Je moccupais du repas du soir pour la famille, et les camarades dÉlodie ont englouti chaque bouchée.
Ma fille, Élodie, est le rayon de soleil de chaque rassemblement. Sa bienveillance et son enthousiasme attirent les ami(e)s comme un aimant. Dans notre appartement de Lyon, une petite troupe denfants, parfois même dautres classes, se rassemble toujours autour delle. Japprécie son côté sociable, mais récemment la situation méchappe et je touche le fond du désespoir.
Tout a débuté quand Élodie a commencé à convier ses ami(e)s chez nous. Lhiver était glacial, et je ne voyais aucun inconvénient à ce quils jouent au chaud. Au départ, je leur proposais du thé avec des biscuits, je mettais de la musique et inventais des jeux. Son sens de laccueil me touchait même. Aujourdhui, elle ramène des inconnus que je ne connais jamais, et leur conduite me laisse sans voix.
Lautre jour, à mon retour du travail, jai découvert deux ados dans la cuisine. Ils dévoraient la potée au chou que javais préparée pour deux jours, directement dans la marmite. Il ne restait plus aucune cuillère! Ils ont empilé les assiettes sales dans lévier et se sont enlevés sans un adieu. Jai été furieuse. Le dîner était disparu, et jétais trop épuisée pour préparer un nouveau repas.
Jai essayé de faire comprendre à Élodie quelle ne pouvait pas inviter nimporte qui et leur offrir notre nourriture. Des biscuits, des bonbons, daccord; mais le contenu du frigo, cest pour la famille. Élodie a rougi de colère, ma traitée de radine, puis a claqué la porte de sa chambre si fort que les vitres ont tremblé. Elle sest enfermée et a refusé de me parler. Je me sentais coupable, mais que pouvaisje faire?
Jai fait des pommes de terre et des côtelettes, puis appelé tout le monde à table. Élodie a refusé de manger, comme si jétais son ennemie. Le lendemain, avant de partir travailler, jai averti: «Il y a assez pour deux jours, je rentre tard, ne compte pas sur moi pour cuisiner.» Pourtant, en rentrant après onze heures, jai trouvé mon mari, Philippe, en train de faire sauter des pommes de terre dans une cuisine vide. Les ami(e)s dÉlodie avaient encore tout raflé. Elle sest de nouveau enfermée, refusant toute explication.
Je suis perdue. Comment lui faire saisir que ses actes nous impactent? Elle ne mécoute plus, me lance des reproches absurdes: «Tu es égoïste, tu détestes mes amis!» Estce simplement ladolescence? Philippe et moi avonsnous mal agi? Mon cœur se déchire: je veux le bonheur de ma fille, mais je ne peux accepter ce chaos.
Je ne suis pas avare, mais notre budget est déjà très serré. Philippe et moi travaillons jusquà lépuisement pour subvenir aux besoins de la famille. Je me donne à fond pour préparer de bons petits plats, et ce sont des étrangers qui en profitent. Ma mère conseille: «Il faut sévir!» Mais je refuse la violence. Je souhaite régler la situation calmement, et je ne sais pas comment. Élodie mévite, et jai limpression de perdre ma propre fille.
Que feriezvous à ma place? Comment lui faire comprendre que ses comportements nous affectent, sans la blesser? Comment poser des limites pour que notre maison ne devienne pas une cantine? Avezvous déjà vécu cela? Partagez vos conseils je suis à bout.




