Nous avons deux enfants, mais nous n’aimons qu’un seul.

Cher journal,

Nous sommes deux enfants, mais nos parents ne semblent en chérir qu’un. Je savais que mes parents, Henri et Marie, préféraient ma sœur Camille à moi. Ils l’ont confirmé en logeant Camille et ses deux petits bouts chez eux, puis en me sommant de quitter la maison d’urgence, en invoquant: «Avec ton télétravail, tu peux bien te payer un appartement». Quand elle fréquentait luniversité, ils la suivaient comme une petite fille, effectuaient toutes les courses auprès du secrétariat pour elle, la soutenaient durant les colloques, et veillent désormais sur ses enfants. De mon côté, ils ne m’avaient jamais aidé et maintenant ils me chassent du domicile. Mon père affirme que, étant un homme, je devrais savoir me débrouiller, alors que, pour une raison inconnue, le mari de ma sœur, plus âgé que moi, nest pas jugé capable dassurer la famille. Lors de la dispute sur le déménagement, jai eu la mauvaise idée de déclarer que javais autant droit à lappartement que Camille et que jy méritais une part. Ma mère ma alors rétorqué quils vivaient toujours ici et que jétais un cochon davoir parlé du partage du bien, tandis que Camille maccusait de vouloir les évincer, elle et ses enfants. Jugeant le droit, aucune issue ne semble possible, car je pressens quHenri et Marie pourraient rapidement rédiger un testament pour me déshériter. Une famille peutelle se briser à cause dun logement? Je suis pourtant leur fils, mais ils me traitent comme un étranger. Alors, à quoi bon avoir deux enfants, me demandeje, quand je me sens désormais inutile?

Jen retire la leçon que lamour ne se mesure pas en toit partagé, mais en présence sincère.

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