Je n’ai jamais vraiment aimé ma femme, et je le lui ai avoué à maintes reprises : ce n’était pas de sa faute – notre vie était tranquille. Malgré sa gentillesse et son dévouement, l’amour n’était pas là. Chaque matin, je rêvais de partir pour enfin aimer vraiment. Mais je n’aurais jamais imaginé à quel point le destin allait bouleverser mon existence. Aujourd’hui, après avoir divorcé de Sophie – qui incarnait la femme idéale aux yeux de tous – je me retrouve trahi, sans rien, incapable de faire de nouveau confiance… Qu’auriez-vous pensé à ma place ?

Je me souviens d’une époque bien révolue, quand je partageais encore ma vie avec Camille, ma femme. Je nai jamais vraiment ressenti cet amour ardent pour elle et je le lui avais confié à plusieurs reprises. Ce nétait pas de sa faute à vrai dire, nous vivions dans une certaine harmonie.
Jamais un reproche, jamais lombre dune dispute. Camille demeurait toujours douce, attentive, faisant preuve dune bienveillance presque désarmante. Mais il restait ce vide en moi : labsence damour.
Chaque jour, à laube, jouvrais les yeux avec cette pensée lancinante de partir. Je mimaginais ailleurs, auprès dune femme pour qui mon cœur battrait sincèrement. Je ne me doutais pas alors à quel point le destin allait tout bouleverser.
Avec Camille, javais trouvé un certain confort. Elle gérait la maison dune main experte et, il faut lavouer, rayonnait dune beauté tranquille. Mes amis à Lyon menviaient, croyant que jétais lhomme le plus chanceux du quartier. Même moi, je me demandais ce que javais pu faire pour mériter son amour. Rien dexceptionnel en moi, juste un homme ordinaire, sans éclat ni fortune.
Pourtant, elle maimait, dun amour certain, et ce mystère me rongeait. Son dévouement me troublait profondément. Pire encore : la simple pensée quun jour un autre prendrait ma place peut-être un avocat renommé de Paris ou un commerçant prospère de Bordeaux, plus élégant, plus fortuné que moi me rendait presque malade.
Lorsque jimaginais Camille dans les bras dun autre, un feu intérieur me consumait. Elle était à moi, alors même que je ne laimais pas. Cette sorte de possession, absurde mais indéniable, surpassait la raison. Peut-on vivre toute une vie sur une illusion ? Je pensais que oui, mais je me trompais lourdement.
Un soir dautomne, hanté par ses pensées, je me promis davoir une conversation définitive. Aux premières lueurs du jour, nous étions attablés au petit-déjeuner, le café fumant dans nos tasses, lodeur du pain frais flottant dans lair.
Camille, peux-tu tasseoir ? Il faut que je te parle.
Bien sûr, je técoute, mon cher.
Imagine seulement que nous divorçons. Que nous continuons nos chemins chacun de notre côté
Camille esquissa un sourire amusé.
Quelle drôle didée ! Cest un jeu, nest-ce pas ?
Non, écoute-moi. Cest sérieux.
Très bien, jimagine. Et ensuite ?
Soyons honnêtes Si jamais je partais, penses-tu que tu pourrais rencontrer quelquun dautre ?
Marc, tu nes pas bien, pourquoi parles-tu ainsi ?
Parce que je ne taime pas, je ne tai jamais aimée.
Tu plaisantes jai du mal à te croire.
Je veux te quitter, mais lidée de te voir avec un autre homme me ronge.
Camille a fermé les yeux un instant, puis a répondu avec une sérénité désarmante :
Je ne trouverai sûrement personne de mieux que toi, ne tinquiète pas pour moi. Si tu veux partir, je ne partagerai plus ma vie avec personne.
Tu men fais la promesse ?
Bien sûr, Marc, répondit-elle doucement.
Mais où irais-je ? soufflai-je, amer.
Tu nas nulle part où aller ?
Non Nous avons toujours vécu ensemble. Sans doute, je devrais rester près de toi, dis-je dans un soupir.
Ne ten fais pas, dit-elle, rassurante. Après le divorce, nous échangerons notre appartement Haussmannien pour deux studios plus modestes.
Tu ferais cela ? Je naurais jamais cru que tu maiderais ainsi. Pourquoi ?
Parce que je taime, Marc. Quand on aime véritablement, on ne retient pas la personne contre sa volonté.
Quelques saisons sont passées, et nous avons finalement divorcé. Peu de temps après, je découvris que Camille navait pas respecté sa parole. Elle avait rencontré un autre homme. Quant aux appartements légués par sa grand-mère à Nantes, jamais elle neut lintention de les partager.
Me voilà, à Paris, sans rien.
Comment accorder à nouveau ma confiance aux femmes désormais ? Je lignore.
Et vous, que pensez-vous du comportement de Marc ?

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Je n’ai jamais vraiment aimé ma femme, et je le lui ai avoué à maintes reprises : ce n’était pas de sa faute – notre vie était tranquille. Malgré sa gentillesse et son dévouement, l’amour n’était pas là. Chaque matin, je rêvais de partir pour enfin aimer vraiment. Mais je n’aurais jamais imaginé à quel point le destin allait bouleverser mon existence. Aujourd’hui, après avoir divorcé de Sophie – qui incarnait la femme idéale aux yeux de tous – je me retrouve trahi, sans rien, incapable de faire de nouveau confiance… Qu’auriez-vous pensé à ma place ?
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