Ma grossesse se passait à merveille, mais lorsque j’ai entendu les mots du médecin lors de la dernière échographie, j’ai été bouleversée en un instant : je me suis retrouvée face au choix le plus difficile de toute ma vie.

En ce moment, jai déjà deux fils. Ils débordent dénergie, renversent tout sur leur passage, mais ils sont vraiment adorables. Ils peuvent se cogner, pleurer, puis se retrouver dans les bras lun de lautre comme si de rien nétait. Les gens qui observent le comportement de mes garçons ne voient que le négatif et ne manquent pas de masséner leurs conseils sur la meilleure façon de les élever. Pour ma part, je suis persuadé que des garçons de cet âge-là ont surtout besoin de liberté pour bien sépanouir plus tard. Beaucoup de personnes me disent aussi que mon aîné, Baptiste, est bien élevé et posé, tandis quAlexis est plutôt maladroit et beaucoup trop turbulent, et quil risque de gâcher la vie de son frère quand ils seront adultes.

Je hausse simplement les épaules à ce genre de remarques. Il y a peut-être du vrai, mais je sais quils saiment dun amour inconditionnel et qu’ils se complètent à merveille ; ils sont tout simplement inséparables. Ils mont demandé dadopter un chien, mais jai toujours eu peur des chiens. Sil fallait vraiment leur offrir un animal, ce serait une tortue elles sont paisibles, lentes et savent se défendre si besoin ! Avant, ma femme et moi étions loin dimaginer à quel point notre vie allait être bouleversée avec la naissance de notre second fils, Alexis. Quand nous avons appris quil était malade dès la naissance, le monde mest tombé sur la tête un court instant. Pourtant, rien ne le laissait présager. La grossesse se déroulait parfaitement, tout était normal.

Après léchographie décisive, jai même songé un instant à linterruption de grossesse. Mais ce na duré quun souffle ; je me suis vite ressaisi et ai décidé daccueillir notre enfant. Personne, à part ma femme, na soutenu mon choix, pas même mes propres parents. Ma femme elle-même ne savait plus quelle était la bonne décision à prendre. Jai encaissé quon me traite dinsensé, jai ravisé mes larmes et jai affirmé haut et fort que les enfants sont la véritable joie de la vie. Grâce au ciel, ma femme a trouvé le courage de dire : « Nous irons jusquau bout, un point cest tout ! » Et peu à peu, ma famille a commencé à accepter notre décision. Enfin, quand lenfant est né, tout le monde a été étonné par la rapidité avec laquelle il apprenait. Son grand frère, Baptiste, lui tendait des objets, quil sempressait de baptiser. Cest à ce moment-là que jai commencé à croire que tout finirait bien, et en effet, tout sest arrangé.

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Ma grossesse se passait à merveille, mais lorsque j’ai entendu les mots du médecin lors de la dernière échographie, j’ai été bouleversée en un instant : je me suis retrouvée face au choix le plus difficile de toute ma vie.
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