On m’a offert un jour de congé. Je n’ai rien dit à mon mari. Je suis allée chez ma mère, sans enfant…

Aujourd’hui, on ma offert un jour de congé au travail. Je nai rien dit à mon mari. Jai filé chez ma mère sans enfants, sans mari.

Quand jai reçu le mail des ressources humaines annonçant « journée de repos », jai ressenti une excitation coupable au creux du ventre. Un jour juste pour moi. Jai jeté un coup dœil à mon mari, qui dormait paisiblement, ronflant doucement, et jai eu ce sentiment quaucune mère nose avouer : de la joie.

À sept heures, jétais déjà prête, donnant limpression de partir pour une journée ordinaire.

Tu pars déjà, ma chérie ? marmonna Paul, les yeux à demi-clos.

Oui, jai une réunion tôt, répondis-je, le plus naturellement du monde, en mentant sans le moindre remords.

Je suis sortie de lappartement comme une fugitive. Jai vérifié dans le rétroviseur que ma conscience ne tentait pas de me rattraper.
Et jai pris la direction de mon refuge secret : lappartement de ma mère.

Hélène, quest-ce que tu fais là ? demanda-t-elle, encore en peignoir, la surprise dessinée sur le visage.

Chut je me suis évadée. Personne nest au courant, murmurais-je avec un sourire complice.

Elle ma accueillie dans une étreinte chaleureuse et ma laissée entrer. Lappartement sentait le café frais et les croissants chauds.

Petite canaille, fit-elle en riant, tout en me préparant une assiette.

Nous avons passé la matinée comme autrefois. Un vrai petit-déjeuner, sans interruptions. Des ragots sans filtre. Un café que lon peut boire chaud.
CHAUUUUD.
Sans avoir à le réchauffer cinq fois parce que quelquun a toujours besoin de quelque chose.

Cest mieux quune journée au spa, soupirai-je, lovée dans le vieux canapé du salon.

Tu ne culpabilises pas un peu ? demanda ma mère, malicieuse.

Pas du tout. Ils vont tous très bien. Moi, javais besoin de ça.

À quatorze heures, mon téléphone a sonné. Cétait Paul.

Je mapprête à rentrer, mentis-je avec un calme olympien, tandis que ma mère plaquait une main sur sa bouche pour ne pas rire. Oui oui, réunion très productive.

En rentrant le soir, jétais une femme neuve.
Paul avait lair épuisé et les enfants avaient transformé le salon en champ de bataille.

Alors, ta journée ? demanda-t-il innocemment.

Comme dhabitude, répondis-je en refoulant un sourire complice.

Cette nuit-là, alors que toute la maisonnée dormait, jai reçu un message de ma mère.

Même heure, semaine prochaine ?

Suis-je une mauvaise personne davoir besoin dune « infidélité maternelle » ou est-ce simplement mon droit de rester saine desprit ?

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L’homme au Char avec Petite Remorque