Devant la porte se tenait un inconnu. Depuis le lycée, Vincent était épris de Jeanne. Il lui écrivait des petits mots, cherchait à attirer son attention de mille façons. Mais Jeanne préférait Dimitri, grand blond et membre de son équipe de volley-ball. Au garçon maladroit qu’était Vincent et qui avait du mal à l’école, elle ne prêtait aucune attention. Peu après, Dimitri est sorti avec Hélène, une fille de la classe voisine. Après le bac, Vincent a de nouveau essayé de séduire Jeanne. Il est même allé jusqu’à lui demander sa main à la soirée de remise des diplômes… Mais la jeune fille lui a répondu sèchement : « Non ! ». Elle ne voulait même pas y penser. Après ses études, Jeanne a été embauchée comme comptable ; son patron était un brun séduisant de dix ans son aîné. Jeanne admirait ses compétences, son allure, son intelligence. Des sentiments naquirent entre eux. Jeanne n’était pas gênée que son prétendant soit marié et père d’un jeune garçon. Valéry Charbonnier lui promettait de divorcer, jurant n’aimer qu’elle. Les années passèrent et, peu à peu, Jeanne s’habitua à la solitude les week-ends et jours de fête. Elle attendait toujours que Valéry divorce et qu’ils vivent enfin ensemble. Un jour, Jeanne aperçut Valéry en compagnie de sa femme au supermarché : Elle était enceinte et son mari la tenait tendrement par la main, avant de prendre les sacs et de rejoindre leur voiture. Les larmes aux yeux, Jeanne observait cette idylle. Le lendemain, elle démissionna… Le Nouvel An approchait, mais la jeune femme n’avait pas le cœur à faire des courses, décorer la maison ni célébrer la fête. En rentrant un soir, elle découvrit qu’il faisait froid chez elle — la chaudière était hors service. Jeanne vivait dans une maison individuelle. Elle tenta d’appeler un chauffagiste, mais à quelques jours des fêtes, tout le monde réclamait des sommes folles, surtout en entendant qu’il fallait se déplacer en banlieue. Désespérée, Jeanne appela une amie dont le mari travaillait dans le secteur. Laurence promit de le joindre aussitôt. Deux heures plus tard, Jeanne entendit frapper à la porte. Un inconnu était là, mais en y regardant de plus près, elle reconnut… Vincent, son ancien camarade de classe. — Salut Jeanne, alors, c’est quoi le souci ? — Oh… Comment as-tu su ? — Mon boss m’a appelé pour que je vienne à cette adresse, il paraît que tu as froid. Tu as pensé à purger tes radiateurs ? — Non, je n’y connais rien. — Eh bien, tu aurais pu rester sans chauffage tout l’hiver ! Heureusement qu’il ne fait pas trop froid dehors. Vincent vida rapidement le circuit d’eau, bricolant la chaudière avant de repartir. Une heure plus tard, il revint avec les pièces nécessaires. La maison se réchauffa peu à peu. Vincent se lava les mains et demanda alors : — Jeanne, tu as un robinet qui fuit et une ampoule qui clignote… Ton mari ne peut pas réparer ça ? — Je n’ai pas de mari… — Ah bon ? Qu’est-ce que tu attends, tu cherches encore le prince charmant ? — Le prince charmant… Je ne cherche plus personne, avoua-t-elle soudain. — Alors pourquoi m’as-tu repoussé, la dernière fois ? — sourit Vincent. Elle resta sans voix… Après avoir réparé le robinet et changé l’ampoule, il rentra chez lui. Et Jeanne se remémora son enfance, son adolescence et ce garçon potelé amoureux d’elle. Vincent avait bien changé, il était devenu un bel homme élancé aux yeux noisette. Mais son sourire était toujours le même. Elle n’eut même pas le temps de lui demander s’il était marié. Le 31 décembre, quelqu’un frappa à sa porte. Jeanne ouvrit, surprise — elle n’attendait personne. Sur le seuil se tenait Vincent. Il portait un costume neuf et tenait un bouquet de fleurs. — Jeanne ! Je repose la question : voudras-tu m’épouser, ou bien continueras-tu d’attendre un prince jusqu’à la retraite ? La jeune femme se mit à pleurer… puis acquiesça, radieuse. À la deuxième tentative, la demande fut enfin acceptée…

Un inconnu se tenait sur le seuil.

Depuis le lycée, Benoît était follement épris dAdrienne. Il lui écrivait de petits mots, tentait dattirer son attention par tous les moyens possibles.

Mais Adrienne ne remarquait que Julien, un grand blond qui faisait du volley avec elle dans léquipe du lycée.

Le maladroit Benoît, en plus de ses notes médiocres, était invisible à ses yeux.

Peu après, Julien se mit en couple avec Chloé, une fille de la classe dà côté.

Après le bac, Benoît tenta une nouvelle fois de se rapprocher dAdrienne.

Il alla jusquà la demander en mariage le soir du bal de promotion

Mais la jeune fille refusa dun ton sec « Non ! » Elle ne voulait même pas penser à lui.

Après ses études, Adrienne trouva un poste de comptable à Lyon. Son chef, un séduisant brun de dix ans son aîné, sappelait François Lefèvre.

Adrienne admirait lassurance, lintelligence et la prestance de son patron.

Bientôt, des sentiments naquirent entre eux, et la jeune femme ne sembarrassa pas du fait que François était marié et père dun petit garçon.

François Lefèvre lui promettait de divorcer et jurait quil naimait quAdrienne.

Les années passèrent. Adrienne shabituait à passer les fêtes et les week-ends seule, nourrissant lespoir dun avenir avec lui.

Un jour, Adrienne aperçut François et sa femme dans une épicerie fine.

Sa compagne était enceinte, et il la tenait tendrement par la main. Il prit les sacs, et ils sen allèrent ensemble vers leur voiture.

Adrienne, les larmes aux yeux, assistait impuissante à cette scène parfaite.

Le lendemain, elle donna sa démission

Noël approchait, mais la jeune femme navait ni lenvie dacheter le repas, ni de décorer lappartement, ni même de célébrer la fête.

Un soir, en rentrant chez elle à la périphérie de Lyon, Adrienne constata que la maison était glaciale. La chaudière était tombée en panne.

Elle tenta de joindre un chauffagiste, mais à lapproche des fêtes, tout le monde exigeait une somme astronomique, surtout en sachant quil fallait se déplacer jusquen banlieue.

Perdue, elle appela son amie Laure, dont le mari travaillait dans le domaine et pourrait peut-être laider.

Laure promit den parler immédiatement à son époux.

Deux heures plus tard, on sonna à la porte.

Sur le pas de la porte, Adrienne découvrit un visage à la fois inconnu et familier Benoît, son ancien camarade de lycée.

Salut Adrienne, alors, quest-ce qui se passe ici ?

Euh comment as-tu su ?

Le patron ma envoyé, il a dit quil fallait réparer la chaudière ici sinon tu allais geler. Tu as pensé à purger leau pour que les radiateurs ne se bloquent pas ?

Non je ne sais pas faire

Ben dis donc, tu risques de finir sans chauffage si tu continues comme ça. Heureusement quil ne fait pas trop froid dehors.

Benoît vida leau du système, soccupa de la chaudière puis sen alla.

Une heure plus tard, il revint avec les pièces nécessaires.

Bientôt, la chaleur retrouva sa place dans la maison dAdrienne. Benoît se lava les mains puis demanda :

Adrienne, ton robinet fuit et lampoule clignote Ton mari ne peut pas bricoler ça ?

Je nai pas de mari répondit-elle en baissant les yeux.

Ah oui ? Tu cherches encore le prince charmant ?

Le prince charmant ça nexiste pas. Il ny a personne dans ma vie, avoua-t-elle brusquement.

Alors pourquoi tu mas refusé, autrefois ? lança Benoît en souriant.

Elle ne répondit pas

Après avoir réparé le robinet et changé lampoule, Benoît repartit.

Adrienne se replongea alors dans ses souvenirs : lenfance, ladolescence, ce garçon un peu rond, amoureux delle.

Benoît avait bien changé : devenu un homme grand et élancé aux yeux noisette. Mais son sourire navait pas changé.

Elle neut même pas le temps de lui demander sil était marié.

Le 31 décembre, quelquun sonna soudain à la porte.

Adrienne ouvrit, surprise elle nattendait personne.

Sur le seuil, Benoît apparaissait, vêtu dun costume neuf, un bouquet de fleurs à la main.

Adrienne ! Je repose la question. Tu veux mépouser ou tu préfères attendre le prince charmant jusquà la retraite ?

La jeune femme éclata en sanglots de bonheur et acquiesça vivement.

À la seconde demande, la proposition fut enfin acceptéeDans un rire cristallin, elle se jeta dans ses bras, submergée démotion. La chaleur retrouvée de la maison, les bras de Benoît autour delle, le parfum léger des fleurs tout semblait effacer dun coup ses années de solitude et de chagrin.

Tu sais, murmura-t-elle dans son cou, peut-être quon passe trop de temps à chercher ce quon imagine alors que le bonheur est juste là, à la porte.

Benoît la serra un peu plus fort. Tout dehors, les feux dartifice du Nouvel An commencèrent à éclater, colorant la nuit de promesses neuves.

Pour la première fois depuis longtemps, Adrienne sentit que lavenir pouvait sécrire autrement avec simplicité, douceur, et un sourire quelle avait failli oublier. Et, dans la lueur vacillante du salon, deux anciens invisibles, devenus lumineux lun pour lautre, accueillirent ensemble la nouvelle année, main dans la main.

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Devant la porte se tenait un inconnu. Depuis le lycée, Vincent était épris de Jeanne. Il lui écrivait des petits mots, cherchait à attirer son attention de mille façons. Mais Jeanne préférait Dimitri, grand blond et membre de son équipe de volley-ball. Au garçon maladroit qu’était Vincent et qui avait du mal à l’école, elle ne prêtait aucune attention. Peu après, Dimitri est sorti avec Hélène, une fille de la classe voisine. Après le bac, Vincent a de nouveau essayé de séduire Jeanne. Il est même allé jusqu’à lui demander sa main à la soirée de remise des diplômes… Mais la jeune fille lui a répondu sèchement : « Non ! ». Elle ne voulait même pas y penser. Après ses études, Jeanne a été embauchée comme comptable ; son patron était un brun séduisant de dix ans son aîné. Jeanne admirait ses compétences, son allure, son intelligence. Des sentiments naquirent entre eux. Jeanne n’était pas gênée que son prétendant soit marié et père d’un jeune garçon. Valéry Charbonnier lui promettait de divorcer, jurant n’aimer qu’elle. Les années passèrent et, peu à peu, Jeanne s’habitua à la solitude les week-ends et jours de fête. Elle attendait toujours que Valéry divorce et qu’ils vivent enfin ensemble. Un jour, Jeanne aperçut Valéry en compagnie de sa femme au supermarché : Elle était enceinte et son mari la tenait tendrement par la main, avant de prendre les sacs et de rejoindre leur voiture. Les larmes aux yeux, Jeanne observait cette idylle. Le lendemain, elle démissionna… Le Nouvel An approchait, mais la jeune femme n’avait pas le cœur à faire des courses, décorer la maison ni célébrer la fête. En rentrant un soir, elle découvrit qu’il faisait froid chez elle — la chaudière était hors service. Jeanne vivait dans une maison individuelle. Elle tenta d’appeler un chauffagiste, mais à quelques jours des fêtes, tout le monde réclamait des sommes folles, surtout en entendant qu’il fallait se déplacer en banlieue. Désespérée, Jeanne appela une amie dont le mari travaillait dans le secteur. Laurence promit de le joindre aussitôt. Deux heures plus tard, Jeanne entendit frapper à la porte. Un inconnu était là, mais en y regardant de plus près, elle reconnut… Vincent, son ancien camarade de classe. — Salut Jeanne, alors, c’est quoi le souci ? — Oh… Comment as-tu su ? — Mon boss m’a appelé pour que je vienne à cette adresse, il paraît que tu as froid. Tu as pensé à purger tes radiateurs ? — Non, je n’y connais rien. — Eh bien, tu aurais pu rester sans chauffage tout l’hiver ! Heureusement qu’il ne fait pas trop froid dehors. Vincent vida rapidement le circuit d’eau, bricolant la chaudière avant de repartir. Une heure plus tard, il revint avec les pièces nécessaires. La maison se réchauffa peu à peu. Vincent se lava les mains et demanda alors : — Jeanne, tu as un robinet qui fuit et une ampoule qui clignote… Ton mari ne peut pas réparer ça ? — Je n’ai pas de mari… — Ah bon ? Qu’est-ce que tu attends, tu cherches encore le prince charmant ? — Le prince charmant… Je ne cherche plus personne, avoua-t-elle soudain. — Alors pourquoi m’as-tu repoussé, la dernière fois ? — sourit Vincent. Elle resta sans voix… Après avoir réparé le robinet et changé l’ampoule, il rentra chez lui. Et Jeanne se remémora son enfance, son adolescence et ce garçon potelé amoureux d’elle. Vincent avait bien changé, il était devenu un bel homme élancé aux yeux noisette. Mais son sourire était toujours le même. Elle n’eut même pas le temps de lui demander s’il était marié. Le 31 décembre, quelqu’un frappa à sa porte. Jeanne ouvrit, surprise — elle n’attendait personne. Sur le seuil se tenait Vincent. Il portait un costume neuf et tenait un bouquet de fleurs. — Jeanne ! Je repose la question : voudras-tu m’épouser, ou bien continueras-tu d’attendre un prince jusqu’à la retraite ? La jeune femme se mit à pleurer… puis acquiesça, radieuse. À la deuxième tentative, la demande fut enfin acceptée…
J’ai enterré notre fille seule pendant que mon mari se prélassait avec sa maîtresse : il n’aurait jamais imaginé la vengeance qui l’attendait