Nous étions tombés amoureux lorsque nous étions encore étudiants à la Sorbonne. Nous navions pas un sou en poche, même pas de quoi acheter un vrai bouquet de mariée. Alors, mon fiancé, Pierre, ma cueilli quelques fleurs des prés au Jardin du Luxembourg. Elles étaient splendides dans leur simplicité. Je me suis mariée alors que jattendais déjà un enfant. Après la cérémonie, nous sommes allés vivre chez ma mère, à Montmartre. Pendant que je terminais mes études, maman nous épaulait comme elle savait si bien le faire.
Au début, la vie avec Pierre était douce et pleine de promesses. Nous sortions main dans la main sur les quais de la Seine, nous élevions notre fils ensemble. Pierre simpliquait beaucoup, se levant dès laube pour soccuper du petit. Il cherchait sans cesse de quoi améliorer notre situation.
Il a dabord travaillé comme manutentionnaire dans une entreprise du Marais pendant quatre ans. Puis il a eu lidée douvrir une épicerie, rue Mouffetard. Petit à petit, la boutique a prospéré. Nous avons pu construire une jolie maison à la campagne et acheter une Citroën. Nous ne nous refusions rien. Alors il ma proposé de laisser mon poste denseignante pour moccuper de notre foyer, et jai accepté.
Quand notre fils, Baptiste, a eu son diplôme déconomie à la Sorbonne, Pierre la engagé comme comptable dans lépicerie familiale.
Mais quelques semaines seulement après avoir commencé, Baptiste est venu me révéler une chose bouleversante : Pierre avait une maîtresse. Ce fut un choc terrible. Je me retrouvais face à un choix douloureux : demander le divorce ou faire semblant de ne rien savoir. Jai choisi le silence, espérant quil finirait par se lasser. Cependant, deux mois plus tard, cest Pierre lui-même qui ma avoué la vérité. Pire encore, la femme en question portait son enfant. Il insista pourtant sur le fait quil ne voulait pas divorcer, arguant que notre vie était confortable ainsi. Il souhaitait vivre avec elle tout en continuant à maider financièrement et en promettant de soutenir Baptiste.
Jéprouve aujourdhui un sentiment dabandon et derrance. Je me revois encore lors de notre première rencontre, ce bouquet de fleurs sauvages offert par Pierre. Tant dannées ont passé, et pourtant, le parfum de ces fleurs hante encore ma mémoire.







