“Après cinquante ans, j’avais cessé de croire en quoi que ce soit de romantique” : Jusqu’au jour où j’ai participé à un voyage pour célibataires de 50+ et où j’ai rencontré Marc

« Après mes cinquante ans, javais cessé de croire à quoi que ce soit de romantique » : Jusquà ce que je parte en voyage pour célibataires de 50+ et que je rencontre Étienne

Je ne croyais plus aux grandes histoires damour. Après le divorce, il y eut bien quelques tentatives, des rendez-vous maladroits, des flirts sans lendemain rien qui ait véritablement touché mon cœur. Puis, jai arrêté dessayer. Pourquoi faire ? Mes enfants étaient devenus adultes, des petits-enfants approchaient. Mon travail suivait son cours. Le soir, je me perdais dans des séries télévisées ou un livre, parfois. La vie sétait aplatie, polie, prévisible. Rassurante.

Puis un jour, une brochure sest glissée entre mes mains à lagence de voyages : « Séjour pour célibataires de plus de 50 ans. Provence. Balades dans les vignes, dîners aux chandelles, petits groupes, sans pression. » Jai éclaté de rire. Un dîner aux chandelles ? À notre âge ? Mais quelque chose ma interpellée. Justement, peut-être que ce ton naïf avait le charme des romans auxquels je ne croyais plus. Ou alors, jétais simplement lasse de cette vie « bien rangée ».

Jai réservé ma place.

Le premier jour, jai failli croire que javais commis une erreur. Dans le car, nous étions quinze. Trois divorcés, plusieurs veuves, quelques célibataires « volontaires ». Tout le monde était gentil, souriant, mais dans lair flottait une certaine prudence. Personne ne voulait passer pour un(e) désespéré(e).

Étienne sest installé à côté de moi lors du dîner du deuxième soir. Il avait des cheveux poivre et sel, une voix légèrement rauque et ce regard attentif, comme sil écoutait vraiment. Pas de grandes phrases, ni de compliments, ni de manœuvres de séduction. Il était simplement… là. Chaleureux, posé, présent.

Tu ne fais pas partie de ceux qui partent en vacances pour tomber amoureux, lança-t-il en plaisantant.

Non. Plutôt de celles qui voyagent pour se rappeler quelles sont encore vivantes.

Il sourit. Et soudainement, quelque chose en moi sest fissuré. Pas un éclat de rire ni une émotion forte juste un soulagement. Quenfin, quelquun comprenne.

Les jours suivants, nos conversations devinrent de plus en plus fréquentes. Sur la terrasse dominant les rangs de vignes, dans le car, au fil des visites. Nous avons parlé de tout : des livres, de nos agacements, des enfants qui habitent loin même sils appellent chaque semaine. De la solitude, de la difficulté de recommencer après cinquante ans. Et puis, que parfois il ne fallait pas « recommencer », mais simplement soffrir un peu despace. De présence.

La veille du dernier jour, nous nous sommes retrouvés sur un banc près de la piscine. Tout était calme et sombre, hormis le chant des grillons et le clapotis de leau. Et là, Étienne a dit :

Tu sais, jamais je naurais imaginé me sentir aussi bien avec quelquun, à ce stade. Mais là, jai peur de rentrer. De gâcher cette magie, sitôt montés dans lavion.

Je fixais la nuit. Mon cœur battait comme à vingt ans. Je voulais répondre quelque chose de sensé, de raisonnable mais jai simplement murmuré :

Moi aussi, jai peur.

Nous navions rien prémédité. Rentrés chez nous, aucune grande promesse. On sécrivait. Puis est venu le temps des promenades, des rendez-vous autour dun café. Parfois le silence mais ce silence paisible, sans attente. Puis… le baiser. Mal assuré, un peu maladroit. Mais sincère.

Je ne sais pas ce que cela deviendra. Je nai pas envie de tout planifier à nouveau. Mais je sais que jai retrouvé le rire. Que jai de nouveau envie de sortir de chez moi. Que quelquun me demande comment sest passée ma journée, et quil écoute vraiment.

Et maintenant, je crois que cela, cest peut-être lamour. Pas celle des papillons dans le ventre, pas des drames de cinéma. Un amour tranquille, mature, sans pression. Une chaleur, sans brûlure. Et il nest jamais trop tard pour ça.

Parfois, je métonne à sourire sans raison. À partir plus tôt pour ne pas manquer notre promenade dans le parc. À aimer mon reflet, parce que je vois une femme qui na pas renoncé.

Je nattendais plus rien de la vie. Je voulais seulement la paix. Mais le destin ma offert davantage une personne qui ne juge pas, qui ne veut pas me réparer, ni me changer. Simplement là. Présente. Avec cette attention dont jignorais encore le manque.

Si aujourdhui on me demande sil vaut encore la peine de croire à lamour passé la cinquantaine, je dirais : pas seulement, il faut. Car cest parfois alors que lon aime le mieux lucidement, intensément, sans illusion mais avec espoir.

Lamour na pas dâge. Et la vie sait surprendre, juste au moment où on sy attend le moins.

Rate article
Add a comment

;-) :| :x :twisted: :smile: :shock: :sad: :roll: :razz: :oops: :o :mrgreen: :lol: :idea: :grin: :evil: :cry: :cool: :arrow: :???: :?: :!:

1 × one =

“Après cinquante ans, j’avais cessé de croire en quoi que ce soit de romantique” : Jusqu’au jour où j’ai participé à un voyage pour célibataires de 50+ et où j’ai rencontré Marc
Un ami à moi, âgé de 42 ans, a trouvé une épouse : il affirme qu’elle est une femme de ménage remarquable et une cuisinière hors pair, et que le reste lui importe peu.