A-t-on vraiment construit une grande maison sans raison valable ? – « Donc, on aurait bâti cette immense maison pour rien ? » s’emporta la belle-mère. « Alors, rendez-nous la moitié de sa valeur. » – « J’ai besoin de te parler sérieusement, » dit la femme aux cheveux courts en s’asseyant face à Aurore. « Avant que tu ne commences à fréquenter mon fils, il y a certaines choses que tu dois savoir. » La mince blonde regarda avec étonnement sa future belle-mère, qu’elle voyait pour la troisième fois seulement. – « Sache que si tu veux entrer dans notre famille, il faut comprendre que, pour Marius, ses parents passent avant tout ! » proclama fièrement Antonine. – « Nous n’avons pas besoin d’une bru qui commande mon fils. » – « Est-ce que je le commande ? » l’interrompit Aurore. – « Attends la fin ! Sois patiente, » répondit sèchement Antonine. La jeune femme baissa rapidement les yeux, rougissant, ne voulant surtout pas contrarier la mère de Michel. Tout juste commençaient-ils leur relation, et Aurore hésitait à se projeter. – « Oui, » poursuivit Antonine, « chez nous, tout est prévu : dès que Marius se marie, on s’installe tous ensemble dans la maison, presque terminée. On vivra là, une famille unie ! » – « Super… » dit la jeune femme, un sourire forcé aux lèvres… Au fil du temps, Aurore multiplie les efforts pour plaire, mais lorsque la belle-famille impose d’emménager avec eux dans la fameuse maison, tout bascule. La dispute éclate, les reproches fusent : « Rendez-nous la moitié de la maison ! » Et si, finalement, toute cette belle maison n’avait aucun sens ?

Journal intime, Paris
Est-ce quon a construit une grande maison pour rien, sans raison valable ? Parfois, jai vraiment limpression de tourner en rond avec la famille de Gabriel.
On a construit cette grande maison pour rien, alors ? sest emportée ma belle-mère. Eh bien, remboursez-moi la moitié de sa valeur alors.
Jai encore en tête ce fameux après-midi où la mère de Gabriel, Mme Geneviève Lafont, ma interpellée. Elle sest assise face à moi, le visage fermé, ses cheveux châtain coupés court.
Il faut que je te parle sérieusement, Camille ma-t-elle lancé. Avant que tu ne commences à fréquenter mon fils, il y a quelques choses à savoir.
Jétais stupéfaite. Je ne lavais vue quà deux ou trois reprises et me retrouvais déjà confrontée à ses principes.
Si tu veux faire partie de notre famille, tu dois intégrer une chose essentielle : pour Gabriel, ses parents, cest sacré ! a-t-elle dit avec une fierté non dissimulée. Nous navons pas besoin dune belle-fille qui va décider à la place de mon fils.
Est-ce que cest ce que je fais ? ai-je coupé, un peu blessée.
Laisse-moi finir, sil te plaît. Patience, a-t-elle rétorqué sèchement.
Je nai pas bronché. Jai simplement baissé les yeux, rougissant de honte. Je ne voulais pas attirer les foudres de la mère de Gabriel dès le départ.
Notre relation était naissante et je préférais éviter tout conflit.
Oui, a repris Geneviève, tout est déjà prévu : dès que Gabriel se marie, nous nous installons tous ensemble dans la maison presque terminée à Versailles. On vivra là, comme une grande famille soudée !
Parfait ! ai-je souri, un peu trop franchement, sans vraiment réfléchir.
Elle ma regardée, surprise de lentendre si vite accepter. Visiblement, elle sattendait à ce que je proteste.
Je suis contente que tu sois daccord ! Je sens quon va devenir très proches a lancé Geneviève, malicieusement, en me lançant un clin dœil.
Et, immédiatement, elle sest mise à vanter mes mérites auprès de Gabriel : intelligente, gentille, attentionnée Jai compris que pour gagner sa sympathie, il allait falloir redoubler defforts.
À partir de là, je lui ai offert de petits cadeaux inattendus, essayant de montrer mon attention. Jespérais ainsi tisser un lien.
Après un an, voyant que notre mariage tardait, Geneviève persuadée que nous devions vite officialiser na cessé de presser Gabriel.
Quand vas-tu demander Camille en mariage ? lui répétait-elle presque chaque jour. Tu sais, la patience des filles a ses limites. Elle risque de partir, tu vas le regretter
Finalement, Gabriel après bien des discussions ma fait sa demande. Jai accepté, ravie.
Cest sa famille qui a réglé la note du mariage. Cela ma confortée dans le choix du partenaire « idéal ».
Les trois premiers mois, nous avons vécu dans un petit appartement loué à Montmartre, puis un matin, Geneviève nous a annoncé, toute joyeuse, que la maison de Versailles était enfin prête.
Allez, préparez vos cartons, on embarque tous ensemble! a-t-elle proclamé, triomphante.
Pourquoi ? On est bien ici ! ai-je rétorqué, les sourcils froncés. Je me voyais mal vivre sous le même toit quelle.
Comment ça, pourquoi ? a-t-elle sursauté. On sétait bien mis daccord : dès que la maison était prête, tout le monde y déménageait !
Mais allez-y, personne ne vous en empêche ai-je lâché, plus froide que dhabitude.
Sa surprise a été telle quelle est restée sans voix un moment.
Mais tu me lavais promis, a-t-elle rappelé, sans sénerver.
Les promesses Je pensais autrement à lépoque. Maintenant, jai changé davis : je ne veux pas vivre tous ensemble. Dailleurs, puisque vous quittez votre appartement parisien, Gabriel et moi, on va sy installer.
Quoi ? Tu ny penses pas ! Cest une imposture ! a-t-elle crié avant de raccrocher son portable dans un geste rageur.
Jai reposé mon téléphone avec un pincement au cœur, un peu secouée par léchange.
À ce moment, Gabriel été à la cuisine, son portable sonnant déjà. Geneviève profitait de linstant pour se plaindre à son fils et me peindre sous un jour peu flatteur.
Après une demi-heure, Gabriel est revenu dans la pièce, le visage grave.
Quest-ce quil se passe, Camille ? a-t-il demandé dun ton sec.
Quest-ce que tu veux dire ? ai-je répondu, les bras croisés.
Maman réclame de largent
De largent ?! Pour quoi faire ?
Pour la maison. Tu lui as promis, en tant que fiancée, quelle pourrait y vivre avec nous, non ?
Jai rien promis de concret, vraiment
Tu as tout validé devant elle ! Avoue. a-t-il insisté.
Peut-être sur le moment mais aujourdhui je veux notre indépendance.
Moi aussi dailleurs. Jai toujours pensé que son plan ne tenait pas debout. La maison est restée vide trois ans Mais après le mariage, elle la finie pour nous, convaincue que tu voulais y vivre ! grimaça Gabriel.
Eh bien, tant pis. Elle la terminée, cest tout.
Dun coup, son téléphone a de nouveau retenti. Il me la tendu, lair décidé :
Cette fois, réponds-lui toi-même.
Dès quelle a reconnu ma voix, Geneviève est passée à lattaque.
Remboursez le prix de la maison ! Tout de suite !
De quoi parles-tu ? Tu délires, là !
On a construit cette maison en vain à cause de toi ! Rends-moi la moitié du prix, donc.
Mais tu ny penses pas ai-je serré les dents.
Deux cent cinquante mille euros ! Tu mentends? Vous me devez deux cent cinquante mille euros ! Sinon
Sinon quoi ? Je nai rien signé, Geneviève. ai-je répliqué, plutôt fière de tenir tête.
Dans ce cas, on ne se parlera plus jamais. On vous raye de la famille ! a-t-elle grogné.
Oh, Seigneur ai-je soufflé, en raccrochant sans plus attendre.
Geneviève sest alors tournée vers Gabriel, le harcelant pour obtenir de lui deux mille euros chaque mois, dans la perspective dun remboursement total.
Il me faudrait dix ans pour finir de te payer ! sest-il énervé. Ou alors, tu acceptes quon emménage, ou tu abandonnes.
Faute de pouvoir augmenter ses versements, Gabriel a finalement plié devant les exigences maternelles.
Pour ma part, il en était hors de question. Notre couple na pas survécu plus de six mois après ça.
Je repense à tout cela, en me demandant : à quoi bon construire des maisons trop grandes, quand on oublie dy construire du bonheur ?

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A-t-on vraiment construit une grande maison sans raison valable ? – « Donc, on aurait bâti cette immense maison pour rien ? » s’emporta la belle-mère. « Alors, rendez-nous la moitié de sa valeur. » – « J’ai besoin de te parler sérieusement, » dit la femme aux cheveux courts en s’asseyant face à Aurore. « Avant que tu ne commences à fréquenter mon fils, il y a certaines choses que tu dois savoir. » La mince blonde regarda avec étonnement sa future belle-mère, qu’elle voyait pour la troisième fois seulement. – « Sache que si tu veux entrer dans notre famille, il faut comprendre que, pour Marius, ses parents passent avant tout ! » proclama fièrement Antonine. – « Nous n’avons pas besoin d’une bru qui commande mon fils. » – « Est-ce que je le commande ? » l’interrompit Aurore. – « Attends la fin ! Sois patiente, » répondit sèchement Antonine. La jeune femme baissa rapidement les yeux, rougissant, ne voulant surtout pas contrarier la mère de Michel. Tout juste commençaient-ils leur relation, et Aurore hésitait à se projeter. – « Oui, » poursuivit Antonine, « chez nous, tout est prévu : dès que Marius se marie, on s’installe tous ensemble dans la maison, presque terminée. On vivra là, une famille unie ! » – « Super… » dit la jeune femme, un sourire forcé aux lèvres… Au fil du temps, Aurore multiplie les efforts pour plaire, mais lorsque la belle-famille impose d’emménager avec eux dans la fameuse maison, tout bascule. La dispute éclate, les reproches fusent : « Rendez-nous la moitié de la maison ! » Et si, finalement, toute cette belle maison n’avait aucun sens ?
Il a offert une pâtisserie à une jeune SDF, et des années plus tard, il fut stupéfait de découvrir qui avait payé le traitement de sa femme bien-aimée…