Dans lavion, une femme a rejeté son siège en arrière et ma écrasé les jambes : jai décidé de lui donner une leçon de politesse.
Je voyageais tranquillement, installé près du hublot, me disant quun vol dune heure et demie ne poserait aucun problème. Devant moi était assise une femme plutôt corpulente, vêtue dun cardigan à motifs. À peine lavion avait-il décollé quelle a brusquement incliné son siège vers larrière, sans même un regard.
Aïe ! La douleur ma traversé les genoux, coincés sous le dossier.
Excusez-moi, lui ai-je poliment demandé en me penchant vers elle, pourriez-vous relever un peu votre siège ? Je suis très à létroit.
Elle na même pas tourné la tête.
Je suis mieux comme ça.
Jai mis quelques secondes à digérer sa réponse, tentant en vain de bouger mes jambes. Inutile de laisser passer ça. Jai appuyé sur le bouton dappel.
Une hôtelière en uniforme est arrivée.
En quoi puis-je vous aider ?
Voyez-vous, ai-je expliqué, la passagère devant moi a rejeté son siège au point que je ne peux plus bouger.
Lhôtelière sest penchée vers la femme avec courtoisie.
Pardon, madame, mais pourriez-vous relever légèrement votre dossier pour le confort de votre voisin ?
La femme sest retournée avec un regard qui aurait pu gâcher des vacances entières.
Jai mal au dos. Jai payé mon siège, je massois comme je veux.
Lhôtelière a retenu un soupir.
Nous demandons simplement de respecter le confort de tous les passagers.
Avec une lenteur théâtrale, la femme a haussé son siège de quelques centimètres.
Ça vous va ? a-t-elle lancé par-dessus son épaule.
Mes jambes ne sont toujours pas revenues, mais cest mieux, merci, ai-je souri.
Elle a ricané, tandis que lhôtelière madressait un discret clin dœil avant de séloigner.
Trente minutes plus tard, alors que je commençais à me détendre boum ! Son siège a de nouveau basculé en arrière, écrasant mes genoux.
Sérieusement ? ai-je grogné, mais elle na pas bronché.
La diplomatie avait échoué. Il était temps de riposter. Voici ce que jai fait.
Avec un air innocent, jai baissé la tablette, sorti un gobelet en plastique de jus de tomate (les boissons venaient dêtre servies) et lai posé sur le bord, juste sous son dossier.
Silence. Cinq minutes plus tard, un léger mouvement et floc ! Le jus a giclé sur son sac bleu posé à côté, éclaboussant légèrement sa robe.
Elle sest dressée dun bond.
Quest-ce que cest que ça ?
Oh ! ai-je feint la surprise. Désolé, vous avez bougé si brusquement La tablette est petite, vous voyez, je vous avais prévenue : cest très serré.
Elle a agité les mains, indignée.
Hôtesse ! On ma tout taché !
La même hôtelière est revenue.
Que sest-il passé ?
Je buvais tranquillement mon jus, et le siège devant moi eh bien, il sest incliné tout seul, et jai montré la tache. Les lois de la physique, sans doute.
Lhôtelière a parfaitement compris, mais a gardé son sérieux.
Suivez-moi, je vous donnerai des serviettes. Et veillez, sil vous plaît, à bien verrouiller votre dossier.
La femme a essuyé son sac en silence. Et son siège ? Il a





