Jeanne voulait rencontrer son petit-fils nouveau-né, mais quand son fils, Théo, a refusé de venir la chercher, elle a décidé de se rendre chez lui à pied. Ça lui a pris des heures parce quelle marchait avec un déambulateur. Mais quand elle est enfin arrivée devant la maison de Théo, il lui a interdit dentrer, et quelque chose de choquant sest passé.
« Je nai pas le temps de venir te chercher, maman. Jai des courses à faire pour Chloé, et on a des invités ce soir. On verra ça une autre fois pour le bébé », a dit Théo au téléphone. Jeanne devait rencontrer leur petit garçon pour la première fois, et son fils était censé la prendre, car il habitait loin.
« Tu es sûr ? Cest juste à quelques minutes en voiture », a supplié Jeanne. Elle avait tellement envie de voir son petit-fils.
« Une autre fois, maman. Je dois y aller. À plus ! » a-t-il lancé avant de raccrocher. Jeanne a soupiré et sest affaissée sur son canapé.
Elle sinquiétait du comportement de Théo ces derniers temps. Il semblait séloigner delle. Pour être honnête, ça avait commencé après son mariage avec Chloé.
Chloé venait dune famille très aisée de la Côte dAzur, alors que Jeanne avait élevé Théo seule, avec laide de sa grand-mère. Ils navaient jamais eu grand-chose, à part beaucoup damour. Mais maintenant, son fils avait tout. Les parents de Chloé leur avaient offert une grande maison après le mariage, et ils vivaient dans lopulence.
Depuis, Jeanne se sentait de trop, comme si Théo avait honte de ses origines, même sil ne lavait jamais dit ouvertement.
« Tu te fais des idées », se répétait-elle quand ces pensées venaient. « Théo est juste occupé. Maintenant, ils ont un bébé et mille choses à faire. Il viendra te chercher un autre jour. »
Mais une idée lui est venue. Elle pouvait marcher jusquà chez lui. Ce ne serait pas facile, mais possible. Les bus ne passaient pas par là, un taxi était hors de question pour son budget, alors la seule solution était dy aller à pied.
Jeanne sest levée avec son déambulateur, a pris son sac préparé pour loccasion, la accroché au déambulateur et sest mise en route. Cétait lent, et même si elle pouvait sappuyer, chaque pas était difficile.
Elle sest arrêtée plusieurs fois pour se reposer, et sans sen rendre compte, deux heures avaient passé. Trois. Quatre. Enfin, elle est arrivée devant sa maison, essoufflée mais heureuse dy être parvenue malgré tout.
Elle a sonné à la porte, tenant un petit paquet spécial, espérant que Théo ouvrirait tout de suite. Mais quand il a vu Jeanne, son expression a changé.
« Maman ? » a-t-il dit, stupéfait. « Quest-ce que tu fais là ? »
Jeanne na pas compris son regard et a froncé les sourcils, mais elle sest concentrée sur sa joie dêtre là.
« Surprise ! » a-t-elle tenté avec enthousiasme, bien quépuisée, affamée et troublée par son ton.
Théo est sorti, refermant la porte derrière lui, la forçant à reculer avec son déambulateur.
« Quest-ce que tu fais, Théo ? » a-t-elle demandé.
« Maman ! Je tai dit quon ferait ça un autre jour. Tu ne peux pas entrer maintenant ! » a-t-il coupé, le visage tordu par lirritation.
« Je ne comprends pas. Pourquoi tu ténerves ? Jai marché pendant presque cinq heures pour voir mon petit-fils, Théo, et jai apporté »
« Je men fiche de ce que tu as apporté ! Je ne veux pas que tu sois là maintenant. Pars tout de suite ! Tu verras Lucas une autre fois, daccord ? Va-ten ! » a-t-il craché, jetant des regards derrière lui comme sil avait peur quon les voie. Il est rentré et a claqué la porte au nez de Jeanne.
Jeanne est restée figée. Les larmes lui montaient aux yeux. Il ne lui avait même pas demandé si elle allait bien, alors quelle venait de lui dire quelle avait marché cinq heures. Il savait quelle avait du mal à se déplacer.
Mais elle ne voulait pas créer plus de problèmes, alors elle sest retournée pour partir, puis sest souvenue du paquet dans ses mains. Elle la laissé devant la porte, espérant quil le trouverait.
Jeanne a entamé le chemin du retour, sapprêtant à marcher encore des heures. Heureusement, sa voisine, Mme Dubois, la vue et la ramenée chez elle dans sa vieille voiture. Une fois rentrée, ses jambes ont lâché dès quelle a fermé la porte. Elle sest assise sur le canapé et a vu que ses pieds étaient enflés.
Après sêtre reposée, elle a mis de la glace et pris un antidouleur. Mais elle a dû dormir sur le canapé, car aller jusquà sa chambre semblait trop loin.
Pendant ce temps, Théo raccompagnait ses invités, terminant sa journée chargée. Il a repensé à sa mère qui avait fait tout ce chemin et a ressenti un coup de culpabilité.
« Elle naurait pas dû faire ça » a-t-il murmuré. Puis il a vu le paquet devant la porte. Il la pris et a lu le mot : « De mamie. »
Théo a serré les lèvres. Il a ouvert le paquet et y a trouvé ses vieux jouets denfance. Ils avaient été pauvres, mais ces objets lui étaient toujours chers. Et ils létaient encore. Théo na pas pu retenir ses larmes.
Chloé est sortie et sest inquiétée :
« Quest-ce qui se passe, mon amour ? »
« Jai été horrible avec maman », a-t-il sangloté, et sa femme la pris dans ses bras. Il lui a tout avoué, comment il sétait éloigné de sa famille par honte de leur pauvreté. « Je ne peux pas croire que jai été si cruel ! »
Après avoir été réconforté, Théo est parti sexcuser auprès de sa mère. Il avait toujours les clés de chez elle et est entré directement. Il la trouvée endormie sur le canapé, avec des compresses sur les jambes.
« Maman », a-t-il appelé doucement.
« Théo ? Quest-ce que tu fais là ? » a-t-elle demandé, ensommeillée, en essayant de se lever, mais il la arrêtée.
« Ne bouge pas », a-t-il dit en la portant jusquà sa chambre. Il a appliqué de la glace, lui a préparé à manger. Ils ont bu du thé, et il sest excusé, lui disant toute la vérité.
Heureusement, elle lui a pardonné. « Je me doutais que tu avais honte, mais je suis contente que tu sois venu texcuser tout de suite », a dit Jeanne. Théo a pleuré dans ses bras.
Le lendemain, ils sont rentrés chez lui, et Jeanne a enfin pu tenir son petit-fils.
Chloé sest aussi excusée, et ils ont passé une belle journée ensemble. Peu après, Théo a proposé à Jeanne de déménager chez eux pour quelle ne soit plus seule.






