Une découverte effroyable dans la marmite de la bellemaman
La bellemaman a jeté un œil dans la casserole et a poussé un cri dhorreur
MarieNoëlle sest levée à laube et, comme à son habitude, sest dirigée vers la cuisine de sa maison en banlieue lyonnaise. À sa grande surprise, sa bellefille était déjà penchée sur la cuisinière.
Bonjour, a souri Anastasie en remuant quelque chose dans le chaudron.
Bonjour, a marmonné MarieNoëlle en plissant le nez. Questce que tu mijotes ?
Une soupe au pistou, a répondu la fille sans lever les yeux. Olivier adore.
Une soupe au pistou ? a reniflé la bellemaman avec méfiance. Ça sent vraiment comme ça, dordinaire ?
Comment ça devrait sentir, alors ? a haussé les épaules Anastasie, a couvert le plat et a quitté la cuisine.
Sans perdre une seconde, MarieNoëlle sest précipitée vers la cuisinière, a soulevé le couvercle et a jeté un regard à lintérieur. Ce quelle a aperçu lui a arraché un cri deffroi.
Questce que cest que ce mélange ? atelle murmuré en reculant comme devant un poison.
Anastasie est revenue avec des assiettes et, constatant la réaction de sa bellemère, a expliqué calmement :
Une soupe au pistou, MarieNoëlle. Les légumes viennent de notre potager frais, tout juste cueillis. Cuisiner avec ses propres produits, cest comme une fête.
Une fête ? a ricané la bellemaman en croisant les bras. Ce potager, cest une corvée ! Perdre son temps à bêcher quand on peut tout acheter au supermarché ? Je ne vous comprends pas.
Moi, jaime ça, a répondu doucement Anastasie en servant la soupe. Larôme du basilic, des haricots et des tomates a envahi la cuisine. La terre donne tant dénergie quand on travaille avec elle.
De lénergie ? MarieNoëlle a levé les yeux au ciel. Cest un passetemps pour ceux qui nont rien de mieux à faire. Les gens normaux Elle sest arrêtée en voyant quAnastasie continuait de sourire, comme si elle nentendait pas ses piques. Et pour qui astu cuisiné tant ?
Pour nous, a rétorqué la fille. Pour quelques jours. Olivier en redemande toujours.
MarieNoëlle a reculé avec emphase, comme si le parfum de la soupe la rendait malade.
Je ne mangerai pas ça ! atelle déclaré avec force. Rien que lodeur me donne la nausée ! Questce que tu as mis dedans ?
Anastasie a soupiré, évitant le regard de sa bellemère. Du coin de lœil, elle a aperçu Olivier qui venait dentrer dans la cuisine et observait la scène en silence.
MarieNoëlle ne comprenait pas ce qui était arrivé à son fils. Il y a deux ans à peine, Olivier était un jeune citadin prometteur dans linformatique. Ils allaient ensemble à des expositions, discutaient des nouveaux restaurants, rêvaient de sa carrière. Et maintenant, cette vie à la campagne, ce potager, cette Anastasie si simple ! Son nom seul lui donnait des frissons dirritation.
Olivier avait toujours été un parti enviable grand, intelligent, charmant. Combien de jeunes filles de bonnes familles avaient soupiré pour lui ! Pourquoi avaitil choisi cette fille de la campagne et cette petite maison isolée ? MarieNoëlle espérait quil se lasserait et reviendrait en ville. Mais les mois passaient, et Olivier senfonçait toujours plus dans cette idylle rurale.
Elle a décidé dagir. Linvitation dAnastasie était loccasion idéale. La bellemaman avait un plan : rappeler à son fils qui il était vraiment et le sortir de cette campagne avant quil ne soit trop tard.
Olivier est entré dans la cuisine, a pris sa femme dans ses bras et sest tourné vers sa mère :
Maman, goûte la soupe. Anastasie la prépare à la perfection !
Olivier, tu sais bien que ton père et moi navons jamais mangé ces soupes de paysans, a rétorqué MarieNoëlle. Je me souviens que, petit, tu faisais la grimace devant le pistou. Tu disais que cétait un plat de vieux.
Anastasie a souri malgré elle en imaginant Olivier enfant, refusant son assiette. Mais maintenant, cétait un homme, et ses goûts avaient changé.
Maman, les temps changent, atil répliqué en riant. La soupe dAnastasie est un chefdœuvre. Goûte, tu verras.
Un chefdœuvre ? a suffoqué la bellemaman dindignation. Olivier, tu qualifies une marmite de haricots de chefdœuvre ? Les vrais chefsdœuvre sont au théâtre, au musée, pas dans cette popote !






