**Journal personnel – 12 juillet**
Cétait une journée comme une autre sur la plage de Saint-Tropez. Les familles profitaient du soleil, des embruns et du doux murmure des vagues. Les enfants construisaient des châteaux de sable, quelques-uns se baignaient dans leau fraîche, dautres sallongeaient sous les parasols, bercés par lodeur de lété. Tout était calme, paisiblerien ne laissait présager lhorreur à venir.
Puis, soudain, un chien apparut sur le sable. Sans laisse, sans collier, aucun maître en vue. Un bâtard roux, trapu, le regard alerte, la respiration haletante. Il courait le long de la plage, aboyant fort, sautant près des vacanciers comme pour leur dire quelque chose. Les gens sagacèrent. Un homme tenta de le chasser, un autre brandit même une pierre. Tous le crurent fou, ou errant.
Mais le chien refusa de partir.
Il allait et venait le long du rivage, fixant les gens, puis la mer. Encore et encore. Et ses aboiements continuaient. Dabord, cela semblait absurde, mais peu à peu, certains remarquèrentce chien ne courait pas sans raison. Il montrait quelque chose. Il avertissait.
Cest alors quun jeune homme, Théo, suivit la direction des aboiements et découvrit lhorreur.
Leau commença à se retirer brutalement, anormalement vite. En quelques minutes, là où les vagues déferlaient, il ne resta quun lit de mer à nu : algues, rochers, sable humide exposé.
Les gens se levèrent, stupéfaits. Ceux qui connaissaient les tsunamis se mirent à courir. Les autres suivirent. Mais le premier avertissement venait du chien.
Il avait senti le danger avant quiconque.
Quand une vague monstrueuse apparut à lhorizon, il était trop tard pour prévenirmais pas pour agir. La plupart avaient déjà fui.
Et tout cela, grâce à un chien sans nom, que tous avaient pris pour un nuisance mais qui devint un héros.
Les secouristes dirent plus tard que, sans son comportement étrange, il y aurait eu bien plus de victimes. Son instinct, son angoisse, ses aboiementsils sauvèrent des dizaines de vies.
Personne ne sut jamais à qui il appartenait. Après ce jour, il disparut aussi soudainement quil était arrivé. Mais pour les survivants, il ne fut pas quun animal.
Il devint un symbole de salut.






