Une étudiante monte par erreur dans la voiture d’un inconnu, sans se douter qu’il s’agit du véhicule d’un milliardaire.

Écoute, il faut absolument que je te raconte ce qui est arrivé à Camille, tu vas halluciner.

Ce soir-là, Camille était au bout du rouleau. Elle venait denchaîner deux services à la cafétéria de la fac, elle révisait comme une folle pour trois partiels de gestion, et elle avait dormi à peine quelques heures en deux jours.

Alors quand elle a vu une berline noire garée devant la bibliothèque vers onze heures du soir, pour elle, cétait clair : son VTC lattendait. Elle na même pas pensé à vérifier la plaque, tu me connais… Elle a ouvert la portière arrière, sest engouffrée sur la banquette ultra moelleuse, et là… franchement, le confort, ce cuir tout doux, ce silence de ouf, une odeur délicate de parfum super chic mais Camille, morte de fatigue, na rien capté. Elle a fermé les yeux juste une seconde et boom, gros dodo.

Cest la voix dun mec, calme avec ce petit ton ironique, tu sais, qui la réveillée :

Cest votre habitude de squatter les voitures des inconnus pour dormir, ou cest mon jour de chance ?

Elle sest redressée dun coup. Juste à côté delle, il y avait un homme en costume impeccable. Des yeux sombres très perçants, et un sourire léger aux coins des lèvres.

Au fait, vous avez dormi une bonne vingtaine de minutes, il ajoute. Et, hum, vous ronflez un peu.

Elle sest sentie rougir direct. Elle a balayé lhabitacle écran tactile, boiseries élégantes, mini-bar intégré. Rien à voir avec le VTC de base.

Mais vous nêtes pas le chauffeur ?

Non, je suis le propriétaire. Je mappelle Laurent Morel.

Le nom ne lui disait rien, mais il dégageait ce truc des gens sûrs deux, leaders naturels. Camille a balbutié des excuses et attrapé la poignée pour partir.

Il se fait tard, il a poursuivi, tranquille. Je peux au moins vous raccompagner jusquà chez vous.

Franchement, elle aurait aimé décliner, mais Paris la nuit, cest pas rassurant. Donc elle accepte. Sur le chemin, ils papotent. Elle raconte sa vie, les cours, les petits boulots, la fatigue accumulée.

On ne peut pas tenir ce rythme-là, il dit, posé. Vous allez vous user.

Devant son immeuble à Belleville, il se tourne vers elle et propose un truc inattendu :

Jai besoin dune assistante personnelle, quelquun pour mettre de lordre dans mes plannings, gérer mes déplacements. Horaires flexibles, salaire plus que correct. Je pense que ça vous irait mieux que des shifts à la chaîne.

Je ne veux pas de la charité, répond-elle, un peu vexée.

Ce nest pas de la charité. Cest une offre.

Il lui tend sa carte. Une fois rentrée, sa coloc, Justine, manque de sétrangler en lisant le nom : Laurent Morel cest lun des plus gros entrepreneurs français.

Trois jours, Camille a hésité. Mais entre le loyer pas payé et le frigo vide, elle a fini par lappeler.

Quand pouvez-vous commencer ? il demande sans chichis.

Demain.

Sa maison à Neuilly, cétait comme dans un film : spacieux, lumineux, jardin entretenu. Son salaire ? Trois fois ce quelle touchait avant. Pourtant, Laurent a vite mis les choses au clair : elle nétait pas là grâce à une coïncidence.

Si je vous garde, cest parce que vous êtes brillante et ultra organisée, il lui glisse un jour. Jai besoin de ce genre de personnes autour de moi.

À partir de là, tout a changé.

Camille sest prise au jeu : elle rationalise tout, optimise les agendas, gère les emails, devient indispensable. Laurent lui confie de plus en plus de responsabilités. Entre eux, cest un respect mutuel qui sinstalle, aucune extravagance, mais une vraie connexion.

Un soir, à une réception dentreprise, sous le feu des regards, il pose sa main dans le dos de Camille rien déquivoque, un simple geste de soutien, mais elle a compris : ce quelle ressent dépassait la pro.

Deux mois plus tard, elle reçoit un mail : admission à un programme déchange avec une bourse partielle pour un an à Montréal.

Tu pars quand ? il demande.

Dans trois mois.

Il prend le temps, puis :

Je pourrais te demander de rester. Mais je tadmirerais moins si tu renonçais à tes ambitions pour moi.

Ce soir-là, en raccompagnant Camille, il murmure pour la première fois :

Je taime.

Moi aussi, souffle-t-elle.

Alors, pars. Réalise-toi. Je veux te voir forte, pas dépendante de moi.

Cette année à lautre bout du monde file à toute allure. Quand elle rentre à Roissy, il est là, tout simple, pas de chauffeur ni de paparazzi.

Tu nas pas confondu de voiture, jespère ? il taquine.

Cette fois, jai bien vérifié.

Il récupère sa valise.

Jai pris un appart à Rome.

Elle sarrête, surprise.

Pour nous deux.

Et là, il se met à genoux, discret, personne autour.

Camille Lefèvre, tu veux construire notre avenir à mes côtés ?

Oui, bien sûr.

Aujourdhui, elle a décroché son diplôme et monté sa boîte de conseil. Laurent, fidèle à ses affaires, mais maintenant, ils sont partenaires dans le boulot et dans la vie.

Parfois, le soir, quand elle monte dans sa voiture après une journée dingue, il sourit :

Tu vérifies la plaque ?

Tant que tes à côté, je pourrais encore mendormir, répond-elle en rigolant.

Ce nest plus une erreur. Cest un choix.

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