Mon mari m’a demandé de choisir entre ma mère gravement malade et notre mariage, et je n’arrive toujours pas à croire qu’il ait prononcé ces mots. Nous étions mariés depuis huit ans quand ma mère est tombée malade. Ce n’était pas une petite maladie. Je suis fille unique. Je n’avais personne d’autre.

Tu sais, il y a des choses auxquelles on ne croit, tant quon не les vit pas soi-même. Arthur, mon mari, ma demandé un jour de choisir entre ma mère malade et notre vie de couple et franchement, jarrive toujours pas à réaliser quil ma mis face à un choix pareil. Ça faisait huit ans quon était mariés quand tout a basculé. Ma mère, Denise, est tombée gravement malade. Pas juste un rhume ou une grippe, tu vois ? Et comme je suis sa fille unique, cétait à moi de men occuper : il ny a que moi qui pouvais vraiment être là pour elle.

Au début, je jonglais avec tout. Je me levais à laube pour aller au bureau, je passais chez ma mère à Boulogne pour lui apporter des plats faits maison et ses médicaments, puis je rentrais chez nous, à Suresnes, pour moccuper dArthur et des enfants. Je dormais à peine quatre heures par nuit. Jétais vidée, les yeux cernés jusquaux jours suivants, le dos complètement noué. Mais je râlais pas, je me disais que cétait juste une période difficile à traverser, et quArthur finirait bien par comprendre.

Mais il a changé, tu vois. Dès que jarrivais un peu plus tard à la maison à cause de ma mère, ça le mettait de mauvaise humeur. Quand il me voyait au téléphone avec elle, il soupirait bruyamment. Et un jour, il me sort : « Tes plus la même, on dirait que tes jamais là pour nous ». Jai essayé de lui expliquer que ma mère avait vraiment besoin de moi. Tu sais ce quil ma répondu ? « Eh bien, tas quà trouver quelquun à payer pour sen occuper ».

Je lui ai dit que déjà, on navait franchement pas les moyens de se permettre une aide-soignante tu sais combien ça coûte à Paris ? et en plus, ma mère fait confiance quà moi. Mais rien à faire, il râlait encore : il disait que notre maison nétait plus quun hôtel, que je rentrais, je sortais, que je ne faisais plus attention à lui, que pour lui, je passais toujours en second plan. Cétait affreux cest comme si je me faisais déchirer de tous les côtés.

Le pire a été ce dimanche-là. Je venais à peine de rentrer de lhôpital, complètement cassée, encore en pantalon de jogging et pull taché. Je pose mes clés, et là, il me balance froidement : « Ça ne peut plus durer. Soit tu continues à jouer à linfirmière avec ta mère, soit tu restes ici avec moi, on se reprend main dans la main. » Jai cru quil ne parlait pas sérieusement. Mais il ma regardée droit dans les yeux : « Oui, cest sérieux. Je refuse de passer encore une seule journée au second plan ».

Cette nuit-là, impossible de fermer lœil. Je pensais à Maman seule, malade, comptant chaque minute sur moi. Je pensais aussi aux enfants, à notre famille, à tout ce quon avait construit. Et puis, javais limpression que personne ne voyait ce que je vivais, personne ne voyait ma fatigue, mes sacrifices.

Le matin, je suis allée voir ma mère à Boulogne. Elle était tellement faible. Quand elle ma vue, elle a esquissé un sourire et ma juste pris la main en chuchotant : « Merci de ne pas mabandonner ». Tu vois, cest ce moment-là où jai compris que je ne pourrais jamais la laisser tomber. Je suis rentrée, jai dit à Arthur que je ne choisirais pas, mais que sil my obligeait, alors là au moins, mon choix était clair.

Dans laprès-midi, il a fait ses valises. Deux grosses valises. Il ma lancé que cétait moi qui avais ruiné notre couple, que javais toujours mis Maman en premier. Je suis restée debout, toute tremblante, je savais même plus si je venais de perdre mon mari ou de sauver ma dignité.

Aujourdhui, ma vie, elle oscille entre les couloirs de lhôpital Ambroise-Paré et notre appartement. Oui, je suis épuisée, parfois vraiment triste. Mais au moins, je dors tranquille la nuit. Jessaie même de convaincre Maman de venir vivre avec moi, ça me simplifierait la vie, tu penses bien.

Dis-moi, à ta place, taurais fait quoi ?

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Mon mari m’a demandé de choisir entre ma mère gravement malade et notre mariage, et je n’arrive toujours pas à croire qu’il ait prononcé ces mots. Nous étions mariés depuis huit ans quand ma mère est tombée malade. Ce n’était pas une petite maladie. Je suis fille unique. Je n’avais personne d’autre.
La sœur cadette de mon mari est venue en visite, et il lui a entièrement cédé la chambre avec la climatisation, contraignant mon fils malade et moi à dormir dans le salon.