Un soir, mon mari est rentré de chez sa mère, a poussé un lourd soupir et m’a proposé de faire un test de paternité pour notre fille de deux ans : « Ce n’est pas pour moi, c’est pour maman… »

Lhomme était revenu ce soir-là de chez sa mère, le regard soucieux, avant de pousser un profond soupir et de proposer, dune voix basse, quon fasse un test de paternité à notre petite fille de deux ans : « Ce nest pas pour moi, cest pour maman »
Six mois avant notre mariage, sa mère lui répétait sans cesse : « Ne lépouse pas, elle nest pas pour toi ! » se rappelle Camille, trente ans aujourdhui, sa voix vacillante de colère. « Trop jolie, elle va sûrement te tromper ! » À cette époque, je riais, je plaisantais en disant quil aurait fallu quil choisisse « une grenouille », ainsi il naurait rien à craindre. Mais cela ne me fait plus rire aujourdhui. Pas du tout !
Je nai jamais pensé être une beauté fatale. Juste une fille ordinaire de la périphérie de Lyon, soignée, qui porte des vêtements simples et corrects. Jai toujours été droite dans mes relations, fidèle à mes principes. Pourquoi ma belle-mère, Françoise Dubois, a-t-elle décidé que jétais volage et indigne de confiance ? Mystère total. Mais cette femme a transformé ma vie de jeune mariée en cauchemar.
Avec Aurélien, mon époux, nous sommes mariés depuis quatre ans et avons une petite fille. Je suis en congé parental, mes journées sont une succession sans fin de repas à préparer, de ménage et de couches à changer. Les seules avec qui je parle vraiment, ce sont les autres mamans au square. Mais ma belle-mère na jamais lâché prise. Toujours persuadée que je le trompais, elle me surveillait comme une détective dans un mauvais feuilleton.
« Elle mespionnait en permanence ! » souffle Camille, ses yeux se voilant de larmes. « Elle mappelait, contrôlait, débarquait à limproviste, voulait savoir où jétais chaque minute. Au début, jessayais den plaisanter avec Aurélien, on en riait ensemble. Mais cest exténuant ! Plusieurs fois, la situation a explosé et je me suis disputée sérieusement avec elle. Elle se taisait un moment puis recommençait, de plus belle. »
Le premier gros incident eut lieu quelques mois après le mariage. Françoise Dubois débarqua à mon bureau, sans prévenir, sans raison. Elle voulait voir : sa belle-fille travaille-t-elle vraiment à cet endroit, ou ment-elle à son fils pour courir chez un amant ?
« Je ne comprends même pas comment elle a pu entrer ! » se souvient Camille, encore indignée. « Cest un immeuble sécurisé, il faut une carte ou un rendez-vous pour passer. Je suis restée figée quand ma collègue Sophie ma appelée : Il y a quelquun pour toi Et là, je vois belle-maman, scrutant chaque recoin ! Bureau ouvert, tout le monde à son poste, rien à cacher. Mais si javais eu un bureau privé, qui sait ce quelle aurait fouillé ! »
Sophie me confia ensuite que la « dame étrange » lavait harcelée de questions : depuis combien de temps Camille travaille-t-elle ici ? Est-elle ponctuelle ? Avec qui déjeune-t-elle ? Y a-t-il des hommes dans le service ? « Je lui ai dit que tu étais mariée, que tu as un mari ! » mavait dit Sophie, lair étonné. Je bouillais ! Le soir, jen ai parlé à Aurélien : « Ta mère va trop loin, parle-lui, cest fou ! Elle na pas encore regardé sous mon bureau pour trouver un amant, mais la prochaine fois, qui sait »
Aurélien a fait la promesse davoir une discussion sérieuse avec elle, et pendant quelque temps, ce fut le calme. Sa mère nappelait que le soir, donnait des nouvelles, apportait même des tartes. Javais lespoir que cela sapaise enfin. Mais jétais naïve.
Plus tard, alors que jétais enceinte et déjà fatiguée, javais attrapé un gros rhume. En congé maladie, je dormais, téléphone éteint. Soudain, de violents coups à la porte et une sonnerie frénétique mont réveillée. « Je me suis levée en sursaut, croyant à un incendie ou une urgence ! » se remémore-t-elle. « Je regarde dans le judas cétait belle-maman ! Le visage tordu, elle tambourinait et restait appuyée sur la sonnette. Jai eu peur, jai préféré appeler Aurélien : Viens tout de suite, je ne comprends pas ce quelle veut ! Il est arrivé en vingt minutes. Elle mattendait toujours devant la porte ! »
Nous nous sommes emportés tous les deux face à Françoise Dubois. Jai menacé dappeler la police et les urgences psychiatriques si jamais cela recommençait. « Tâche de la tenir loin de moi ! » ai-je supplié Aurélien. Encore un peu de répit.
Jai donné naissance à une petite fille, mais la belle-mère na même pas souhaité voir sa petite-fille. Plus tard, jai compris. Pour elle, ce nétait pas sa petite-fille. « Bien sûr, je cours les rues, comment lenfant pourrait-elle être de sang Dubois ? » ricane amèrement Camille. Et pourquoi ? Parce que, dans leur famille, il ny avait jamais que des garçons. Une fille, dans sa logique, prouvait mon infidélité. « Je ne voulais même pas entendre ces sottises ! Si tu as besoin dun test, on le fera, mais dabord, on signe les papiers du divorce je ne peux pas vivre avec un homme qui na pas confiance en moi. »
Ah, cette époque déjà lointaine, que de larmes secrètes et despoirs déçus Qui aurait cru que la méfiance et lorgueil dune seule personne jetteraient tant dombres sur le bonheur dune jeune famille lyonnaise ?

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Un soir, mon mari est rentré de chez sa mère, a poussé un lourd soupir et m’a proposé de faire un test de paternité pour notre fille de deux ans : « Ce n’est pas pour moi, c’est pour maman… »
Je reprendrai mes petits-enfants ! Vous allez voir !