Tous contre eux, mais l’amour est plus fort : — Maman, papa, ce soir on viendra dîner avec Arthur, je veux vous le présenter, annonça Camille à ses parents lors du petit déjeuner. Étudiante en deuxième année à l’université, elle semblait toute excitée. — C’est un camarade de fac ? s’enquit sa mère, Véronique, pendant que son père, François, observait la scène avec curiosité. — Non, Arthur est en BTS… il apprend la mécanique… — Camille, enfin, un BTS, franchement ? Pourquoi veux-tu sortir avec un garçon qui n’a pas fait de longues études ? Nous, on espérait un médecin ou un ingénieur pour notre fille unique ! Ton père est dentiste, et moi, je suis directrice financière… Ton Arthur, lui, va passer sa vie couvert de cambouis. — Bon, je file en cours, merci pour le petit-déj, maman ! Camille quitta la table, laissant ses parents désemparés. — Et alors, tu en dis quoi, François ? fit presque sèchement Véronique. C’est notre seule fille… François haussa les épaules, impuissant. Le soir venu, Véronique et François attendaient leur fille, prévenus qu’elle ne rentrerait pas seule. Camille entra, le sourire aux lèvres, main dans la main avec un grand garçon brun aux yeux bleus. — Il est plutôt mignon, pensa la mère, mais le reste… — Voici Arthur, dit Camille. Il salua poliment. — Bonsoir à vous. Ils s’installèrent autour de la table, et Camille annonça d’un seul souffle : — Papa, maman, avec Arthur, on a décidé de se marier. On a déjà déposé le dossier à la mairie. La cérémonie aura lieu bientôt. Les parents restèrent pétrifiés. — Tu plaisantes, Camille ? s’étrangla la mère. — Non, pas du tout, répondit fermement sa fille, tandis qu’Arthur restait silencieux. — Mais enfin, tu n’es qu’en deuxième année ! Et s’il devait y avoir un bébé ? Ou bien c’est déjà le cas ? s’écria Véronique. — Non, rassure-toi, maman, je ne suis pas enceinte. — Arthur, où comptez-vous vivre, et surtout comment ? interrogea la mère. — Peut-être en résidence universitaire, ou alors chez moi, dans ma chambre. — Tu as ta propre chambre ? Et combien de pièces avez-vous ? — Trois. Ma grand-mère occupe une chambre, mon père une autre, mon frère travaille sur des chantiers et cherche un appartement à acheter. — Camille, tu sais ce que c’est de vivre en foyer étudiant avec des cafards et des voisins bruyants ? susurra ironiquement sa mère, en jetant un regard à Arthur. — Maman, on pourra vivre chez nous au début. Après mes études, je travaillerai, et avec Arthur, on prendra un crédit pour acheter un appartement. Véronique contenait sa colère. Elle voyait bien que leur jeunesse les empêchait de mesurer la réalité. Pour eux, tout semblait simple avec l’amour. Le père fit : — Arthur, tu peux nous parler de ta famille ? — Ma mère est décédée il y a dix ans, c’est surtout ma grand-mère qui m’a élevé. Mon frère est ouvrier, mon père aussi, mais il boit beaucoup. Ma grand-mère a longtemps été institutrice en maternelle. Véronique se dit en son for intérieur que seule la grand-mère paraissait fiable dans cette histoire. Le père reprit : — Et tes proches sont au courant du mariage ? — Non, on voulait d’abord annoncer ça à vos parents avant de le dire aux miens. — Eh bien, va leur en parler, Arthur, nous devons aussi discuter de notre côté, dit Véronique, mettant ainsi fin au débat. Arthur repartit chez lui annoncer la nouvelle. Son frère éclata de rire, son père à moitié ivre n’en fit pas cas, seule la grand-mère l’encouragea tendrement. Chez Camille, les tensions montaient aussi. — Ma chérie, avec ton niveau d’études, tu mérites mieux qu’un mécanicien, lança sa mère. — Ne parle pas comme ça d’Arthur, s’énerva Camille. — Bon, trêve de disputes, la nuit porte conseil, trancha François. La nuit fut longue. Chacun doutait, mais l’amour de Camille et Arthur ne faiblit pas. Le lendemain, ils se retrouvèrent devant l’université, se prirent dans les bras longuement. — Tes parents t’ont incendiée, non ? demanda Arthur. — On a failli se fâcher, mais papa a calmé les choses. Et chez toi ? — Pareil. — On annule ? — Certainement pas, affirma Arthur. Je vais bosser au garage d’un ami, on trouvera un studio pour commencer. — Mais on n’aura pas les moyens pour une grande fête… — Ce n’est pas grave, dit Camille. L’essentiel, c’est d’être ensemble. Ils se marièrent simplement, malgré l’opposition de tous. Les parents finirent par accepter. La fête fut modeste, mais ils étaient heureux. Même si tout le monde était contre eux, leur amour était plus fort que tout.

Tout le monde soppose, mais lamour lemporte

Maman, papa, ce soir je vais rentrer avec Augustin, je voudrais vous le présenter, annonçai-je à table, essayant de masquer mon anxiété derrière mon sourire. En deuxième année à la fac de lettres à Bordeaux, je sentais que ce moment approchait trop vite.

Il est également à luniversité avec toi ? a voulu savoir ma mère, Élisabeth, des rides dinquiétude se dessinant sur son front. Mon père, Thierry, me regardait intensément, une tasse de café à la main.

Non, Augustin est en BTS Il se forme à la mécanique

Oh Camille, cest quoi ce BTS ? Franchement, pourquoi tu tintéresses à un garçon avec une telle formation ? Cest comme un CAP dautrefois Ton père et moi, on rêve plutôt dun gendre médecin ou ingénieur informatique, ça garantit un salaire solide Tu sais quon fait tout pour toi, notre seule et unique fille. Ton papa est chirurgien-dentiste, je suis directrice financière. Et ton Augustin, il va passer sa vie dans des garages avec des mains pleines de cambouis

Bon, je file en cours. Merci maman, pour le petit déjeuner.

Jai quitté la table à la hâte, sentant les regards perplexes de mes parents peser sur mon dos. Je savais quils ne comprenaient pas et ça me blessait un peu.

Eh bien, quest-ce que tu en penses, Thierry ? lança sèchement ma mère, des larmes pointant dans sa voix. Cest notre unique fille tout de même

Mon père haussa simplement les épaules sans répondre, pensif.

Le soir, je sentais la tension lorsque jai franchi le seuil de notre appartement, main dans la main avec Augustin. Grand, des boucles brunes et des yeux dun bleu franc. Ma mère le dévisagea, évaluant dun seul coup dœil. Pas mal, pensa-t-elle sans doute, mais le reste

Je vous présente Augustin, dis-je, tentant de dissimuler ma nervosité. Il pencha la tête, respectueux.

Bonsoir, monsieur, madame.

On nous invita à table sans trop de cérémonie. À peine étions-nous assis que jannonçai aussitôt, dune voix débordante de courage :

Maman, papa, nous avons décidé de nous marier avec Augustin. On a même déjà déposé la demande à la mairie. Le mariage aura lieu bientôt.

Une chape de silence tomba dans la pièce. Mes parents, désarçonnés, me fixaient.

Cest une plaisanterie, Camille ?! finit par lancer ma mère.

Non, répondis-je posément en serrant plus fort la main dAugustin, qui restait silencieux.

Tu es juste en deuxième année ! Et si tu tombes enceinte ? balbutia ma mère, alarmée.

Non, soufflai-je, ne tinquiète pas. Rien de tout ça.

Elle pivota alors vers Augustin :

Et toi, tu comptes vivre où avec ma fille ? Et avec quel argent ?

Il hésita, démuni.

Peut-être dans ma chambre détudiant Ou alors chez moi, avec ma famille.

Tu as ta propre chambre ? Vous êtes combien dans votre appartement ?

Trois chambres. Ma grand-mère dans lune, mon père dans lautre et mon grand frère, qui bosse en déplacement, rentre rarement. Il va bientôt acheter son studio

Ma mère pâlit dun coup.

Camille, tu timagines vivre dans un vieux foyer avec des cafards et des voisins ivres ? lança-t-elle puis braqua un regard désapprobateur sur Augustin.

Maman, voyons Après la fac, je travaillerai, on prendra un appartement en emprunt, comme tout le monde.

Le ton montait, mais elle ravala ses mots face à notre détermination. Jaurais parié quelle pensait quon voyait tout en rose, quon croyait à lamour parfait et solide pour affronter la vie. Je savais bien quelle devait être terrifiée.

Augustin, raconte-nous ta famille, demanda finalement mon père.

Notre famille tient bon malgré tout. Ma mère est décédée il y a dix ans, cest ma grand-mère qui ma surtout élevé, car mon père boit et travaille sur des chantiers. Mon frère est ouvrier aussi, célibataire et travaille loin. Ma grand-mère a été institutrice en maternelle, précisa Augustin dans un sourire timide.

Ma mère pensa, sans mot dire, que la grand-mère devait être la seule référence stable dans cette maison.

Tes parents sont-ils au courant ? relança mon père.

Non, on voulait d’abord vous le dire.

Bien. File chez toi ce soir annoncer la nouvelle à ta famille, trancha ma mère, se levant pour signifier la fin de la discussion.

Je lai raccompagné à la porte, et il est parti. Chez lui, il fit la grande annonce. Son frère sesclaffa :

Marié à dix-neuf ans ? Tes fou ou bien ? Tas encore le service militaire devant toi !

Son père, passablement éméché, grimaça :

Cest qui, ta fiancée ? Elle fait quoi ?

Camille, étudiante à la fac. répondit Augustin tout fier.

Oh, tu vas épouser une future prof ? Tu serais pas mieux avec une danseuse étoile ? rit son frère, bientôt rejoint par leur père.

Augustin préféra senfermer dans sa chambre, alluma son ordinateur, la gorge serrée. La porte grinça, sa grand-mère entra, sassit à côté de lui.

Mon petit Augustin, nécoute pas ce quon te dit. Si vous vous aimez, mariez-vous. Seulement, tu sais, des familles aisées ne cherchent pas vraiment des gendres qui nont rien. Mais tu es têtu, je le sais bien. Je suis avec toi.

Son frère fit irruption.

Et les parents de ta copine, cest qui ?

Son père est chirurgien-dentiste, sa mère, directrice financière.

Wow Tu rêves éveillé, frère. Cest pas le moment pour toi. Termine tes études, va à larmée, tu penseras au mariage plus tard avec largent de côté.

Chez nous, la dispute grondait toujours.

Camille, tu as un bel avenir devant toi, et Augustin ? Il doit à peine savoir lire

Maman, ne dis pas ça ! criai-je, indignée.

Mon père intervint.

Bon, faites une pause, la nuit porte conseil.

Personne ne dormit vraiment. Jentendis ma mère soupirer longuement à travers le mur. Mon père se retourna, tourmenté, cherchant comment mexpliquer quil est trop tôt Il se rappelait sa propre première passion, combien cest tenace dans la mémoire, puis comment la vie a choisi pour lui, et que son bonheur avec ma mère était venu plus tard.

Je restai, allongée sous la couette, fixant la lueur de la lune filtrant à travers les voilages.

Jaime Augustin du plus profond de mon cœur Mais faire de la peine à maman, cest tellement dur. Elle compte tant pour moi Augustin est si gentil, si sincère, je me sens légère avec lui. Rien que sa main dans la mienne et tout mon corps frémit.

Le lendemain, Augustin mattendait devant lentrée de mon amphi. Notre étreinte fut longue et rassurante, hésitante, comme si on craignait que ce soit la dernière.

Alors, tu ten es pris plein la tête, hier ? demanda-t-il, tenté de faire de lhumour.

Ce fut chaud, maman a failli exploser, heureusement que papa a calmé le jeu. Et chez toi ?

Pareil, répondit-il, voix morose.

Et maintenant ? On retire la demande à la mairie ?

Pas question, me coupa-t-il. Jy ai réfléchi : dès demain, je demande à John au garage, ça fait des mois quil me propose du boulot. Je bosserai, on se trouvera un petit studio au début et peut-être que nos familles finiront par accepter Sauf que

Il hésita.

Quoi?

On naura pas de sous pour la noce. Tu ne rêvais pas dune robe blanche, comme toutes les filles ?

Largent, on sen fiche. Un passage à la mairie, et on ira boire un verre tous les deux. Ça mira si tu es là.

Tu en es sûre ?

Je suis sûre. Tant que jai toi

Camille, tu nimagines pas comme je taime ! sexclama-t-il en me faisant tournoyer. Viens, allons prendre une pâtisserie.

Finalement, mes parents cédèrent. La mairie, une petite fête au bistrot du quartier, une robe blanche toute simple, un costume sobre pour Augustin. Peu dinvités, mais notre bonheur faisait oublier tout le reste.

Son père but trop, son frère ne vint même pas, sa grand-mère souriait, la larme à lœil. Maman, le visage fermé, narrivait pas à feindre la joie, mais papa tentait dapaiser latmosphère. Malgré tout, et même si tout le monde était contre, lamour fut plus fort que tout.

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Tous contre eux, mais l’amour est plus fort : — Maman, papa, ce soir on viendra dîner avec Arthur, je veux vous le présenter, annonça Camille à ses parents lors du petit déjeuner. Étudiante en deuxième année à l’université, elle semblait toute excitée. — C’est un camarade de fac ? s’enquit sa mère, Véronique, pendant que son père, François, observait la scène avec curiosité. — Non, Arthur est en BTS… il apprend la mécanique… — Camille, enfin, un BTS, franchement ? Pourquoi veux-tu sortir avec un garçon qui n’a pas fait de longues études ? Nous, on espérait un médecin ou un ingénieur pour notre fille unique ! Ton père est dentiste, et moi, je suis directrice financière… Ton Arthur, lui, va passer sa vie couvert de cambouis. — Bon, je file en cours, merci pour le petit-déj, maman ! Camille quitta la table, laissant ses parents désemparés. — Et alors, tu en dis quoi, François ? fit presque sèchement Véronique. C’est notre seule fille… François haussa les épaules, impuissant. Le soir venu, Véronique et François attendaient leur fille, prévenus qu’elle ne rentrerait pas seule. Camille entra, le sourire aux lèvres, main dans la main avec un grand garçon brun aux yeux bleus. — Il est plutôt mignon, pensa la mère, mais le reste… — Voici Arthur, dit Camille. Il salua poliment. — Bonsoir à vous. Ils s’installèrent autour de la table, et Camille annonça d’un seul souffle : — Papa, maman, avec Arthur, on a décidé de se marier. On a déjà déposé le dossier à la mairie. La cérémonie aura lieu bientôt. Les parents restèrent pétrifiés. — Tu plaisantes, Camille ? s’étrangla la mère. — Non, pas du tout, répondit fermement sa fille, tandis qu’Arthur restait silencieux. — Mais enfin, tu n’es qu’en deuxième année ! Et s’il devait y avoir un bébé ? Ou bien c’est déjà le cas ? s’écria Véronique. — Non, rassure-toi, maman, je ne suis pas enceinte. — Arthur, où comptez-vous vivre, et surtout comment ? interrogea la mère. — Peut-être en résidence universitaire, ou alors chez moi, dans ma chambre. — Tu as ta propre chambre ? Et combien de pièces avez-vous ? — Trois. Ma grand-mère occupe une chambre, mon père une autre, mon frère travaille sur des chantiers et cherche un appartement à acheter. — Camille, tu sais ce que c’est de vivre en foyer étudiant avec des cafards et des voisins bruyants ? susurra ironiquement sa mère, en jetant un regard à Arthur. — Maman, on pourra vivre chez nous au début. Après mes études, je travaillerai, et avec Arthur, on prendra un crédit pour acheter un appartement. Véronique contenait sa colère. Elle voyait bien que leur jeunesse les empêchait de mesurer la réalité. Pour eux, tout semblait simple avec l’amour. Le père fit : — Arthur, tu peux nous parler de ta famille ? — Ma mère est décédée il y a dix ans, c’est surtout ma grand-mère qui m’a élevé. Mon frère est ouvrier, mon père aussi, mais il boit beaucoup. Ma grand-mère a longtemps été institutrice en maternelle. Véronique se dit en son for intérieur que seule la grand-mère paraissait fiable dans cette histoire. Le père reprit : — Et tes proches sont au courant du mariage ? — Non, on voulait d’abord annoncer ça à vos parents avant de le dire aux miens. — Eh bien, va leur en parler, Arthur, nous devons aussi discuter de notre côté, dit Véronique, mettant ainsi fin au débat. Arthur repartit chez lui annoncer la nouvelle. Son frère éclata de rire, son père à moitié ivre n’en fit pas cas, seule la grand-mère l’encouragea tendrement. Chez Camille, les tensions montaient aussi. — Ma chérie, avec ton niveau d’études, tu mérites mieux qu’un mécanicien, lança sa mère. — Ne parle pas comme ça d’Arthur, s’énerva Camille. — Bon, trêve de disputes, la nuit porte conseil, trancha François. La nuit fut longue. Chacun doutait, mais l’amour de Camille et Arthur ne faiblit pas. Le lendemain, ils se retrouvèrent devant l’université, se prirent dans les bras longuement. — Tes parents t’ont incendiée, non ? demanda Arthur. — On a failli se fâcher, mais papa a calmé les choses. Et chez toi ? — Pareil. — On annule ? — Certainement pas, affirma Arthur. Je vais bosser au garage d’un ami, on trouvera un studio pour commencer. — Mais on n’aura pas les moyens pour une grande fête… — Ce n’est pas grave, dit Camille. L’essentiel, c’est d’être ensemble. Ils se marièrent simplement, malgré l’opposition de tous. Les parents finirent par accepter. La fête fut modeste, mais ils étaient heureux. Même si tout le monde était contre eux, leur amour était plus fort que tout.
La femme a quitté le domicile, abandonnant mari et enfants, puis a reçu une lettre deux jours plus tard : le bouleversant témoignage d’un père français qui a compris, après le départ de sa femme, la réalité du quotidien d’une mère – Un récit poignant sur l’épuisement, le sacrifice et la reconnaissance du rôle maternel, à lire absolument et à partager pour célébrer la plus belle profession du monde.