Trouve-lui quelquun, bon sang !
Je nen peux plus. Avec elle, je finirai vieille fille, cest sûr. Sérieusement, Sophie, prends Maman chez toi, je ten supplie. Quelle soccupe de tes enfants plutôt que de moi.
Léa Tu nas que ce que tu mérites. Tu as semé la tempête, maintenant tu récoltes les éclairs, répondit Sophie dun ton las. Il ne fallait pas faire tes caprices à lépoque.
Daccord, jai eu tort, je ladmets ! Jétais jeune, stupide. Mais elle va me pourrir la vie éternellement ?
Elle na plus de vie à elle, grâce à tes efforts. Tu voulais quelle vive pour toi ? Eh bien, bon appétit, ne te salis pas.
So-phie ! Trouve une solution, tu es intelligente ! Si vous la preniez avec vous, tout le monde serait content. Elle garderait les enfants, et moi, je pourrais enfin sortir de cette prison rêva Léa. Ou au moins, influence-la. Elle técoute, toi.
Mesdemoiselles, débrouillez-vous, rétorqua Sophie en plissant les yeux. Je peux juste donner un conseil. Tu lui as volé sa vie sentimentale, maintenant aide-la à la reconstruire. Trouve-lui des amies, un hobby, un fiancé. Trouve-lui nimporte quoi. Un chiot, un chaton. Bref, détourne son attention.
Léa, comme dhabitude, voulait que les autres règlent ses problèmes. Sophie aurait pu jouer le jeu elle avait, après tout, une relation bien différente avec leur mère mais elle nen avait pas envie. Que celui qui lance le boomerang le rattrape.
Leur père les avait quittées quand Sophie avait onze ans. Léa en avait trois. Sans aide, Sophie avait dû grandir à vitesse grand V. Elle cherchait sa sœur à la crèche, cuisinait, nettoyait, et faisait ses devoirs la nuit, quand tout le monde dormait.
Peut-être était-ce pour ça quelle était devenue une adulte responsable. Léa, elle, manquait cruellement de maturité
Sophie avait quitté le nid familial assez tôt, dès la fin de ses études. La raison était simple : elle aussi voulait sa liberté, fatiguée dêtre la deuxième mère de la famille. Et elle soupçonnait que cela soulagerait leur mère, Valérie.
Sophie comprenait parfaitement que Valérie était encore jeune et pouvait avoir une vie à elle. Moins elle avait denfants accrochés à ses basques, mieux cétait.
Valérie avait saisi cette chance et sétait rapprochée de Gérard, un collègue. Léa, alors âgée de douze ans, avait vu ça comme la fin du monde. Elle refusait davoir un intrus dans leur espace. Et maintenant, elle avait des corvées en plus horreur !
Léa, quand tu auras fini de manger, tu peux faire la vaisselle, sil te plaît ? demandait sa mère.
Au début, elle obéissait, boudeuse. Puis elle sétait rebellée.
Non.
Pourquoi ? sétonnait Valérie. Tout le monde a des tâches ici. Moi, jai préparé le dîner, Gérard a fait les courses
Je ne laverai pas les assiettes de ton Gérard ! coupait Léa. Pourquoi je devrais moccuper de ses restes ?
Et elle le disait devant Gérard lui-même.
Gérard, malgré tout, essayait de se rapprocher delle. Il lui offrait des peluches, comme si elle était encore une petite fille, sintéressait à ses passions, lui demandait si tout allait bien au collège. Patient et poli, mais rien ny faisait.
Peut-être que le problème venait de leur père, qui les avait abandonnées. Ou peut-être que Léa avait peur que sa mère se concentre sur Gérard et la laisse seule. Ou peut-être trouvait-elle juste ce nouvel homme encombrant. Quoi quil en soit, elle faisait







