Depuis environ un an, mon fils vivait avec Élise, mais nous navions jamais rencontré ses parents. Avouez que cest tout de même bizarre, non ? Cette histoire me trottait dans la tête, jai donc décidé déclaircir un peu tout ça, « à la française », avec un petit café à la main et beaucoup de curiosité pas très discrète.
J’ai toujours voulu élever mon fils dans le respect des femmes sa grand-mère, sa mère, son épouse, sa fille, tout le package ! À mes yeux, cest franchement la meilleure qualité quun homme puisse avoir : le respect envers les femmes. Avec mon mari, on a éduqué notre fils à la baguette (façon de parler), en lui offrant une très bonne éducation et toutes les clefs pour que la vie lui sourie. On voulait vraiment quil vole de ses propres ailes, mais on lui a quand même acheté un petit T2 du côté de Lyon soyons honnêtes, le prix de limmobilier ici, ce nest pas donné ! Il travaillait, bien sûr, et se débrouillait, mais cela restait compliqué de se payer un logement rien quà lui.
On ne lui a pas offert la clé de la ville tout de suite, dailleurs, on ne lui a même pas soufflé mot de cet achat, histoire de ne pas mettre la charrue avant les bœufs ! Pourquoi tant de mystères ? Eh bien, notre fils vivait en couple avec Élise, et ça, cétait bien toute la question du jour ! Nous, on navait jamais croisé ses beaux-parents, farouchement cachés dans un coin de la Bourgogne, et franchement, ça me paraissait louche.
Plus tard, coup de théâtre : japprends par mon amie, qui était voisine avec la famille dÉlise, que la maman dÉlise traîne un passé pas très reluisant. Elle ma raconté une de ces histoires Tenez-vous bien : la dame a viré son mari dès quil a perdu en salaire, et le plus drôle/cynique, cest quelle sest ensuite mise en couple avec un homme marié… mais fortuné ! « Classe à la française », me direz-vous. Pour couronner le tout, la grand-mère dÉlise, même scénario, tombait elle aussi dans les bras dun homme déjà pris. Le must ? Elles embarquaient Élise et sa mère dans la belle campagne bourguignonne le week-end pour donner un coup de main à lexploitation agricole de Monsieur sans même goûter du bon fromage.
Cest donc dans ce joyeux mélange de romance champêtre et dopportunisme assumé que mon fils a fricoté à plusieurs reprises avec sa future belle-mère. Inquiétant, non ? Mais ce qui minquiète le plus en vrai, cest cette dynamique familiale toxique où mère et grand-mère persuadent Élise que son père ne vaut pas la baguette sur la table.
La gamine, on voit bien quelle saccroche à son père, mais avec deux femmes pareilles dans loreille, leur relation pourrait bien finir comme une tarte Tatin : toute retournée ! Le pompon, cest quÉlise a décidé de larguer ses études à la Sorbonne pour la belle vie à la maison, convaincue que lhomme de la famille doit tout assumer largument classique, sauf quon nest plus en 1950. Ce qui me fait rire (jaune), cest que oui, j’ai effectivement élevé mon fils à être un vrai gentleman, mais qui va lépauler si, un jour, la baguette se casse ? Elle, sans assurance, sans diplôme, sans rien ? Bref, entre nous, jai remis le titre de propriété de lappartement à mon nom, car je connais mon loustic, pas vrai ? Et puis, soyons lucides : tout ce qui est acheté avant le mariage ne se partage pas en cas de divorce, certes, mais Élise est si futée quelle pourrait bien lui laisser, à la fin, rien dautre que ses chaussettes !







