« Deux semaines pour tout emballer et trouver un nouveau logement » : Les filles vexées

« Deux semaines pour tout emballer et trouver un autre endroit où vivre. » Filles vexées

Aujourdhui, dans mon carnet, je repense à tout ce que jai traversé seule. Après la disparition prématurée de mon mari, jai élevé mes deux filles, Camille et Élodie, sans jamais me permettre de me plaindre, devant personne. Jai fait de mon mieux pour quelles grandissent dignes, éduquées, et jai toujours fait le nécessaire pour leur avenir cumuler deux emplois pour payer leurs études ne ma jamais arrêtée.

Puis, un jour, Camille, laînée, est arrivée à lappartement, main dans la main avec Thomas, en mannonçant fièrement quil deviendrait bientôt son mari. Mais voilà Thomas navait nul part où loger. Quelques mois plus tard, leur petite Clara est née. Il a donc fallu libérer la grande chambre pour quils aient de lespace, et je me suis retrouvée à partager la chambre minuscule dÉlodie.

Au début, jy croyais encore. Je me disais que cette solution nétait que temporaire, que, rapidement, ils mettraient de largent de côté et trouveraient leur propre logement. Sauf quils ne semblaient pas pressés, ni motivés. Pourquoi se démener, me disais-je, lorsquon a un toit assuré, le frigo toujours rempli dailleurs, cétait toujours moi qui faisais les courses et préparais les repas !

La reconnaissance ? Jamais vue. Très vite, ce fut au contraire le conflit permanent. Élodie, excédée, répétait sans cesse que ce nétait pas à elle de nettoyer les toilettes après le passage de Thomas. Camille, de son côté, se plaignait quavec un bébé, elle navait plus de temps ni dénergie. Quant à Thomas il passait ses journées devant lordinateur à jouer, et trouvait les tâches ménagères indignes dun homme, refusant de descendre les poubelles ou de laver la vaisselle.

Lambiance à la maison est devenue irrespirable ; javais de moins en moins envie dy rentrer le soir. Un jour, jai suggéré à Camille quils pourraient envisager de louer un petit appartement, juste le temps déconomiser un peu. Sa réponse a été cinglante : « On épargne pour lapport de notre prêt immobilier, tu voudrais quon prenne les sous où, maman ? ». Ils sont donc restés.

Le vase a débordé quand Élodie est revenue un soir avec son copain Martin, les bras chargés daffaires, et ma lancé : « Maman, il vient dAvignon, il compte sinstaller ici, avec nous ». Jai à peine eu le temps de lui demander « Où comptez-vous le faire dormir ? » quelle me proposait déjà la solution miracle : que je minstalle dans la cuisine pour quils aient tous une vraie chambre.

Là, je me suis rendu compte quon ne me demandait plus mon avis. Au fond, sils avaient pu me faire signer les papiers pour la maison de retraite, ils lauraient fait sans hésiter. Jai pris une grande inspiration, et jai posé la limite : « Vous avez deux semaines pour faire vos bagages et trouver un autre toit. »

Bien sûr, les filles se sont vexées. Elles mont menacée de me priver de mes petites-filles, mont promis que je finirais vieille et seule. Mais je nai pas reculé. Si cest ainsi que ma vieillesse doit être, quil en soit ainsi. Il est grand temps quelles prennent leur envol.

Mes cinquante ans approchent. Je ne sais même pas si mes filles viendront me souhaiter mon anniversaire. Parfois, je me demande si jai eu raison de mettre ainsi mes enfants à la porte. Quaurais-tu fait à ma place ?

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« Deux semaines pour tout emballer et trouver un nouveau logement » : Les filles vexées
“Le beau-fils ingrat”