Le kangourou qui a sauvé son maître : l’histoire incroyable de Miro et Jean sur une ferme isolée du sud de la France

LE WALLABY QUI SAUVA SON HUMAIN
Provence, 2020.
Dans une ferme isolée entre les cyprès et les collines dorées, vivait Jacques Moreau, un agriculteur retraité de 71 ans, qui trouvait plus de réconfort auprès des bêtes quauprès du tumulte des villes. Sa femme était partie il y a dix ans, et depuis, son univers sétait réduit à sa maison, son potager, et une femelle wallaby orpheline quil avait recueillie alors quelle ne dépassait guère la taille dune bouteille de vin.
Il lappela Manon.
Ce nest pas un animal de compagnie, répétait Jacques. Cest une compagne de vie.
Manon grandit vite. Elle bondissait librement autour du domaine, mais dormait presque toujours au pied de la terrasse de pierres. Quand Jacques écoutait France Inter, Manon sétendait à côté de lui. Sil remuait la terre ou réparait une barrière de châtaigner, lanimal le suivait, discret, presque invisible.
Un matin, alors quil bricolait dans la vieille remise, Jacques posa le pied sur une planche traîtresse. La chute fut rude. Un craquement dans le dos le cloua au sol. Le vieux portable un Nokia râpé était resté dans la cuisine, et personne nétait attendu avant au moins deux jours.
Manon murmura-t-il à travers ses dents serrées. Aide-moi, petite
La wallaby sapprocha, renifla sa joue. Jacques réussit à lui effleurer la patte et, dun geste faible, désigna la maison.
Va Va chercher quelquun Vas-y.
Tout cela navait aucun sens. Comment une wallaby pouvait-elle saisir ce quil espérait ?
Mais Manon partit. Elle bondit en direction de la bâtisse. Jacques pensa quelle sétait simplement enfuie.
Et puis, quinze minutes plus tard, un son brisa le silence du midi provençal.
Monsieur Moreau ! Vous allez bien ?
Cétait Élodie, la jeune vétérinaire, qui sarrêtait parfois voir les animaux sauvages recueillis par Jacques. Manon avait sauté jusquau chemin, là où le fourgon dÉlodie était garé, tapant le gravier de ses petites pattes, poussant des cris inédits, la fixant, sécartant puis revenant à la charge. Elle insista tant quÉlodie la suivit.
Je ne lavais jamais vue agir ainsi, racontera-t-elle plus tard. Cétait comme si elle me criait avec ses yeux.
Jacques fut conduit à lhôpital dArles. On lui trouva trois côtes cassées, une hanche endommagée. Sans Manon, il serait resté là, seul, sans eau, pendant plus dune journée.
Son histoire parut dans La Provence. « La wallaby héroïne », titrèrent-ils. Manon fit même lobjet dun reportage sur France 2, portant un foulard bleu autour du cou.
Jacques sen remit. Mais parfois son regard ségarait, changé à jamais.
Je croyais lavoir sauvée, confia-t-il une voix tremblante. Mais cest elle qui ma appris que lamour sincère ne se dit pas il bondit.
Aujourdhui, à lentrée de sa ferme, un panneau peint à la main annonce :
« Ici vit un homme Et la wallaby qui ne la pas laissé mourir seul. »
Et si, un soir de mistral, on passe sans bruit, on peut apercevoir Manon, allongée sous la gloire du crépuscule, à veiller sur le vieil homme qui lui offrit une seconde chance et à qui, sans le vouloir, elle la rendit.

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Le kangourou qui a sauvé son maître : l’histoire incroyable de Miro et Jean sur une ferme isolée du sud de la France
Ophélie, et ces quelques kilos en trop, ce n’est pas un problème peut-être ? – La mère de Damien n’en démordait pas. – De mon point de vue, je n’ai rien en trop, surtout que mon futur mari s’en accommode très bien. Il ne faut pas que toutes les femmes soient des brindilles ou des petits formats ! – répondit Ophélie, lançant un regard railleur à Hélène et à la mère de Damien, ce qui fit rougir Hélène d’indignation. – Maman ! Tu as acheté du thé amincissant ? Et des graines de chia ? Pourquoi as-tu mis autant de beurre dans mon porridge, tu veux que je prenne du poids ou quoi ? Damien, tu as encore acheté du pain brioché ? Ce n’est pas sain ! Il faut boire trois verres d’eau le matin, sinon on ne maigrit pas… Où est mon eau ? – Voilà le genre de remarques qu’entendait Damien depuis son enfance. Sa mère et sa sœur aînée étaient constamment préoccupées par leur ligne. Aujourd’hui, Hélène avait trente-huit ans, n’avait jamais été mariée et ressemblait à un cheval sec et voûté, avec un regard perpétuellement affamé. Sa mère, elle, évoquait une longue aiguille à tricoter toute droite. C’en était à un point que Damien était toujours attiré par des personnes joviales, à l’appétit franc. Il avait toujours rêvé d’une future épouse différente de sa mère et de sa sœur. Et il l’avait trouvée ! Elle s’appelait Ophélie. Ophélie… même son prénom sonnait doux, agréable, presque gourmand comme une pâtisserie parfumée. Non, Ophélie n’était pas grosse. Mais elle mesurait un mètre soixante-treize pour quatre-vingt-cinq kilos. Et tous ces kilos respiraient la santé et la bonne humeur. Une poitrine haute, une taille marquée, des formes féminines et de jolies fossettes sur des joues pleines qu’on avait envie de pincer. Tout cela provoqua chez Damien un enthousiasme indicible dès qu’il la vit. Un soir, il accompagna sa sœur à la banque. Elle prit son ticket et s’assit dans la salle d’attente tandis qu’il arpentait la pièce en attendant. Soudain, il entendit un rire argentin, vif comme une clochette. Il était discret mais si communicatif que Damien sourit malgré lui. Curieux de découvrir l’auteure du rire, il suivit le son. C’était une jeune femme au guichet, qui desservait un client âgé. Celui-ci avait dit quelque chose de drôle et la jeune femme était repartie d’un éclat de rire. Damien ne pouvait plus détacher son regard d’elle… Ses cheveux ondulaient joliment, sa bouche formait un joli nœud. De plus, elle n’était pas maigre, c’était évident… Il regagna sa voiture avec sa sœur, écoutant son monologue monotone, mais il n’était pas vraiment là, il était resté à la banque, perdu dans le souvenir de la jeune femme. – Damien, tu m’écoutes ? – s’irrita Hélène. – Bien sûr, Hélène, je t’écoute, répondit-il, tentant de se rappeler son propos. – Je lui disais que je ne mange pas de viande grillée, seulement du blanc de poulet bouilli, se plaignait-elle à propos d’un énième prétendant. Damien hocha la tête avec compassion, claquant la langue d’un air entendu… Le lendemain, en fin d’après-midi, il se rua à la banque. L’objet de ses rêves était bien là, il poussa un soupir de soulagement. À la fermeture, il prit un bouquet de roses dans sa voiture et aborda la jeune femme. – Mademoiselle, auriez-vous besoin d’un homme, ou d’un gendre pour votre mère ? hasarda-t-il, tendant les roses. Son visage devait être si drôle et désemparé qu’elle éclata de rire mais accepta les fleurs. – Mon Dieu… quelles magnifiques roses ! Comme elles sentent bon ! s’exclama-t-elle, enfouissant son visage dans le bouquet tandis qu’il la contemplait… Depuis ce jour, ils étaient inséparables. Il y a des moments dans la vie où l’on rencontre quelqu’un et on comprend tout de suite : c’est la personne qu’il nous faut et on ne souhaite plus rien d’autre. Ainsi fut-il pour Damien et Ophélie. Il lui demanda sa main après un mois, et elle accepta avec joie. Restait à rencontrer les parents respectifs. Les parents d’Ophélie les accueillirent autour d’une grande table, à coups de rires et de bonnes tartes. Sa mère, une grande et belle femme, l’embrassa sur les deux joues, ce qui le déstabilisa. Son père lui tapa l’épaule comme à un vieux copain et l’emmena à la cuisine. – Viens, mon garçon, éloignons-nous un moment des femmes, sinon elles vont nous assaillir ! Mais ne t’en fais pas, ma Natalie, la maman d’Ophélie, est d’un naturel paisible ! Voilà pourquoi je l’aime depuis trente ans. Et Ophélie, notre Ophélie, c’est un vrai diamant. Prends soin d’elle, mon petit, conseilla-t-il en le scrutant. Au dîner, tout le monde se régala et riait en évoquant des souvenirs marquants. Ensuite, Ivan, le père d’Ophélie, attrapa la guitare et mena la chanson. Damien se sentit accueilli comme dans une famille de toujours… Trois jours plus tard, ils allèrent chez les parents de Damien. Sur la route, Ophélie fit halte à la pâtisserie et acheta de superbes éclairs artisanaux pour les dames. À dix-sept heures, ils arrivèrent. Sa mère, Geneviève, ouvrit la porte. – Oh … Bonjour, mes chers, … – elle sembla surprise à la vue d’Ophélie, restant figée, bouche ouverte, main sur la poignée… – Maman, moi aussi je t’aime. On ne va pas rester sur le palier, non ? On entre ? – Damien se faufila et ils pénétrèrent enfin à l’intérieur. – Bien sûr, mon fils, bien sûr… Entrez… Vous, vous êtes donc la fameuse Ophélie, n’est-ce pas ? – Elle se ressaisit et détailla Ophélie de haut en bas sans se gêner. – Oui, je suis Ophélie ! Ravie de faire votre connaissance. – Ophélie lui tendit la main avec naturel et entra. La mère de Damien la suivit du regard, médusée. – Papa, Hélène, Maman, voici Ophélie, ma fiancée ! Nous avons déposé les bans et bientôt on se marie. Ophélie, voici ma famille : ma sœur Hélène, maman Geneviève et papa Michel. – présenta Damien. La nouvelle du mariage surprit visiblement la famille, qui resta bouche bée. Le silence s’installa, troublé seulement par les bruits de couverts. – Bien ! Ophélie ! Nous sommes heureux de t’accueillir dans la famille. Qu’as-tu apporté là ? Oh, parfait ! Et des petits gâteaux ! Pour vous, les filles, s’exclama Michel en détendant l’atmosphère. – Non, non, nous ne mangeons pas de pâtisseries, surtout pas le soir. Voyons, Ophélie… – Geneviève poussa la boîte de côté, presque avec mépris. – Vous non, mais nous, oui ! Passe-moi cette boîte, voyons voir… Je suis sûr qu’Ophélie n’a amené que du bon, c’est bien cela ? – lança joyeusement Michel. Enfin, tout le monde se calma un peu. La table garnie de chocolats, fruits et quelques bulles, on trinqua. Mais le silence revint vite. – Maman, j’ai rencontré les parents d’Ophélie, ils sont adorables. Tu les apprécieras ! – proposa Damien pour briser la glace. Pendant qu’Ophélie observait son verre et qu’Hélène ne quittait pas Ophélie des yeux, son père lança une blague, tout le monde rit et la tension se dissipa. – Ophélie, ne vous inquiétez pas, j’ai une excellente spécialiste à vous recommander. Elle saura vous aider avec votre problème, déclara soudain Geneviève. – Problème ? Je n’en ai aucun, répondit Ophélie, étonnée. – Comment ça ? Ophélie, et ces kilos en trop ? Ce n’est pas un problème ? – la mère de Damien insistait. – À mon sens, je n’ai rien en trop, surtout que mon futur mari s’y retrouve. Il ne faut pas que toutes les femmes soient des tailles 36 ou des piquets ! – Ophélie balaya d’un regard moqueur Hélène et Geneviève, faisant rougir Hélène. – Ophélie, il doit bien y avoir vingt kilos en trop ! Ce n’est pas bon pour la santé. Et quand vous aurez un enfant, qu’est-ce que ça donnera ? – Quand j’aurai un enfant, je serai encore plus radieuse, entourée de mon mari et de notre bébé. Mais dites-moi Hélène, vous qui êtes si fine, vous êtes forcément mariée à un bel homme, avec au moins deux enfants… – répliqua Ophélie, savourant un éclair. Hélène ravala sa salive, outrée, s’apprêtant à rétorquer, mais Michel coupa court en servant à boire et portant un toast. – À toutes les femmes de cette famille, si différentes, mais toutes aimées ! Deux heures plus tard, ils sortirent, échangèrent un regard complice et éclatèrent de rire. – Eh bien… Je ne m’attendais pas à ce genre de remarque de la part de ma future belle-mère ! – Ophélie, tu es magnifique et tu le sais ! Et ma mère et ma sœur… pardonne-les. On ne choisit pas sa famille. Le mariage eut lieu le 25 août. Famille et amis se pressèrent à la mairie, puis au restaurant. La mariée, resplendissante dans une robe mettant en valeur sa silhouette féminine, faisait briller les yeux de Damien. La mère de la mariée, tout aussi splendide que sa fille, attira elle aussi l’attention des hommes, contrastant avec sa future belle-sœur, toute fluette dans un tailleur austère. La sœur de Damien, Hélène, était le portrait jeune de sa mère. La musique retentit et les jeunes mariés ouvrirent le bal, tournoyant comme seuls au monde tandis que les invités les regardaient, émerveillés. – Quand même… La mariée devrait songer à perdre du poids. Elle est vraiment énorme, et cette robe n’arrange rien… – souffla Geneviève, la mère de Damien. Les mots, une fois prononcés, ne peuvent être rattrapés… Geneviève aurait sûrement voulu ravaler ses paroles, mais il était trop tard. – Vous savez, les hommes ne se précipitent pas tous sur des squelettes. Beaucoup préfèrent de vraies femmes, pleines de vie. Votre fils en fait partie, d’ailleurs. Et vous, chère belle-maman, attention à ce que vous dites : je suis douce, mais parfois nerveuse, surtout quand il s’agit de ma fille… – répliqua Natalie, la mère d’Ophélie, plantant ses mains sur ses hanches, et poussant Geneviève contre le mur avec son opulente poitrine. Les deux femmes se dévisagèrent, l’une inquiète, l’autre furieuse, jusqu’à ce qu’Ivan, le père d’Ophélie, s’interpose. – Oh ! Mesdames ! Je vois que vous avez sympathisé. Mais je dois vous voler ma femme, très chère Geneviève… Natalie, je t’emmène danser. Les jeunes ont eu leur moment, c’est à nous maintenant ! Il l’enlaça par la taille et ensemble ils entrèrent dans la valse. La musique battait son plein, des visages rayonnaient. Tout le mariage chantait et dansait, comme dans les chansons populaires françaises. Espérons que les jeunes mariés vivront longtemps heureux et prospères… N’est-ce pas là le plus important, après tout ?