna, ruisselant, rouge de nervosité. Sa maman était une dame pleine de bonté et d’humour. Elle m’a confié son trésor pour deux heures. On s’est promenés dans le parc, bavardé, ri. Tout était très chaste. Quand soudain, Léna a dit : — Vova, j’ai un copain. Je crois que je l’aime. Mais c’est un sacré coureur. Je ne supporte plus de le surprendre à flirter. J’ai ma fierté, tu sais. Essayons d’être amis, d’accord ? J’ai haussé les sourcils, encore plus intrigué. Léna pouvait être prude… ou amoureuse. Je suis tombé un peu plus amoureux d’elle. Les deux heures se sont envolées et j’ai ramené Léna à sa mère. …Avec le temps, je ne pouvais plus vivre sans cette fille. Ma mère l’adorait aussi, notre « rayon de soleil ». Léna venait souvent chez nous. Ma mère tentait de lui apprendre les petits secrets féminins. Parfois, elles papotaient tellement qu’elles m’oubliaient ! Quand Léna a eu 18 ans, on a parlé mariage. Aucun doute pour personne : on allait se marier ! La date a été fixée pour l’automne. …L’été est arrivé. Léna est partie en vacances chez sa grand-mère à la campagne. Moi, je restais à la maison de famille, aidant ma mère. Un jour, j’arrosais les tomates au jardin, quand j’entends : — Jeune homme, de l’eau s’il vous plaît ! Je me retourne : une femme d’une trentaine d’années, mal mise, cheveux hirsutes, les yeux pleins de feu. Une voisine inconnue. Je ne peux pas refuser. Je lui tends une tasse d’eau fraîche : — Servez-vous… Elle boit avec plaisir : — Merci, jeune homme ! J’ai failli mourir de soif. J’ai de la petite liqueur maison avec moi. Prenez-en, en remerciement ! La voilà qui me fourre une bouteille entre les mains. On offre, faut bien accepter. Je lui crie en la voyant partir : — Merci ! Le soir, j’ai bu cette liqueur au dîner. Ma mère était partie en ville, j’étais seul. Avec elle, jamais je n’aurais touché à cette bouteille. Le lendemain, la femme est revenue. On a discuté. Elle s’appelait Nina. Elle vivait au village voisin. Je l’ai invitée chez moi. Elle avait de la liqueur, encore. J’ai vite fait une salade, des tartines. La conversation était animée, la bouteille vite vidée. Aujourd’hui encore, je me maudis pour la suite… Nina m’a mis dans sa poche comme un gamin. J’étais sous le charme de cette femme, incapable de comprendre ce qui m’arrivait, comme dans un brouillard. Je me suis réveillé, elle était partie. Ma mère était au-dessus de moi, essayait de me réveiller : — Vova, que s’est-il passé en mon absence ? Avec qui as-tu bu ? Pourquoi ton lit ressemble à un champ de bataille ? — s’inquiétait-elle. J’avais la tête qui tourne, les mains tremblantes, incapable de lui répondre. Le soir venu, j’ai émergé. Honte devant Léna, ma fiancée… Moins d’une semaine plus tard, Nina est revenue. J’étais content de la revoir, à ma grande surprise. Ma mère surgit sur le pas de la porte, mains sur les hanches : — Qu’est-ce que vous voulez, madame ? J’ai ramené ma mère à l’intérieur. — Maman, voyons, ce n’est pas comme ça qu’on accueille une invitée ! Elle a peut-être juste soif, tu t’énerves tout de suite, — je la calme. — Invitée ? Mais c’est Nini la traîne-savates du village ! Tous les chiens la connaissent ! Elle rôde dans les jardins, séduit les hommes ! Qu’elle aille au diable ! Tu ne l’approcheras plus ! — Maman fulminait. Ma mère ne savait pas qu’il était trop tard. Sans doute, Nini m’avait ensorcelé avec sa liqueur. Je ne l’aimais pas, mais je courais après elle comme une ombre. J’ai oublié Léna. Et quand j’ai parlé de Léna à Nina, elle a répondu : — Vova, un premier amour, ce n’est pas une fiancée. Le mariage a été annulé. Ma mère a invité Léna chez nous et lui a tout raconté. — Ma petite, pardonne ce pauvre Vova. Il ne sait pas dans quel gouffre il tombe. Il s’en mordra les doigts, ce sera trop tard. Il va se perdre avec cette traînée, crois-moi. Arrange-toi pour être heureuse, ne l’attends pas, — s’est-elle excusée. Léna a fait sa vie, elle s’est mariée. Ma pauvre maman, pour me séparer de Nina, s’est rendue au bureau du service militaire et a demandé qu’on m’appelle sous les drapeaux. J’avais une dérogation jusque là. On m’a envoyé en Afghanistan. Je ne raconterai pas ici ce que j’ai vécu là-bas… Je suis revenu sans trois doigts à la main droite. Petite blessure. Bien sûr, le choc fut profond. Je suis devenu insensible et téméraire. Nina m’a attendu. Nous avions déjà un petit garçon. En partant à la guerre, j’avais voulu « semer une graine » au cas où… J’ai eu un fils. Là-bas, je rêvais de cinq enfants. Ma mère détestait toujours autant Nina. Elle gâtait Léna et tricotait des chaussons à sa fille. Ma mère était persuadée que la fille de Léna était de moi. Avec le temps, j’ai appris le téléphone de Léna par ma mère. Elle me l’a même donné, mais m’a prévenu : ne chamboule pas sa famille. Je l’ai appelée, on s’est revus. Elle était encore plus belle. Elle m’a invité chez elle, présenté son mari. À lui, j’étais « l’ami d’enfance ». Le soir, du champagne sur la table, des fruits, leur fille chez sa grand-mère. On a parlé. — Pardonne-moi, Léna. C’est la vie. J’ai quatre enfants… — Il ne faut rien changer, Vova. On s’est revus, on a rappelé le passé, ça suffit. Prends soin de ta mère, elle a tant souffert, — m’a-t-elle dit. Je regardais Léna, incapable de détacher mes yeux. Elle était toujours aussi belle, aussi désirable. Je l’ai prise par la main, je l’ai embrassée tendrement. — Léna, je t’aime comme à dix-huit ans. Mais notre amour est passé à côté de nous. La vie ne se réécrit pas… — ai-je laissé échapper. — Vova, il est tard, il faut que tu rentres, — a-t-elle conclu. Mais comment partir ainsi ? Un feu ardent s’est allumé en moi, mon cœur s’est emballé ! …Le matin, je suis parti discrètement. Léna dormait profondément. Nos rencontres secrètes ont duré trois ans. Puis Léna et sa famille ont déménagé, tout fut fini. …J’ai divorcé de Nina quand nos enfants ont grandi. Ma mère avait raison. Une intrigante reste une intrigante. Elle a piétiné ma vie, piétiné mon cœur. …Aussi longtemps qu’on fait bouillir de l’eau, ce sera toujours de l’eau. Le seul vraiment mien fut mon premier fils…