Cinq appartements dans la famille, et pourtant nous devons louer notre propre logement : comment en sommes-nous arrivés là ? Un héritage détenu par nos parents, entre revenus locatifs, refus d’aide et attentes d’autonomie, alors que nous galérons à payer une petite studette, malgré le sacrifice et le travail acharné – récit d’une injustice familiale au cœur de la vie parisienne.

Il y a cinq appartements dans ma famille, et pourtant, nous sommes obligés den louer un.

Je suis désormais tellement habituée à cette situation que rien ne métonne plus. Voici comment il se fait que ma famille possède cinq appartements, alors que mon mari et moi devons louer.

Les parents de mon mari, Philippe et Mireille, ont leur propre appartement à Lyon, ainsi que deux autres appartements situés dans des quartiers différents de la ville, quils mettent en location. Ils nous disent en souriant quils ont acquis ces biens par leur propre travail, et quils attendent de nous la même chose. Ils semblent oublier quautrefois, on pouvait recevoir un appartement de la part de l’État ou obtenir un logement à travers son emploi, par exemple en usine. Aujourdhui, réunir assez déconomies pour acheter, tout en étant locataires, est une tâche bien plus difficile.

Mes parents, Bernard et Colette, ne sont pas beaucoup plus différents des beaux-parents. Quand ma grand-mère a quitté ce monde, elle ma légué son appartement, mais jétais encore mineure, alors mes parents ont décidé de le louer jusquà mes dix-huit ans. Aujourdhui, je suis adulte, mais mes parents apprécient trop de recevoir ces euros chaque mois pour me laisser y habiter.

Voilà plusieurs années que mon mari et moi louons un studio minuscule, dans lequel senvolent presque toutes nos économies. Il y a eu des périodes où nous avions à peine de quoi manger. Je suis actuellement en congé maternité. Mon salaire na jamais été élevé, mais sans enfant, nous arrivions à nous en sortir. Mon époux travaille sans relâche, cumulant deux emplois. Mais dans la société daujourdhui, il faut de longs diplômes pour bien gagner sa vie, et il nen a pas. Il a rejoint larmée juste après lécole, puis nous nous sommes rencontrés, et il na jamais eu le temps de faire des études.

Ce qui me dérange particulièrement, cest que ma mère me demande presque chaque semaine de laider à choisir une nouvelle robe ou un chemisier, alors que moi, je me prive de vitamines et de fruits pour boucler le budget. Elle ne cesse de répéter que nous devons être indépendants financièrement, voire même que nous devrions laider, elle et mon père, parce quils rêvent de voyager dans le monde entier.

Je dois avouer que lattitude de nos parents me met vraiment mal à laise. Ils possèdent tout ce dont ils pourraient rêver, mais refusent de soutenir leurs enfants. Je ne dis pas quils devraient se priver eux-mêmes, mais lorsque la possibilité daider existe, pourquoi refuser ? Je suis incapable de comprendre ce comportement, et je sais quà mes propres enfants, je donnerai tout ce que je pourrai, et davantage encore.

Nos amis nous réconfortent parfois en nous disant quun jour, nous hériterons dun beau patrimoine. Mais à vrai dire, je suis tellement déçue que je ne veux plus rien recevoir de leur part. Quils gardent tous ces appartements, même au-delà de cette vie !

On grandit pensant que la famille nous protège, mais la vraie richesse, cest le soutien et la générosité que lon partage. Si le cœur manque, il ny a nulle maison où lon puisse vraiment se sentir chez soi.

Rate article
Add a comment

;-) :| :x :twisted: :smile: :shock: :sad: :roll: :razz: :oops: :o :mrgreen: :lol: :idea: :grin: :evil: :cry: :cool: :arrow: :???: :?: :!:

eighteen − 6 =

Cinq appartements dans la famille, et pourtant nous devons louer notre propre logement : comment en sommes-nous arrivés là ? Un héritage détenu par nos parents, entre revenus locatifs, refus d’aide et attentes d’autonomie, alors que nous galérons à payer une petite studette, malgré le sacrifice et le travail acharné – récit d’une injustice familiale au cœur de la vie parisienne.
Il était grand temps que je parte