« Comment ça, vous ne nous laissez pas entrer ? Nous sommes ceux qui vous ont vendu la maison. Nous avons le droit d’y rester une semaine », ont déclaré les anciens propriétaires.

Nous avons quitté la campagne pour la ville en 1975. Cette année-là, mes parents ont acheté une maison à la lisière de Nanterre, dans une petite rue tranquille en périphérie de Paris. Mais cette aventure cachait une surprise inattendue… À cette époque, la solidarité et lentraide étaient naturelles à la campagne, et mes parents, Luc et Viviane Morel, ny faisaient pas exception. Alors, lorsque les anciens propriétaires leur ont demandé la permission de rester quelques semaines de plus sous notre toit, le temps de régler quelques papiers administratifs, ils ont accepté sans hésiter.

Ces gens possédaient un énorme chien, un berger noir du nom dHercule, au caractère redoutable. Nous navons pas voulu quil reste à lintérieur car il ne nous reconnaissait pas, et très honnêtement, personne ne souhaitait sattirer ses foudres. Voilà le chien dont je garde encore aujourdhui le souvenir.

Une semaine sest écoulée, puis deux, puis trois, et les anciens propriétaires, les Dubois, dormaient jusquà midi, traînaient dans la maison comme sils en étaient toujours les maîtres et laissaient planer une impression de nonchalance insupportable. Mais cétait surtout la mère de la propriétaire, Madame Dubois, qui avait un comportement insupportable, dirigeant tout comme si rien navait changé.

À plusieurs reprises, mes parents ont rappelé laccord initial, mais leur départ était sans cesse repoussé.

Chaque jour, Hercule était lâché dehors. Il semait la peur dans tout le jardin, laissant ses traces partout. Mes petites sœurs, Camille et Anaïs, nosaient même plus sortir jouer de peur dêtre attaquées. Mes parents avaient maintes fois demandé aux Dubois de surveiller leur chien, mais chaque matin, dès que mon père partait travailler à la mairie et que mes sœurs quittaient la maison pour le lycée, le chien était de nouveau libre dans la cour.

Finalement, cest ce même chien qui a involontairement précipité le départ de ces invités indélicats.

Ce jour-là, Anaïs est rentrée plus tôt du collège. Oubliant la présence dHercule, elle a ouvert la porte du jardin. Tout sest passé en un éclair : le chien noir sest rué sur elle et la jetée à terre. Cest uniquement grâce à lépaisseur de son manteau, un vieux pardessus en laine, quelle na pas été sérieusement blessée seule la veste fut arrachée. Hercule fut aussitôt attrapé, puis attaché solidement. Les Dubois, loin déprouver le moindre remords, ont reproché à Anaïs dêtre revenue trop tôt.

Mais le soir, la tension a explosé. Mon père est rentré du travail plus tôt que dhabitude. Sans même prendre le temps dôter son manteau, il a escorté Madame Dubois dehors, la déposant sur le trottoir, valise à la main. La fille et le gendre sont sortis précipitamment, nattendant pas dêtre poussés. Les affaires volaient littéralement par-dessus la barrière du jardin, atterrissant dans la boue et les flaques deau.

Les Dubois, dans un dernier élan darrogance, ont tenté dappeler Hercule à laide : “Allez, Hercule, attaque !” Mais le chien, saisi par la scène, sest contenté de remuer doucement la queue, puis sest blotti au fond de sa niche, bien décidé à ne plus sortir.

En moins dune heure, tous les effets des anciens résidents étaient dehors. Mon père a refermé à double tour la porte du jardin et Hercule est resté, fidèle à ses nouveaux maîtres, derrière la clôture, alors que ses anciens propriétaires, penauds, se consolèrent avec quelques madeleines laissées dans leur panier.

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« Comment ça, vous ne nous laissez pas entrer ? Nous sommes ceux qui vous ont vendu la maison. Nous avons le droit d’y rester une semaine », ont déclaré les anciens propriétaires.
Laissez-moi tranquille, monsieur ! Pouah… C’est vous qui sentez comme ça ? — Pardon, — marmonna l’homme en s’écartant, tout en comptant quelques pièces dans sa paume, comme s’il n’avait pas de quoi se payer une bouteille. Intriguée, Rita plongea son regard dans celui de l’inconnu, étonnée d’y découvrir des yeux d’un bleu saisissant, aussi purs qu’au premier jour. Finalement, émue, elle l’invita à l’écart de la queue à la caisse : — Vous avez besoin d’aide, peut-être ? Ainsi commença une histoire inattendue dans les faubourgs de Lyon, entre Rita, enseignante à la retraite à la vie rangée, et Yuri, un ex-prof de physique marqué par la vie, sans toit ni avenir, mais aux mains d’or. Après l’avoir embauché pour refaire sa salle de bain, Rita découvre un homme brisé par un acte de bravoure malheureux et rejeté par la société. Quand son fils unique, inspecteur au parquet, découvre leur relation, il exige de Rita qu’elle le chasse pour protéger son héritage familial. Déchirée entre amour naissant et pression filiale, Rita devra choisir : obéir à son fils et retrouver la solitude, ou miser sur une nouvelle vie et construire, avec Yuri, leur maison et leur bonheur, loin des convenances. À cinquante-trois ans, aura-t-elle le courage de vivre une seconde jeunesse et d’accueillir, enfin, le véritable amour ? « L’amour, le vrai, n’a pas d’âge : chronique d’un nouveau départ inattendu dans la banlieue lyonnaise. »