La belle-fille est rentrée à la maison et n’a pas cru ses yeux en découvrant sa fille et sa belle-mère.

La belle-fille rentra chez elle et ne put en croire ses yeux en apercevant sa fille et sa belle-mère.
Maman, quest-ce que tu fais ? Nadège ôta ses écouteurs et comprit que sa mère était sur le point de sévanouir.
Qui a autorisé ça ? Qui ? répétait-elle, la main sur le cœur.
***
Albine Ivanovna nappréciait guère sa belle-fille, Ludivine. Elle était convaincue que cette dernière tenait son fils, Sébastien, en laisse. Tout était sous son contrôle : son travail, ses amis, ses rares visites à sa mère. Si Sébastien venait laider à la campagne et rentrait épuisé, Ludivine trouvait toujours une excuse pour lempêcher de revenir, prétextant des tâches ménagères.
Les relations entre la belle-mère et la belle-fille étaient glaciales. Chaque rencontre, lors de fêtes ou dobligations familiales, se transformait en échange de piques acérées. Avec ses amies, Albine ne manquait jamais de critiquer Ludivine, surtout ses habitudes.
Elle se lève à sept heures et passe une heure entière dans la salle de bains ! Elle se maquille, se parfume, se pomponne ! À nen pas douter, cest pour plaire à dautres hommes, et elle finira par tromper mon Sébastien.
Ses amies souriaient :
Albine, que veux-tu y faire ? Sébastien a ses propres yeux il a choisi cette poupée, cest à lui de vivre avec. Mais avoue quelle est belle. Tes petits-enfants seront charmants !
Albine comprenait, mais cela ne faisait quattiser sa colère. Ce qui lirritait le plus, cétait la chevelure blonde de Ludivine.
Elle se coiffe cette crinière et se pavane comme une pouliche ! disait-elle à sa voisine. Et mon fils lui a acheté un sèche-cheveux hors de prix, il a dépensé tout son salaire ! Moi, avec ma pension, je ne peux même pas rêver de telles folies !
La voisine soupirait :
La jeunesse daujourdhui Ma petite-fille rêve aussi dun fer à lisser. À quoi bon ? Je ne comprends pas.
Exactement ! Ils feraient mieux de me donner cet argent ! Je le placerais, ça rapporterait des intérêts. Mais non, tout part dans les salons de beauté : ongles, sourcils, cils !
Albine se souvenait de sa jeunesse. Elle navait jamais eu une chevelure abondante. Ses cheveux étaient fins, gris, et à lécole, on la surnommait « la souris ». Depuis ses dix-huit ans, elle portait une coupe courte, toujours la même pendant des décennies. Avec lâge, les cheveux grisonnèrent, et elle commença à les teindre, chaque fois en regrettant largent dépensé.
Et si on essayait une coupe plus courte ? Ou une teinte plus vive ? suggérait la coiffeuse.
Non. Comme dhabitude. Jespère que les prix nont pas augmenté.
Ça ne vous ennuie pas, toujours la même chose ? plaisantait la coiffeuse.
Non ! Mais à vous, il serait temps de refaire la déco et de changer ces affiches ! Albine détestait particulièrement le poster dune femme aux cheveux semblables à ceux de Ludivine.
Pourquoi dépenser pour la déco si vous voulez payer le tarif dil y a dix ans ? rétorquait la coiffeuse en haussant les épaules.
Changez au moins ces posters. Ils sont là depuis des années. Mettez des fleurs, des paysages, ou des chatons !
Madame Albine, ici cest un salon de coiffure, pas une galerie dart.
Le temps passa. Sébastien et Ludivine eurent une fille, Nadège. On aurait pu croire que lenfant rapprocherait la grand-mère et la belle-fille. Mais Nadège était le portrait de sa mère : boucles dorées, grands yeux.
Elle est née avec des boucles ! Comment est-ce possible ? sexclama Albine.
Elle tient de sa mère, la belle ! confirmèrent les infirmières.
Au lieu de se réjouir, Albine ressentit une étrange déception. Elle aurait voulu que sa petite-fille ressemble à son fils aux cheveux châtains, aux yeux gris, un homme ordinaire, mais qui lui ressemblait tant.
Nadège grandit sous lautorité stricte de Ludivine : devoirs, discipline, ordre. Mais vers neuf ans, elle commença à contester sa mère. Chez sa grand-mère, elle se plaignait sans cesse delle.
Maman ne me laisse pas aller chez mes amies ! Elle dit que je dois faire mes devoirs !
Ta mère na jamais été très maline. Elle ne comprend pas que tu as besoin de te détendre.
Je peux ne pas faire mes devoirs ?
Bien sûr.
Merci, mamie ! Tu es trop gentille !
Le soir, quand Sébastien vint chercher Nadège, il apparut que les devoirs nétaient pas faits. Nadège dut veiller tard et se réveilla grognon. Ludivine, perturbée, faillit être en retard au travail.
Comprenant que sa grand-mère était « plus sympa » que sa mère, Nadège multiplia les visites et les commérages. Elle se plaignait sans cesse, et Albine lencourageait, affirmant que Ludivine était trop sévère.
Les conséquences ne tardèrent pas. Nadège devint insolente, négligea ses études et son hygiène. Ludivine, épuisée par son travail, mit du temps à comprendre la source du problème.
Maman, toutes les filles de ma classe se teignent les cheveux ! déclara un jour Nadège, onze ans.
Et alors ? Tu as une très belle couleur naturelle.
Je veux changer ! Je ne veux plus être une blonde ! On se moque de moi à lécole !
Arrête de mentir. Ton école est correcte. Personne ne se moque.
Cest juste que les garçons sont amoureux de toi, dit son père, recevant un coup de pied sous la table.
Pas dhistoires damour ! sexclama Ludivine.
Nadège lui tira la langue. Elle était amoureuse dun nouveau, Ignace, qui, selon les rumeurs, préférait les brunes. Il fréquentait une fille plus âgée, aux cheveux noirs coupés court, vêtue de noir, avec un piercing au nez.
Nadège voulut lui ressembler. Elle oublia lidée du piercing trop douloureux mais décida de se couper les cheveux.
Ludivine oublia cette discussion. Mais le lendemain soir, en rentrant, elle resta figée : une jeune fille aux cheveux noirs était assise dans le fauteuil de Nadège, casque sur les oreilles.
Nadège ? Nous avons de la visite ?
Pourquoi tu cries ? Il ny a personne ! fit Albine en haussant les épaules.
Alors qui est cette fille dans la chambre de ma fille ?
Maman, quest-ce qui tarrive ? Nadège enleva son casque et vit sa mère près de sévanouir.
Qui a autorisé ça ? Qui ? hurla Ludivine, la main sur le cœur. Elle venait de réaliser que Nadège sétait coupé et teint les cheveux sans sa permission.
Elle la voulu. Quest-ce que ça peut te faire ? Elle est assez grande.
Onze ans ? Grande ?
Le scandale fut tel que Nadège faillit partir vivre chez sa grand-mère.
Non, non. Tu as une mère et un père, moi je rentre, se dépêcha de dire la « gentille » mamie.
Sébastien haussa les épaules : « Ça repoussera. »
Une fois calmée, Ludivine demanda où Nadège sétait fait couper les cheveux, bien décidée à faire fermer le salon.

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La belle-fille est rentrée à la maison et n’a pas cru ses yeux en découvrant sa fille et sa belle-mère.
Le mariage aura lieu, mais ta présence n’est pas requise – la fille a abandonné sans lever les yeux de son téléphone.