Les parents de mon mari refusent de tourner la page : ils s’acharnent à le réconcilier avec son ex-femme – « Tu ne comprends donc pas ? Ils ont un fils ensemble ! » – se lamente ma belle-mère

Les parents de mon mari refusent de se calmer ils veulent absolument le réconcilier avec son ex-femme. « Tu ne comprends donc pas ? Ils ont un fils ensemble ! », se lamente ma belle-mère.

Je suis lépouse dun homme dont les parents semblent navoir jamais accepté le divorce de leur fils, malgré le fait que cela date de plus de quatre ans. Ils persistent à vouloir les rapprocher. Lui et moi, nous nous sommes mariés il y a trois ans. Nous menons une vie paisible, un peu effacée, presque hors du temps.

Ma belle-mère est persuadée quil a agi sur un coup de tête, quil a commis une folie. Selon elle, il devrait tout tenter pour recoller les morceaux avec la famille de son ex-femme. Après tout, leur fils vit encore là-bas

Quand jai rencontré Adrien, il était déjà divorcé. Leur séparation, soi-disant, sétait faite dun commun accord, dans une brume vague. Son ex-femme sétait dailleurs remariée avec allégresse, sans délai. Probablement que lamant était la cause de cette rupture.

Peut-être avons-nous commis une erreur, Adrien et moi, en nous mariant. Ma propre mère tenait absolument à ce que notre union se concrétise. Son ex-femme était tombée enceinte, et il ma avoué un soir quil nétait même pas amoureux delle. Simplement, il sortait avec elle, sans passion ni projet. Si la grossesse nétait pas intervenue, il naurait jamais pensé à se marier. Voilà ce quil ma confié, dune voix lointaine.

Je navais aucune crainte vis-à-vis de son ex. Au début, je me suis contentée dobserver Adrien, de deviner ce quil ressentait vraiment. Jai compris quil néprouvait aucune nostalgie pour cette ancienne vie, quil était indifférent à son ex-femme. Dailleurs, elle aussi ne semblait pas préoccupée par lui. Elle sest remariée, et ils communiquent uniquement à propos de leur fils.

La seule à ne pas digérer la situation, cest la mère dAdrien. Le père non plus dailleurs. Ensemble, ils multiplient les tentatives absurdes de rassembler la famille éparpillée. Ils accueillent très mal notre union, et cela se ressent comme une pluie fine et froide qui sinfiltre partout.

« Vous êtes jeunes, la vie est devant vous. Pourquoi donc tencombrer de cette famille déjà brisée ? » me demandait-elle, le regard perdu, quand nous nous retrouvions seules. Je lui répondais que si Adrien était marié, jamais je ne me serais permise dintervenir. Mais il est libre ! Elle voulait répliquer, mais il entra dans la pièce, et elle sest tue, comme si rien navait eu lieu. À cet instant, jai compris que nos rapports ne seraient jamais simples. Mais cela ne mattristait pas vraiment.

Nous nous sommes mariés à la mairie de Lyon, puis la vie à deux sest installée doucement, silencieuse. Je navais quasiment aucune relation avec ma belle-mère, hormis lors de certains dîners familiaux. Là, il fallait subir ses plaintes à propos de la famille de lex. Adrien tentait de lui imposer le silence, mais cela napaisait rien. Le disque sautait sans cesse.

Avoir des enfants nétait pas urgent pour nous. Je ne me voyais pas mère, pas encore. Mon mari avait déjà un fils, ce qui ravissait malgré tout sa propre mère.

Après le divorce, ma belle-mère sest mise à inviter lex-belle-fille aux festins de Noël ou de Pâques, soupirant sur la beauté de leur ancien couple, lançant mille éloges à la moindre occasion. Lex-femme, elle, semblait ne rien en avoir à faire. Elle venait, droite et neutre, repartait dans le même flou, baignée dans lindifférence.

Ma belle-mère, refusant lévidence implacable, cherchait à attiser la jalousie chez Adrien, et en moi une inquiétude diffuse. Elle mappelait parfois, demandait si je savais où se trouvait mon mari. Lorsque je lignorais, elle prétendait quil était retourné chez son ex. Ou bien elle trouvait mille subterfuges pour lenvoyer là-bas. Tout devenait motif à malice ou soupçon.

Je nai pas lombre dun poil de jalousie en moi. Mais toute cette agitation me fatigue, muse les nerfs. Quiconque observerait Adrien et son ex depuis lextérieur verrait immédiatement quils nont plus rien à faire ensemble, que rien ne les relie sinon leur fils. Mais un enfant commun ne simplifie rien, cest une racine dans la brume. Adrien verse chaque mois sa pension en euros. Parfois il discute avec leur fils, lemmène chez nous pour le goûter. Son ex-femme nest ni intrigante ni intéressée, elle ne cherche pas à lui soutirer davantage dargent, elle laisse les portes propres. Ils se comportent avec civilité, comme des adultes qui savent tourner la page. Il y a du respect, un partage dintimité passé mais sans nuages.

Mais ma belle-mère persiste à ne rien comprendre. Toujours elle ourdit de nouvelles machinations, glisse des phrases assassines comme des galets dans les chaussures. Quand cessera-t-elle, quand posera-t-elle son esprit ? Adrien croit que tout rentrera dans lordre dès que je lui donnerai un petit-fils. Mais moi, je ne crois plus aux miracles.

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Les parents de mon mari refusent de tourner la page : ils s’acharnent à le réconcilier avec son ex-femme – « Tu ne comprends donc pas ? Ils ont un fils ensemble ! » – se lamente ma belle-mère
La Promesse Denis conduisait sereinement sur l’autoroute, tenant le volant avec assurance. À ses côtés, son ami Cyril, tous deux revenaient d’une mission professionnelle à Lyon pour leur entreprise. Leur patron les avait envoyés deux jours pour négocier un contrat important. – Cyr, tu te rends compte, on a géré ça comme des pros et on a signé un contrat énorme, le patron sera ravi ! s’exclama Denis dans un sourire. – On a vraiment eu du bol, confirma Cyril, collègue et ami de longue date, tous deux travaillaient dans le même open space parisien. – C’est fou comme c’est agréable de rentrer chez soi quand quelqu’un t’attend ! ajouta Denis. Ma chérie, Ariane, est enceinte, elle souffre de nausées et je la plains. Mais on voulait ce bébé plus que tout, elle dit qu’elle est prête à tout endurer pour lui. – Un enfant c’est merveilleux… Avec Marianne, on n’a pas réussi, elle n’arrive pas à mener une grossesse à terme. On va tenter une deuxième FIV, la première n’a pas marché, raconta Cyril, marié à Marianne depuis sept ans. Ils attendaient un enfant avec impatience, mais… Denis avait épousé Ariane tard, à trente-deux ans. Il avait eu des aventures, mais personne comme elle. Quand il la présenta à Cyril et qu’il l’épousa – Cyril était témoin au mariage – il le comprenait, Ariane était belle et douce, il aurait été facile de tomber amoureux d’elle. Un petit crachin de septembre tapotait les vitres de la voiture, les essuie-glaces balayèrent parfois, les amis bavardaient gaiement. Le portable de Denis sonna, il répondit. – Coucou Ariane ! Oui, on roule, on sera là dans deux heures. Prends soin de toi, ne porte rien de lourd, j’arrive, je m’occupe de tout. Bisous ! Cyril pensait à Marianne, qui ne l’appelait jamais, elle n’était pas du genre à s’inquiéter, elle croyait que leur couple était solide, mais elle était tout autre qu’Ariane, toujours méthodique, entre boulot et maison. Soudain, Denis fit une embardée : un camion arrivait droit sur eux, la collision était inévitable… Ils heurtèrent un poteau du côté de Denis et furent projetés hors de la route. Cyril reprit connaissance, la tête en sang, la voiture était sur ses roues, la portière de son côté ouverte. Denis ne bougeait pas. Les secours arrivèrent, les voitures s’arrêtèrent sur le bas-côté. Cyril, allongé, attendait l’ambulance, la tête vrillée de douleur. On installa Denis sur un brancard, Cyril se pencha vers lui, Denis murmura : – Prends soin d’Ariane… À l’hôpital, Cyril avait le bras cassé et une commotion. Il demandait sans cesse des nouvelles de Denis. Une infirmière lui annonça : – Denis est décédé… Cyril fut dévasté. Il ne put aller aux obsèques. Marianne lui raconta qu’Ariane pleura énormément, incapable de croire que son mari était parti. Après sa convalescence, Cyril se rendit au cimetière avec Marianne, ils se recueillirent longuement. Cyril promit à son ami : – Je te le jure, Denis, je n’abandonnerai pas Ariane, je lui viendrai en aide, comme tu l’as demandé… Deux jours plus tard, il se rendit chez Ariane, elle fondit en larmes. – Comment vivre sans lui ? Je n’arrive pas à accepter qu’il soit parti. – Ariane, j’ai fait une promesse à Denis. Ensemble, on va y arriver. Appelle-moi dès que tu as besoin, je viendrai te voir. Les semaines passèrent. Ariane, éprouvée, craignait pour sa grossesse. Cyril venait deux fois par semaine, faisait les courses, l’emmenait à la clinique, toujours discret. Ariane n’abusait pas de sa gentillesse. – Cyril, je suis gênée, je prends de ton temps… – Ce n’est rien, j’ai fait une promesse à Denis. Cyril ressentait des sentiments mêlés pour Ariane, la femme de ses rêves – mais la situation le troublait. Tandis qu’Ariane vivait ses maux de grossesse, Cyril et Marianne enchaînaient examens et médecins – encore une FIV ratée… Leur solitude était routinière. Marianne ignorait l’aide que son mari apportait à Ariane. Dans le téléphone de Cyril, Ariane était enregistrée sous “Charité” pour éviter les questions. Après l’échec de la seconde tentative, la tension monta au sein du couple. Marianne en voulait à Cyril, elle le trouvait froid, distant, et ses allées et venues la rendaient suspicieuse. Elle doutait d’une infidélité, mais rien dans leur intimité ne clochait. Cyril, en déséquilibre dans sa vie personnelle, trouvait pleine satisfaction au travail, menant à terme le projet lancé avec Denis et concluant un gros contrat. À mesure que la grossesse d’Ariane avançait, elle s’affaiblissait. Ses parents, à Toulouse, étaient loin. Elle souffrait de migraines, de jambes gonflées, mais se plaignait peu. Un jour, Cyril la trouva perchée sur un escabeau, accrochant des rideaux. – Je viens de laver la fenêtre ! Quoi, tu trouves le ventre impressionnant ? lança-t-elle en riant. – Descends tout de suite, ordonna Cyril. Si tu chutais, tu risquerais la vie du bébé. Il l’aida, la frôla, sentit un frisson le traverser. – Merci, Cyr… dit-elle, avant de filer à la salle de bain, la nausée la reprenait. Cyril pensait : – Denis, là où tu es, tu vois ? Tu as voulu que je sois là… Une autre fois, Ariane lui demanda : – Pourrais-tu m’aider à aménager la chambre de bébé ? Après, je n’aurai plus la force… Cyril s’occupa des travaux, refusant qu’Ariane se fatigue. Ils finirent ensemble la chambre. De son côté, Marianne sombrait dans la dépression, parlant sans cesse de son infertilité. Ariane, elle, approchait du terme. Marianne sentit qu’il fallait sauver leur couple : elle accepta d’écrire des chroniques pour un grand magazine féminin. Ce boulot la motiva, lui rapporta un joli cachet. Elle rentra chez eux avec de quoi fêter : plein de bonnes choses et deux bouteilles de vin. – Qu’est-ce qu’on célèbre ? s’étonna Cyril en rentrant. – J’ai décroché ce gros contrat, il faut marquer le coup ! Leur film préféré passait à la télé, ils savouraient le vin. Soudain, le téléphone de Cyril sonna. Marianne lut par-dessus son épaule : “Charité”. Il se précipita dans la cuisine. – Ariane ? Qu’est-ce qui se passe ? – Excuse, Cyril… je crois que le travail commence… J’ai appelé le SAMU. – Mais ce n’est pas encore le moment ! – Sept mois, ça peut arriver… soufflait-elle entre deux douleurs. – J’arrive tout de suite à la maternité. Il s’habilla à la hâte. Son épouse l’observa, inquiète. – Tu pars ? C’est qui au téléphone ? – Le patron… Un problème urgent pour la fondation. Je t’expliquerai, crois-moi… Mais Marianne n’y crut pas. – Quelle fondation, quel patron ? Tu me prends pour une idiote ? Cyril fila vers la maternité. On lui annonça qu’Ariane était déjà là. Après deux heures d’attente, l’infirmière vint lui dire : Ariane a donné naissance à un garçon. Soulagé, il rentra chez lui, épuisé. Marianne ne dormait pas, elle le fixa longuement. – Ta “charité” t’a épuisé, lança-t-elle d’un ton mordant. Cyril se laissa tomber sur le canapé. – Oui, Marianne… Ariane a accouché. J’ai promis à Denis de l’aider, elle est seule… – Je comprends tout maintenant… marmonna-t-elle, les pieces du puzzle assemblées. Maintenant, tu vas devoir t’occuper d’Ariane et du bébé, n’est-ce pas ? – Oui, admit Cyril sincèrement. – Eh bien… tu me connais, je n’accepterai jamais ça. Pas question d’offrir ton temps à un autre enfant, surtout que nous n’en n’aurons sans doute jamais. Je demanderai le divorce. Ou alors je rencontrerai un homme et réussirai à avoir un enfant… Cyril la regarda, comprit qu’elle le tenait responsable de leur infertilité. – C’est ton choix, Marianne. Je dois aider Ariane et son fils. Les mois passèrent. Marianne demanda le divorce. Cyril s’installa chez Ariane, veilla sur le petit Daniel. Deux ans plus tard, ils se marièrent et eurent une fille. Merci d’avoir lu cette histoire, pour votre soutien et vos abonnements. Que la vie vous soit favorable !